Un voile révélateur (Cappella Sansevero, Naples)
Le Cristo Velato, comme la plupart des œuvres qui composent le foisonnant décor de la chapelle San Severo, auquel nous devons compter outre La Pudeur de Corradini, la fresque de la voûte La Gloire du Paradis de Francesco Maria Russo (1749) ou encore une belle Piéta anonyme, est une commande de Raimondo di Sangro, VIIème prince de San Severo et évergète propriétaire des lieux en ce milieu du XVIIIème siècle.
Une victoire oubliée (Henri Madin, Te Deum, Stradivaria , Cuiller – Alpha)
Voici une œuvre à succès, qui apparaît comme la plus longue composition de ce style sous l’Ancien-Régime et dont le brio correspond parfaitement aux goûts du temps. L’ouverture, toute en pompe et en majesté, en sons de cuivres rutilants rehaussés de hautbois pourra sembler d’une grandiloquence un peu désuète et manquant de relief, aspérités que nous retrouvons dans les deux chants finaux (In te domine, speravi et Domine, salvum fac regem).
Déferlement pyrothnique (Fagioli, Arias for Caffarelli, Il Pomo d’Oro – Naïve)
Les onze Arias ici présentés recouvrent des œuvres créées entre 1726 et 1751 sur les principales scènes de la péninsule italienne, dont bien entendu les prestigieux San Bartolomeo et San Carlo de Naples, épicentre de la musique italienne de cette époque. Franco Fagioli a ainsi avec à propos convoqué des compositeurs de premier plan (Porpora, Pergolesi, Léo, Hasse…) et leurs confrères moins connus (Genaro Manna, Pasquale Cafaro…)…
Voir Naples et mourir (Festival Marais Baroque, La Simphonie du Marais – 30 août 2020)
Les jardins à la française du superbe Hôtel de Sully servaient en ce dernier week-end du mois d’août de cadre intimiste à la troisième édition du festival du Marais Baroque, occasion d’assister aux derniers concerts parisiens de la Simphonie du Marais, la formation devant donner son ultime concert au logis de la Chabotterie (Montréverd, Vendée) le 19 septembre prochain
Pur et profond (Bach & Entourage, Pramsohler, Grisvard – Audax)
Bach et Entourage : un disque que nous recommandons chaudement, qui saura ravir les oreilles avides des sonorités du violon baroque et dont nous prendrons un réel plaisir à suivre la carrière, encore jeune, mais prometteuse, des deux interprètes.
L’Or de Naples (Max-Emmanuel Cencic, Arie Napoletane – Decca)
L’Or de Naples ! Le titre du film de De Sica aurait si bien convenu à ce récital de Max Emanuel Cencic, tellement le programme proposé est habile à nous émerveiller d’airs souvent enregistrés pour la première fois, pour neuf des onze de ce disque. Après la fougue du Quel vasto, quel fiero, tiré du Polifemo (1735) de Porpora qui ouvre en majesté ce programme et permet de souligner d’emblée la qualité de l’orchestre Il pomo d’oro et la maîtrise habile de la direction de Maxim Emelyanychev, prompte à rendre cuivres et violons aussi aériens que légers à l’unisson, tout en respectant un relief avec la voix qui ne sera jamais pris en défaut, Max Emanuel Cencic déroule un programme aussi séduisant qu’intimiste.
Le bois soleil (Vinsobres, Drôme provençale)
Il existe dans la Drôme un petit village célèbre pour ses croquets (des biscuits durs) et pour sa vigne. Après la révocation de l’Edit de Nantes, la petite église dite d’en haut devient trop petite face à l’afflux de réformés convertis. On n’en construit donc une nouvelle dès 1685 au centre du village, aux frais des nouveaux convertis… Mais entrons dans cet édifice simple et vaste. Dès le portail franchi, on se trouve face a un remarquable lustre de bois de tilleul doré XVIIème siècle.
Le baroque à la poubelle
Avant que nos lecteurs ne se demandent ce qui justifie tant de haine, voici l’objet du délit : aux abords de l’Opéra Comique de Paris, une noble initiative, pleine d’humour, vise à promouvoir de manière ludique l’usage des poubelles.
La Rêveuse (sans Marin Marais, ni Françoise Bolton)
“Tous les matins du monde sont sans retour. Les années étaient passées, Monsieur de Sainte Colombe, à son lever, caressait de la main la toile de Monsieur Baugin et passait sa chemise. Il allait épousseter sa cabane. C’était un vieil homme. Il entretenait aussi des fleurs et des arbustes qu’avait plantés sa fille aînée, avant qu’elle se pendit.”
