Ulysse, le retour (Rebel, La Simphonie du Marais, Hugo Reyne – Musiques à la Chabotterie)
Jean-Féry REBEL (1666-1747) Ulysse (1703) Guillemette Laurens (Circé) ; Stéphanie Révidat (Pénélope) ; Bertrand Chuberre...
De la prononciation élisabethaine restituée & de sa nécessité
Comme celle de toutes les langues, la prononciation de l’anglais a évidemment fortement évolué à travers les âges. Et l’Angleterre élisabethaine, à laquelle nous nous intéresserons ici, est en plein dans un bouleversement linguistique: the great vowel shift, qui s’étend sur plusieurs siècles, mais qui est à son plus fort dans les années 1550-1600.
Hubert Robert, un peintre visionnaire (Louvre, mars-mai 2016)
C’est l’histoire d’une société qui se regarde et qui doute ! Tel est en effet le trait d’union qui lie entre elles la quasi totalité des cent quarante œuvres de Hubert Robert (1733-1808) qui composèrent cette exposition, la première consacrée au peintre par le Louvre depuis 1933, année du bicentenaire de sa naissance et, mais pouvait on le savoir, celle du début d’un engrenage qui verra vaciller l’Europe. Il n’est sans doute pas non plus un hasard que ce regain d’intérêt pour l’un des peintres majeurs de la seconde moitié du XVIIIème siècle arrive alors que la civilisation occidentale est contestée, violemment remise en cause dans ses fondements idéologiques et son socle de valeurs.
Retour vers le futur : 2440 ou l’Odyssée de l’Espérance de Louis Sébastien Mercier (1771)
Point de lendemain ! Par cette formule un brin nihiliste Dominique Vivan Denon titrait en 1777 un court roman de jeunesse, ode...
La Musique dignement fêtée … (Armide, Lully, Les Talens Lyriques – Opéra national de Lorraine, 21 juin 2015)
Si, partout en France ce week-end, la Musique était l’objet de tous les honneurs qui lui sont dus, les regards se devaient de converger vers une ville de l’Est de la France, Nancy. Cette cité connue entre autre pour sa sublimissime Place Stanislas rayonnait encore plus particulièrement par le spectacle en son sein le plus précieux, son opéra où était donnée Armide de Jean-Baptiste Lully coproduite par l’Opéra national de Lorraine et le Centre Chorégraphique National (CNN) – Ballet de Lorraine.
Folies partagées (Les Passions, Jean-Marc Andrieu – Ligia)
FolieS ! Les Passions. Arcangelo Corelli (1653-1713) / Francesco Geminiani (1687-1762) : Follia pour flûte à bec et cordes ;...
Les héros de l’ombre…(Nathalie Stutzmann, Orfeo 55, Metz – 21 mai 2015)
Comme le temps en ce moment, l’ombre joue avec la lumière timide du soleil venant fragiliser cet instable mois de mai. Bien trop souvent, l’ombre est mise au pilori, méprisée, condamnée à l’infamie. Mais en réalité, n’est-elle pas aussi importante que la lumière elle-même ? L’un des maîtres incontesté à vouloir honorer cette magnifique obscurité n’est autre que Haendel.
Monteverdi, Madrigali Amorosi, Les Arts Florissants, dir. Paul Agnew – Philharmonie de Paris, 18 mai 2015
L’œuvre de Monteverdi (1567-1643) n’a nul besoin d’éloges pour se laisser apprécier, et ses madrigaux constituent une acmé reconnue de la musique polyphonique européenne de la fin du XVIème et du début du XVIIème siècle. Mais les replacer dans la perspective du demi-siècle séparant la parution du premier livre (1587) du huitième (1638) et dernier du vivant du compositeur (un neuvième livre paraissant de manière posthume en 1651) permet en outre de mesurer la profonde évolution de la composition musicale à cette époque…
L’Amphithéâtre sanglant, La Lumineuse, Florence Beillacou (20ème Théâtre, Paris – 05/05/2015)
L’âpre saveur de la vie! La formule est mise en exergue du premier chapitre de L’automne du Moyen-âge (1919). Nous ne pouvons que souscrire à la démarche et à la formule à la redécouverte des textes de Jean-Pierre Camus (1584-1652), prédicateur tombé dans l’oubli,…
L’entretien des Muses (Rameau, Pièces de clavecin, Bertrand Cuiller, Mirare)
Nos lecteurs connaissent bien Bertrand Cuiller, que nous avions interviewé il y a longtemps déjà, avant que le grand public ne le découvre comme l’un des clavecinistes les plus talentueux de sa génération. Il avait fait merveille chez Scarlatti… Dans cet opus richement coloré, chantant et fier, impérieux et jouissif, le claveciniste, omniprésent, conteur sans limite, nous livre un Rameau tourbillonnant
On ne devrait jamais quitter Montauban (Festival Passions Baroques à Montauban 2015)
Ténacité et imagination, telle est la principale leçon que l’on peut retenir de la troisième édition des Passions Baroques à Montauban. Édition réduite dans son ampleur, sa durée et ses invitations par rapport à celle de l’an passé, mais surtout pas dans son inventivité.
