Une demi-lune
Voici un enregistrement charmant et charmeur, mais souvent encore vert. L’ingrate tâche de la critique discographique est souvent empreinte de ces instants d’archéologie, où récupérant triomphalement un boîtier poussiéreux sur une étagère surchargée de bibelots, la journaliste s’exclame l’œil brillant, et le stylo au poing…
De Profundis
L’Histoire bégaie très souvent, notamment en matière musicale. Le nom de Johann Josef Fux est à peine un souvenir dans l’esprit des mélomanes et une rare référence des musicologues. Son nom parfois évoque la vielle école académique qui domina Vienne entre la fin du règne de Léopold Ier et le règne de Charles VI.
De derrière les fagotto
En 2009, l’ensemble Zefiro nous avait gratifié d’un superbe enregistrement, coloré et précieux, des concertos vivaldiens pour hautbois (Naïve) doté d’un casting de rêve parmi lequel on retrouvait Manfredo Kraemer, Pablo Valetti, Lorenz Duftschmid, Rolf Lislevand ou Pierre Hantaï.
Etre ou ne pas être harmonique
L’Estro armonico… Une énigme et un mythe. Pourquoi le bien établi éditeur Estienne Roger d’Amsterdam accepta t-il d’éditer à sa charge des concertos pour violon d’un jeune compositeur italien inconnu, 200 pages de superbe musique gravée, en 1711, répartie en 12 concertos, au nombre de solistes décroissant de 4 à un seul…
La palme pour Cléopatre
Giulio Cesare se signale comme l’œuvre la plus monumentale et la plus brillante de Haendel, dans laquelle les arias da capo tubesques, perles du répertoire baroque, s’enchaînent à un tel rythme qu’ils semblent rebondir les uns contre les autres pendant près de quatre heures ! L’Egypte des derniers Ptolémées et de la fin de la République romaine constitue l’écrin exotique de cette intrigue politico-amoureuse où se déchaînent fantasmes, trahisons et inévitables rebondissements en tous genres.
Une musique à se damner
Le poème du Tasse et les passages relatifs à Renaud et Armide constituent une source féconde de l’opéra baroque en général – et français en particulier – avec travers les œuvres éponymes de Lully, Rameau et Gluck, pour ne citer que les plus connues. A la transition entre baroque et romantisme, l’œuvre de Sacchini nous en offre une vision moderne…
L’art de faire briller les cuivres
Le Prete Rosso est à l’honneur pour ce premier volume consacré à l’orchestre de Dresde, formation fameuse à l’époque, l’ensemble le plus parfait selon Rousseau dans son Dictionnaire de Musique, célèbre notamment pour la rutilance de ses cuivres et la présence de ses bois, doté d’une personnalité fortement affirmée, à la fois de par son instrumentarium et ses effectifs.
L’éternel féminin (Provenzale, Stellidaura vendicante, Alessandro De Marchi – DHM)
La féminité fascine. Depuis les plus lointaines expressions de l’art, la féminité a toujours été au cœur de la civilisation. Pacha Mama, Vénus-Astarté, Coatlicue, Marie, Sarah et Shérahazade, les rêves de l’art ont toujours eu au centre l’inspiration féminine.
Compositions assassines
La folie meurtrière de Carlo Gesualdo est aujourd’hui bien connue. Le compositeur assassin reste malgré tout une figure à part, un personnage exotique et isolé. S’il avait été peintre, architecte ou dramaturge, Gesualdo aurait certainement enfreint les codes et conventions de l’époque avec autant d’empressement qu’il ne l’a fait en musique.
Le baroque américain, entre Broadway et Hollywood…
Prenez deux pièces de Shakespeare (La Tempête et Le Songe d’une nuit d’été), soigneusement mélangées pour le livret, des extraits d’airs de Purcell, Haendel, Campra, Vivaldi et Rameau (et de quelques autres compositeurs baroques moins connus : Leclair, Rebel, Ferrandini) tous transposés en anglais
Delicatessen
La réédition de ce CD datant de 1981 est une excellente idée qui va permettre de mieux comprendre la naissance de l’opéra. En effet cet art si subtil et codifié ne s’est pas fait en un jour et nombreux ont été ceux qui ont contribué à sa construction. Agostino Steffani n’est pas seulement le compositeur d’airs d’opéras somptueux remis au gout du jour par Cecilia Bartoli dans un CD au graphisme manquant de gout mais contenant des chefs d’œuvre de délicatesse.
Ceci n’est pas une cantate (bis)
Malgré tout le bien que nous pensons de cette réalisation, qui adopte une vision lumineuse et sereine, doublée d’une clarté des lignes de Pulcinella qui n’est pas sans rappeler les enregistrements de Christophe Coin, nous devons hélas être cohérents avec nos convictions, que certains trouveront extrêmes…
Beaucoup de bruit pour rien (Venezia, Cencic, Il Pomo d’Oro – Virgin)
La production de Max Emanuel Cencic est particulièrement abondante ces derniers mois, avec les enregistrements des intégrales d’Artaserse (Virgin Classics) et d’Alessandro (Decca) sortis fin 2012, accompagnés de nombreuses représentations, et alors que résonnait encore le succès de ses Duetti avec Philippe Jaroussky parus en début d’année
Plorans ploravit
Nous voici confronté à un exercice désagréable, qui est celui d’exprimer notre déception devant cette nouvelle réalisation du label Hérisson, aux choix artistiques que nous avons pourtant souvent soutenus.
« Je n’ose pas, je vous le dis tout bas, je n’ose pas »
Le bégaiement de l’Histoire est souvent cruel aux réels génies. Les destinées sublimes comme celles de Händel, du père Bach ou d’autres pléiades baroques n’est plus à refaire, elles sont là à briller et dominer l’empyrée. Mais, les sœurs perdues des muses musicales, celles qui se voilent d’ombre ou que l’histoire a enfermées dans un linceul à jamais cousu par l’indifférence ?
“Une forme d’initiation” (Purcell, Bruno Cocset, Agogique)
Les Quinze fantaisies pour viole de Purcell font partie des œuvres mythiques, incontournables redoutés du répertoire de la viole. Les raisons pour lesquelles un jeune compositeur de 21 ans se lança dans la composition de cet incroyable chant du cygne du consort de violes demeure mystérieuse.
“There is nothing either good or bad but thinking makes it so.” (Haendel, Sabata, Aparté)
C’est un panorama original du répertorie haendélien que nous livre Xavier Sabata à travers ce récital Bad Guys. Il est en effet plus courant de mettre en avant les héros et les héroïnes affrontant avec détermination un destin crudel, peuplé de méchants qui s’opposent continuellement et par tous les moyens à leur bonheur…
Fantasmi
Alors que nous déballons ce digipack à l’allure doucement orangée qui fera pendant avec le remarquable enregistrement précédent consacrée aux concertos pour flûte à bec de Haendel (Musiques à la Chabotterie), nous voyons déjà les détracteurs de toute sorte s’esclaffer devant une énième mouture des tubes que constituent la Tempesta di Mare, Il Giardellino ou encore la Notte…