Le grand orgue de la Cathédrale de Nantes est parti en fumée
Nouvelle terrible, le grand orgue de la Cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul de Nantes a été ravagé par les flammes
On élèvera donc un bref cri de désespoir à l’idée que ce magnifique buffet des XVIIème et XVIIIème siècle, rescapé des méfaits révolutionnaires et des bombardements de 1943 et 44 ait finalement été anéanti en période “calme” et déconfinée… La question des efforts et du budget alloué à la restauration, l’entretien et la surveillance de nos cathédrales se pose avec une acuité sans pareille.
Le latin : à la jésuite ou à la française ?
Dans le cadre de notre débat sur la prononciation dite restituée, abordons, après le cas du français et de l’anglais la noble langue des Romains et de l’Eglise…
Nous avons là affaire à un autre problème puisque le latin est une langue morte (sauf au Vatican, et encore). Diverses prononciations s’affrontent telles latin à la française, latin jésuite, latin classique. L’habitude est de prononcer le latin à la jésuite (latin d’Eglise) dans les enregistrements d’œuvres religieuses et sacrées.
“Un grand clavessin” (inventaire après décès de Couperin)
Quatre jours après la mort de François Couperin, un inventaire après décès fut dressé le 16 septembre 1733, comme il était d’usage. Il s’agit souvent d’une source d’information de premier ordre, qui permet de pénétrer l’intimité d’un compositeur au sujet duquel subsiste encore de nombreux mystères. On trouvera ainsi les instruments que Couperin possédait chez lui tels un beau clavecin de Blanchet, des épinettes, violes et violons.
La cuisine de Louis : recette de la Tourte à la pistache (1651)
François Pierre La Varenne fut le cuisinier du marquis d’Uxelles et publié ce monument gastronomique qu’est le Cuisinier françois de 1651, caverne des recettes du temps.
La cuisine de Louis : recette du chocolat chaud à Versailles
Le chocolat était certes connu en Espagne depuis les conquistadores, mais il faut attendre 1615 et les noces de Louis XIII et d’Anne d’Autriche à Bayonne pour qu’il ne soit introduit en France. Louis XV en fut grand amateur…
Sublimement daté (Monteverdi, Selva Morale & Spirituale – Corboz, Erato)
Parfois, en faisant son ménage de printemps, l’on tombe sur de vieilles galettes, de grosses galettes, des LP édités entre 1967 et 1969 chez Erato, énormes coffrets reprenant la quasi intégrale – sans les messes – du recueil de la Selva Morale et Spirituale de Monteverdi (imposant recueil de 40 œuvres édité par Monteverdi en 1641). Y sont aussi adjoints des œuvres du recueil ultérieur de 1650.
Qui aime bien châtie bien
Qui croirait que ce châtiment d’enfant, reçu à huit ans par la main d’une fille de trente, a décidé de mes goûts, de mes désirs, de mes passions, de moi pour le reste de ma vie, et cela précisément dans le sens contraire à ce qui devait s’ensuivre naturellement ?
Une larme de Cognacq ?
Le Cognacq-Jay, petit bijou XVIIIème rouvre ses portes en juillet !
Palatine & latrine : “Vous êtes bien heureuse d’aller chier quand vous voulez”
Vous êtes bien heureuse d’aller chier quand vous voulez ; chiez donc tout votre chien de soûl. Nous n’en sommes pas de même ici, ou je suis obligée de garder mon étron pour le soir…
Aménagement d’une chapelle royale au Louvre (1606)
De l’aménagement d’une chapelle pour la Reine dans la vieille tour d’angle au sud-est du Louvre 13 Juin 1606 Les...
Percé jusques au fond du cœur (Armide, Francoeur/Lully, TCE, 01/04/2019)
Il arrive parfois que l’importance musicologique de certaines résurrections dépasse l’intérêt musical, et il faut bien avouer qu’en dépit du talent d’Hervé Niquet et de Véronique Gens qui s’évertuent à défendre cette partition, l’expérience demeure très mitigée, en raison du matériau de base. Quel est-il ?Hervé Niquet a souhaité non pas s’aventurer sur les magnifiques rivages de l’Armide de 1683, mais sur ceux, inconnus et plus tardifs, de 1778. D’autant plus inconnus que… cette version ne fut pas même représentée à l’époque sur la scène de l’Académie Royale de Musique.
