L’or du temps (Vivaldi, Concertos pour basson, Azzolini – Naïve)
Si cet enregistrement se démarque nettement d’une grande partie de la production vivaldienne, ce n’est guère par son écriture, poétique, énergique, d’un optimisme virtuose et d’une rêverie élégiaque, éclairs de doubles croches, arpèges, cantilène lyrique… le cru vivaldien des années 1720-30 possède ses fondamentaux. Mais le basson de Sergio Azzolini est là, transcendant le matériau, orchestre à lui seul, incroyable conteur.
Entretien avec Max Emanuel Cencic, contre-ténor
Entretien avec Max Emanuel Cencic, contre-ténor. Quelques moments avant son entrée sur la scène néo-classique de l’opéra de Nancy – qui bien qu’inauguré en 1919 n’en respecte pas moins le style baroque de la Place Stanislas – Max Emanuel Cencic – que nos lecteurs ont l’habitude de trouver sur nos pages au gré de nos recensions – Max Emanuel Cencic, donc, a accepté avec naturel de répondre à quelques questions, lors d’un face à face aussi agréable que frustrant, tant nous aurions aimé approfondir la discussion. Partie remise ?
Les ors vivaldiens de Vicence
Ottone in villa, créé le 17 mai 1713 à Vicence, est le premier opéra officiellement composé par le Prete Rosso, à l’âge de 35 ans. En réalité, Vivaldi avait approché l’univers de l’opéra en tant que retoucheur de partition, et probablement déjà composé pour le compte d’autres compositeurs lyriques…
“Armide enfin lève les yeux…”
Il est intéressant parfois, quand on aime le répertoire baroque, de s’arrêter un peu sur le merveilleux et la magie dans cet art qui nous passionne. Si la présence des scènes de démons, des destructions massives de cités entières, les tempêtes et la magie sont des poncifs de l’opéra de l’âge moderne, le personnage de l’enchanteresse plus que sorcière est essentiel au monde musical baroque.
Gracieuses mais froides comme un printemps anglais…
… voilà l’impression que laissent, au bout de plus de deux heures d’écoute, ces Douze Sonates dites de Manchester redécouvertes relativement récemment dans les collections de la Bibliothèque Centrale de Manchester.
Munificence de la musique mais prise de son fautive
Leonardo Garcia Alarcon signe ici un bien joli projet qu’il a lui-même concocté avec art. Puisant dans la munificente production sacrée de Vivaldi il a agencé divers motets pour créer des Vêpres en l’honneur de Saint-Marc, patron de la Sérénissime. En cette fin de XVII° et début du XVIII° siècle les églises, salons, théâtres et palais de Venise bruissaient de musiques aussi riches que variées. Vivaldi n’était pas en reste.
“Le neuvième travail consista à rapporter la ceinture d’Hippolyté…” Apollodore, II, 5, 9.
Rome est pour nous actuellement le siège immuable de l’antiquité impériale et de la pourpre pontificale si ce n’est aussi les bacchanales nocturnes et aquatiques d’Anita Eckberg sous la lunette immortelle de Federico Fellini. Outre les sursauts du feuilleton Berlusconien ou bien la magnificence des fontaines et des palazzi, Rome porte en elle l’héritage de sa couronne de capitale du Baroque.
Exquis, mais un peu creux
L’adagio de la sonate RV 53 qui ouvre le disque laisse entrevoir des promesses qui ne sont que partiellement tenues. Le hautbois virtuose et très grainé de Paul Goodwin sculpte chaque note sur un motif de basse martelé avec vigueur, accentuant avec franchise l’acuité d’un drame qui guette chaque mesure, et où la tension d’un ciel d’orage est palpable.
Glorieux
Contrairement à toutes les règles de l’écriture à suspens, nous pouvons affirmer dès à présent que cette nouvelle version du sacro-saint Gloria de Vivaldi se hisse sans peine parmi les lauréats actuels de la discographie. On y trouve en effet une urgence dramatique, un dynamisme farouche et menaçant, une beauté élégiaque tout à fait sublimes…
“L’art d’utiliser le feu”
Voici une période faste pour les vivaldiens, puisqu’après le magnifique récital de Magdalena Kozena (Archiv), vient celui de Vivica Genaux, à l’interprétation plus extravertie et (encore plus) spectaculaire. Depuis Prométhée, le feu a obsédé l’imaginaire humain, un élément incontrôlable, fougueux, irascible mais réconfortant et beau.
Chronique d’une mort annoncée
Quand le très sérieux Institut Antonio Vivaldi donna son satisfecit à la partition découverte par le claveciniste tchèque Ondrej Macek, les mélomanes vivaldovores furent hautement ravis par les promesses d’une œuvre totalement méconnue, d’une période tardive du prêtre roux. L’enregistrement à Prague de cette partition retrouvée dans la demeure familiale de Regensbourg des Princes Thurn und Taxis, fit trépigner d’impatience.
Ma, dove sta la stravaganza ?
A la première écoute, deux réflexions viennent à l’esprit : Tiens, un Vivaldi où le soliste n’est pas le violon, mais en général la flûte à bec et C’est curieux, j’avais cru lire Stravaganza sur la pochette ; or, en fait d’extravagances, le rendu semble plutôt timide et adouci.
Toucher la corde sensible
Que dire de ces concertos pour violoncelle de Vivaldi, sinon qu’ils méritent amplement leur renommée ? Car voici le Prêtre Roux au sommet de son humanité et de son art, élégiaque et lyrique comme jamais dans ses Largo, fougueux dans ses Allegro, toujours à l’affut d’une mélodie aux contours amples et naturels.
Une religion encore bien “vivace”
Dès les premières mesures, on reconnaît le style du Vivaldi alla Spinosi, mélange d’audace survitaminée et de clarté orchestrale. Le Nisi Dominus est ainsi projeté, sans crier gare, sur l’auditeur, qui titube devant les coloratures agiles de Philippe Jaroussky. Le timbre dénote comme à l’accoutumée une belle stabilité, des aigus posés, une agilité certaine dans les ornements.
Venise en héritage
Il me faut passionner les gens pour la musique, tel est le credo d’Albrecht Mayer, qui a pris la direction du nouvel l’orchestre baroque New Seasons Ensemble (sur instruments d’époque), afin de livrer un récital de pièces choisies, écrites spécialement pour le hautbois ou le hautbois d’amour.
