Lully chez Couperin
Dans son unique Livre de Pièces de Clavecin de 1689, D’Anglebert glisse au sein de ses suites plusieurs transcriptions de Lully qu’il arrange avec un soin extrême et ornemente avec goût. On retrouvera ainsi de grandes pages telles la Passacaille d’Armide, les Ouvertures de Proserpine ou d’Isis, la Chaconne de Galatée.
La redécouverte de Francoeur
Cet enregistrement est particulier à plus d’un titre : d’une part, il permit de faire redécouvrir l’œuvre de François Francoeur, compositeur de talent à la croisée de Corelli, Montéclair et Leclair ; d’autre part, on retrouve encore au sein de l’Ensemble Ausonia la regrettée Sophie Watillon…
"Marais jouait comme un ange” — Hubert le Blanc
Pourquoi donc l’Ange Marais? En effet, ce titre que d’abjects parisiens snobs pourraient arrogamment qualifier de kitsch (votre serviteur le premier) — titre souligné par la photo des ailes d’un ange, détail d’une statue de marbre, sur la couverture du disque — pourrait en détourner quelques-uns.
Simple et naturel (Morales, Messe et motets, Ensemble Jachet de Mantoue – Calliope)
Avant de commencer, une leçon de morales s’impose. Cristobal de Morales fut en effet l’un des premiers compositeurs espagnol à acquérir une renommée européenne, et ses œuvres furent interprétées lors du service commémoratif de Charles Quint en 1559.
Pas une ride !
Musique à la Cour de Leopold Ier Oeuvres de Johann Joseph Fux, Heinrich Ignaz Franz von Biber, Johann Heinrich Schmelzer et Giovanni...
“Chantons, célébrons à jamais / De notre Dieu, la gloire et les bienfaits” (La Destruction de Jéricho, scène dernière)
Originaire de Wertheim, en Baden-Württenberg où il naquit en 1741, Henri-Joseph Rigel s’installe à Paris une vingtaine d’années plus tard et y jouit rapidement d’une grande notoriété. Outre la foisonnante composition de musique de chambre et d’œuvres lyriques très prisée des salons parisiens, il dirige en 1783 le Concert spirituel et enseigne le pianoforte au Conservatoire.
Nul besoin de Rameau pour faire un bel olivier
Voici du baroque d’Europe centrale comme on l’aime. Composé en 1723 pour le couronnement de Charles VI à Prague, cet oratorio de circonstance, en latin, était à l’origine plus long. Hélas, les parties de musique dansée en ont été perdues. Subsiste un monument grandiose et plein de pompe, où solennité et enthousiasme se mêlent harmonieusement au sein d’une partition terriblement inventive, quoique sans audaces harmoniques.
La sensation de planer…
Ce disque rassemble les classiques de la littérature sacrée du Prêtre Roux. Qu’il s’agisse du Stabat Mater, du Nisi Dominus ou encore du Salve Regina, tous sont empreints d’une profonde sensibilité et appellent au recueillement. Si chacune de ces œuvres transmet un sentiment de plénitude, c’est dans le Nisi Dominus que celui-ci se dégage le plus.
L’humanité en Cathy mini
L’autre jour, en nous perdant dans les rangées de disques qui parsèment nos locaux, nous sommes tombés sur Cathy Berberian sings Claudio Monteverdi. La jaquette était hideuse dans son alliance de bleu et de rose, orné d’une grosse fibule qui était en réalité une sorte d’horloge de table. En outre, une partie du récital n’est de plus constituée que d’extraits des enregistrements de l’Orfeo ou du Couronnement de Poppée où la soprano incarnait respectivement avec une humaine fragilité la Messagère du malheur ou l’Impératrice répudiée…
Une Ariadne qui ne perd pas le fil
Conradi. Le directeur musical du Théâtre du Marché aux Oies de Hambourg de 1690 à 1693 est l’un de ceux que les oubliettes de l’histoire et de la musicologie ont longtemps hébergé. Pourtant cette Ariadne de 1691 possède bien des atouts qui justifie cette exhumation tardive et courageuse.
Incontournable !
Voici un enregistrement incontournable. Si Phaëton n’est pas l’œuvre de Lully la plus connue, le livret de Quinault est l’un des plus complexe : s’y mêlent intrigues de pouvoir, amours contrariées et… épreuves initiatiques ! Au final, si n’est pas la plus grande réussite de Quinault, qui s’y répète un peu trop, les personnages sont habilement construits.
Christie vs. Hogwood pour un Orlando élégiaque
Orlando est assurément l’un des opéras les plus originaux de Händel. Le livret, tiré du Roland Furieux de l’Arioste, sera bientôt suivi par 2 autres volets tout aussi réussis : Ariodante et Alcina. Orlando relate l’histoire classique du preux paladin Roland passionnément épris de la reine Angélique.
Une interprétation bouleversante.
Les motets enregistrés ici appartiennent au genre du petit motet et datent de la fin du règne de Louis XIV. On y retrouve le style français un peu maniéré lié dans une intime alchimie à des passages italianisants. Les accompagnements instrumentaux sont discrets et élégants, souvent confinés à des violons ou des flûtes allemandes.
L’hésitation contre la vigueur
1988. On retrouvera dans ces deux enregistrements du regretté Scott Ross la même modestie et le même talent : nulle part le claveciniste canadien ne se met en avant, même lorsque la virtuosité technique est requise.
Un Bach méconnu
On doit à la monumentale initiative de Teldec la Valise Bach 2000 qui célèbre les 250 ans de la mort du Cantor de Leipzig par l’intégrale discographique de ses oeuvres (excepté quelques chants du Schmelli Gesangbuch). Un des cubes modernes et disgracieux de cette remarquable discothèque est consacré aux cantates profanes de Bach.
"Français, soyez tous réjouis"
Henri Ledroit signe ici l’un de ses meilleurs enregistrements, digne de son récital Luigi Rossi chez le même éditeur. Au premier abord, l’irruption de ce contre-ténor aux pays des lys est musicologiquement très discutable, puisque l’on sait que les Français étaient partisans des voix naturelles.
Le miel de l’Abbaye…
Voici un disque qui s’achète et s’écoute les yeux fermés. En dépit de ses 20 printemps, l’enregistrement a conservé l’élégance lumineuse et l’équilibre de ses vertes années. Tout ici est harmonie et musicalité. Trevor Pinnock comme Simon Preston ont parfois été accusé de placidité, d’application, de flegme britannique excessif.
Un disque plein de vie
Un disque de Zig-Zag Territoires attire toujours mon attention, comme ceux d’Alpha ; et les points communs ne s’arrêtent pas là. En effet, les pochettes sont soignés, les livrets documentés – et ce coffret ne manque pas à la règle – la réalisation artistique souvent excellente et la prise de son tout à fait délectable.
“On se demande même si on s’en lassera jamais”
Ce sont là les mots de Roger North dans ses Notes of Comparison between the elder and Later Musick and Somewhat historicall of Both (Notes de comparaison entre la musique ancienne et moderne avec un peu d’histoire des deux) publiées dans la seconde moitié du Siècle des Lumières.
