« Mon âme entend et voit comme tout jubile et rit pour magnifier le Créateur » HWV 207
L’on connaît Haendel pour ses oratorios (Le Messie), comme grand dramaturge des harmonies, déployant dans ses opéras de luxuriantes couleurs d’affects et de sentiments. Haendel dépeint par sa musique les fastes de la cour, la grandiloquence italienne comme la rosée fraîchement éclose, et magnifie la tragédie…
Haendel – Poro – Europa Galante, Biondi – Opus 111
Georg-Frederic HAENDEL (1685-1759) Poro, Rè dell’Indie Dramma per musica HWV 28, en trois actes, livret adapté par Antonio Salvi de...
Une nation de musiciens (Cabezon, Doulce Mémoire – Ricercar)
On oublie trop souvent que l’Espagne est une nation de musiciens au même titre que l’Italie, la France ou l’Allemagne. De nombreux compositeurs essentiels se sont succédés et ont contribué aux grandes mutations de la musique européenne : Diego Ortiz, Tomas Luis de Victoria, Juan Bautista Cabanilles, Antonio Soler, Isaac Albeniz, Manuel de Falla…
L’Everest du violoniste
Les sonates du Rosaire de Biber sont au violoniste ce qu’est l’Everest à l’alpiniste. Florence Malgoire relève le défi en s’attaquant à un véritable monument de la musique pour violon, une œuvre hors-norme et sans commune mesure. Avec ses quinze sonates, Biber innove et fait faire un grand pas à la littérature pour violon de son époque, personne avant lui n’étant allé aussi loin dans l’exploration de l’instrument.
Entre tradition et renouveau (Gossec, Thésée, Les Agrémens, Guy van Waas – Ricercar)
En cette seconde moitié du XVIIIème siècle, l’usage se développa à Paris de procéder à de nouvelles orchestrations d’ouvrages anciens, et de confronter lors des représentations le répertoire traditionnel aux œuvres nouvelles issues du même livret, toutefois généralement remanié.
Animal savant (Bach, Corette, Geminiani, Transfigurations, Les esprits animaux – Ambronay)
Il y avait eu un Telemann de bon aloi (Ambronay éditions). Convaincant mais un peu sec. Et voici les Esprits Animaux qui nous reviennent pour des transfigurations. Pour commencer, il faut bien avouer que le titre de ce programme qui ouvre la voie à un pot pourri allant « de la passacaille à la fugue, de la sonate aux chansons à boire, de la partition à l’improvisation » semble un prétexte à une plongée personnelle dans l’univers baroque…
Jubilate (Julia Lezhneva, Il Giardino Armonico – Decca)
Mea culpa Julia. Nous avons laissé de côté cette parution, sur un coin d’étagère, après une première écoute très partielle qui ne nous avait pas convaincus, en particulier l’ouverture du disque, avec les rodomontades nerveuses et excitantes mais bien vaines du “In Furore”, dévalant les doubles croches avec boulimie. Ca remue, ça secoue, mais une certaine fatuité superficielle nous a rebutés.
“At Christmas I no more desire a rose Than wish a snow in May’s new-fangled shows, But like of each thing that in season grows.” William Shakespeare
C’est à un voyage initiatique, à l’atmosphère souvent mystique et fervente, que le Concert de l’Hostel Dieu nous convie dans cette captation de concert d’un programme jouée notamment en novembre et décembre dernier. Articulé autour de chants populaires italiens, catalans et provençaux, alternant passages solistes et passages choraux, lovés dans les frottements évocateurs du rabab ou des violes de Nolwenn Le Guern, très présente,…
Fureurs
C’est un jeune ensemble que Les Surprises, mais déjà plein d’audace et de personnalité. Pour son programme florilège, où s’entremêlent avec dynamisme des mouvements de Jean-Fery Rebel, fameux pour ses Caractères de la Danse, de son fils François et de Francoeur, croisant airs et danses pour redonner un aperçu de la musique d’appartement et des adaptations chambristes d’opéras ou de ballets.
Au clair de la Lune
Superbe métal lunaire, bleuté et fier, vigoureux et ferme, aux reflets changeants mais impérieux. Voici un grand enregistrement de Christophe Rousset, parfois un peu trop altier voire raide, décidé, très articulé. Le choix du Ruckers 1628 du Château de Versailles, ravalé au XVIIIème siècle par Blanchet, est plus que judicieux,…
Sonates et Follia
Après des concertos pour flûtes de Vivaldi (Musiques à La Chabotterie, 2013) au sujet desquels nous avions dit tout le bien que nous pensions d’Hugo Reyne en tant que soliste, voici les célèbres Sonates et Follia opus V de Corelli, transposées pour la flûte à bec, conformément aux pratiques du temps.
Le beau doublé (Gluck – Iphigénie en Aulide / en Tauride – Les Musiciens du Louvre, Marc Minkowski – Opus Arte)
Arrivé à Paris à l’automne 1773 à l’instigation de sa protectrice la Dauphine Marie-Antoinette et soutenu par Antoine Dauvergne qui était alors l’un des Directeurs de l’Académie Royale de Musique, le chevalier Glück était venu en France avec le grand dessein de renouveler le genre de la tragédie lyrique française.
De là l’arc embrasse les airs d’un cercle imparfait…
Après un premier enregistrement remarqué consacré à la Cour des Habsbourg, Stravaganza à contresens de son nom se tourne non vers le stylus phantasticus mais vers la plénitude corellienne. Un Capriccio d’une raideur nerveuse, avec ses traits violinistiques qui déchirent le silence, impulsant des accents para-vivaldiens qui s’épanouissent en arabesque.
Dear pretty youth…
Voici une Muse du Mois qui pourra paraître controversée. D’ailleurs, sa désignation, qui ne participe aucunement d’un processus collégial, n’a pas manqué de soulevé quelques sourcils étonnés au sein de la rédaction. Pourquoi cela ? En premier lieu parce que si la pratique de la transposition est relativement commune à l’époque, on s’étonne tout de même…
“Caprice. s.m. signifie quelquefois, Saillie d’esprit & d’imagination, & alors il se peut prendre en bonne part.” (1er Dictionnaire de l’Académie, 1694)
On ne présente plus Bruno Cocset, grand violoncelliste passionné de facture instrumentale et dont le tandem avec le luthier Charles Riché a donné lieu à un ensemble d’instruments spécialement créé en fonction des répertoires abordés.
L’envoûtement d’une conjuration
Situons le contexte : nous sommes aux alentours des années 1650-70, à Hambourg, centre névralgique de la création musicale allemande au XVIIème siècle. Le niveau artistique y est excellent et la ville fourmille de musiciens. C’est un lieu incontournable de la vie musicale de l’époque, idéal pour le déploiement et la maturation d’une école majeure : celle des organistes d’Allemagne du Nord.
Des géants aux croches d’argile
La gigantomachie légendaire est toujours liée au destin humain. L’expression même du combat se retrouve de Milton à Tolkien et de la Bible aux unes des quotidiens. Ecraser avec héroïsme des obstacles immenses. Dans notre monde contemporain, la gigantomachie est devenue une sorte de lutte d’insectes, la dernière étant une sorte de carnage plus qu’un combat héroïque.