Le Louvre doit rester à Paris !
Ce n’est certes pas le Louvre que l’on déménage à Liévin, à 203,7 km de Notre-Dame, mais l’intégralité de ses réserves alors même que le projet initial était de mettre à l’abri (et pourquoi aussi loin ?) les seules œuvres menacées par la crue centennale, et la presse paraît bien discrète si ce n’est quelques échos étrangers et médias spécialisés. Il vaut toujours mieux exécuter au petit jour, à l’heure où les bonnes gens sont encore endormis.
Ambition et débauche (Graun, Haendel, Perti, Porpora, Agrippina, Ann Hallenberg – DHM)
bien plus abouti que les récitals d’autres starlettes idolâtrées, ce disque nous révèle qu’un programme pensé et conçu intelligemment par des artistes qui se sont surpassés avec splendeur, et qui recèle douze airs rares démontrant avec variété et éclat que tout l’opera seria ne se réduit pas à un Haendel et un Porpora.
Ecce homo (Reinhardt Keiser, Markus Passion, Gli Incogniti, Jacques Moderne, Beyer, Sububiette – Mirare)
Bien que le nom de Reinhardt Keiser orne ce disque, cette Markus Passion est sans doute plus ancienne, et pourrait être attribué à Nicolaus Bruhns ou Gottfried Keiser, père de Reinhardt… Quoiqu’il en soit, la version proposée, donnée à Weimar dans les années 1710-1713, eut sans doute pour auguste Kapellmeister Bach lui-même,
Façon puzzle (Paul Scarron, le Roman Comique – 1657)
Comment ne pas être séduit par la vie et l’œuvre de celui qui, au détour d’un chapitre, n’hésite pas à interpeller le lecteur et à le mettre en garde par ces mots : « Je suis trop homme d’honneur pour n’avertir pas le lecteur bénévole que, s’il est scandalisé de toutes les badineries qu’il a vu jusques ici dans le présent livre, il fera fort bien de n’en lire pas davantage ; car en conscience il n’y verra pas d’autres choses. »
Le compas et l’équerre (La Lyre maçonnique, la Péniche Opéra, 14 avril 2015)
Même en 2015, en plein XXIème siècle, dès que le mot maçonnique ou Franc-Maçonnerie est prononcé, tout est polémique, mystère et préjugés. Si, effectivement, cette société dite à secret a porté pendant des années une réputation de réseau d’influence, toutes les publications hebdomadaires ou mensuelles qui s’acharnent à dévoiler ses secrets ont oublié le cœur de son activité.
Clémence ou manipulation ? (Mozart, La Clémence de Titus, Opéra comédie de Montpellier, 3 avril 2015)
En politique la grandeur d’âme et la générosité n’existent pas : leur invocation ne cache que d’habiles comportements destinés à flatter l’image de leur auteur, repris et magnifiés à l’envi par leurs thuriféraires. Voici à peu près le sens de la mise en scène que nous propose Jorinde Keesmat pour cette Clémence un peu décalée, tant au plan de la lecture que de la scénographie (des empilements de structures de hauteur variable, évocation des niveaux de lecture de l’oeuvre originale ?).
Des moustaches à la Joconde ? (Bach, Variations Goldberg, Duo Mélisande – Rochemontès, 01/03/2015)
Initialement composées pour le clavecin, les Variations Goldberg ont été transcrites à de nombreuses reprises. L’idée d’une transcription pour deux guitares respecte l’esprit de l’œuvre tout en renouvelant ses couleurs. Selon un tempo étonnamment lent, comme en suspension, qui aura pu en gêner certains, les deux guitares chantent et se répondent par une complicité absolue.
Les Vents dans le vent …(Mozart, Ensemble Philidor, Daniele Latini – La Dolce Volta)
Grâce à ce magnifique coffret de trois disques, l’Ensemble Philidor sous la direction de Daniele Latini, met au premier plan les instruments à vent tant affectionnés par Mozart. Le génial compositeur appréciait fortement ces instruments non seulement pour leurs timbres bien identifiables mais également pour leurs caractères particuliers.
