Auteur : Pierre-Damien Houville

Littérature & Beaux-arts, Regards

Vaudeville sanglant (Philippe Beaussant, Stradella)

La vie de Stradella étant digne d’un livret d’opéra, il était normal que Philippe Beaussant s’en fasse le metteur en scène, au risque d’en édulcorer, par trop de synthèse, les aspects les plus académiques mais pas les moins révélateurs de son parcours. Nous retrouvons donc Stradella à la fin de sa vie, au moment où il est obligé de fuir Rome afin de poursuivre sa création et ses amours à Venise. Où l’on verra notre musicien composer, séduire, tomber amoureux, louvoyer entre les impossibles, et finalement fuir à nouveau avant de tragiquement terminer, après quelques rebondissements que la bienséance nous oblige à le pas déflorer.

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CDs & DVDs, Critiques

Telemann formidable !

Ce n’est pas le moindre des mérites de Hugo Reyne et de la Simphonie du Marais que d’avoir su composer un programme élégant, avant tout plaisant, tout en invitant le mélomane curieux à (re)découvrir que Telemann puise aux racines de la musique traditionnelle, au folklore régional entendu dans toute la noblesse du terme, pour en magnifier les accents et les rythmes et les insuffler dans compositions pleines de rythme, d’allant et de fraîcheur.

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Littérature & Beaux-arts, Regards

L’éruption littéraire de la Naples Baroque (Dominique Fernandez, Porporino)

La publication en janvier dernier de L’Italie Buissonnière (Grasset) de Dominique Fernandez, suite de très érudites pastilles sur des joyaux souvent méconnus de l’immense patrimoine artistique de la péninsule, nous a donné envie de replonger dans l’une des œuvres phares de son auteur, Porporino, ou les Mystères de Naples (Grasset). Publié en 1974 et auréolé du prix Médicis la même année, l’ouvrage devait valoir à son auteur un début fort mérité de reconnaissance critique qui se confirmera quelques années plus tard par son Goncourt.

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Vagabondages, Voyages

Un voile révélateur (Cappella Sansevero, Naples)

Le Cristo Velato, comme la plupart des œuvres qui composent le foisonnant décor de la chapelle San Severo, auquel nous devons compter outre La Pudeur de Corradini, la fresque de la voûte La Gloire du Paradis de Francesco Maria Russo (1749) ou encore une belle Piéta anonyme, est une commande de Raimondo di Sangro, VIIème prince de San Severo et évergète propriétaire des lieux en ce milieu du XVIIIème siècle.

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CDs & DVDs, Critiques

Une victoire oubliée (Henri Madin, Te Deum, Stradivaria , Cuiller – Alpha)

Voici une œuvre à succès, qui apparaît comme la plus longue composition de ce style sous l’Ancien-Régime et dont le brio correspond parfaitement aux goûts du temps. L’ouverture, toute en pompe et en majesté, en sons de cuivres rutilants rehaussés de hautbois pourra sembler d’une grandiloquence un peu désuète et manquant de relief, aspérités que nous retrouvons dans les deux chants finaux (In te domine, speravi et Domine, salvum fac regem).

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CDs & DVDs, Critiques

Déferlement pyrothnique (Fagioli, Arias for Caffarelli, Il Pomo d’Oro – Naïve)

Les onze Arias ici présentés recouvrent des œuvres créées entre 1726 et 1751 sur les principales scènes de la péninsule italienne, dont bien entendu les prestigieux San Bartolomeo et San Carlo de Naples, épicentre de la musique italienne de cette époque. Franco Fagioli a ainsi avec à propos convoqué des compositeurs de premier plan (Porpora, Pergolesi, Léo, Hasse…) et leurs confrères moins connus (Genaro Manna, Pasquale Cafaro…)…

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CDs & DVDs, Critiques

Pur et profond (Bach & Entourage, Pramsohler, Grisvard – Audax)

Bach et Entourage : un disque que nous recommandons chaudement, qui saura ravir les oreilles avides des sonorités du violon baroque et dont nous prendrons un réel plaisir à suivre la carrière, encore jeune, mais prometteuse, des deux interprètes.

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CDs & DVDs, Critiques

L’Or de Naples (Max-Emmanuel Cencic, Arie Napoletane – Decca)

L’Or de Naples ! Le titre du film de De Sica aurait si bien convenu à ce récital de Max Emanuel Cencic, tellement le programme proposé est habile à nous émerveiller d’airs souvent enregistrés pour la première fois, pour neuf des onze de ce disque. Après la fougue du Quel vasto, quel fiero, tiré du Polifemo (1735) de Porpora qui ouvre en majesté ce programme et permet de souligner d’emblée la qualité de l’orchestre Il pomo d’oro et la maîtrise habile de la direction de Maxim Emelyanychev, prompte à rendre cuivres et violons aussi aériens que légers à l’unisson, tout en respectant un relief avec la voix qui ne sera jamais pris en défaut, Max Emanuel Cencic déroule un programme aussi séduisant qu’intimiste.

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Critiques, Expositions & Sorties

Hubert Robert, un peintre visionnaire (Louvre, mars-mai 2016)

C’est l’histoire d’une société qui se regarde et qui doute ! Tel est en effet le trait d’union qui lie entre elles la quasi totalité des cent quarante œuvres de Hubert Robert (1733-1808) qui composèrent cette exposition, la première consacrée au peintre par le Louvre depuis 1933, année du bicentenaire de sa naissance et, mais pouvait on le savoir, celle du début d’un engrenage qui verra vaciller l’Europe. Il n’est sans doute pas non plus un hasard que ce regain d’intérêt pour l’un des peintres majeurs de la seconde moitié du XVIIIème siècle arrive alors que la civilisation occidentale est contestée, violemment remise en cause dans ses fondements idéologiques et son socle de valeurs.

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