Vénitiennes variations (Echoes of the Grand Canal, Enemble Diderot, Pramsohler, Haller, Grisvard – Audax)
Il y a beaucoup de bien à dire de cet enregistrement et en premier lieu de la qualité de ses interprètes, d’un ensemble Diderot qui ne cesse disque après disque de nous ravir par la pertinence de ses choix interprétatifs et d’une Diana Haller qui confirme un peu plus avec ce disque qu’elle est l’une des plus elles voix contemporaines.
Marseille : confinement sous peine de mort (1720-1722)
Alors que nous sommes replongés dans l’éloge du quotidien, et que notre univers s’est réduit à quelques mètres carrés, et...
Qui ne serait attristé ? (Pergolesi, Stabat Mater, Röschmann, Daniels, Biondi – Erato)
qui aime bien châtie bien. Et nous espérons que le grand Maestro ne va pas jouer aux fléchettes sur notre portrait. Eh bien, c’est un beau jour pour mourir, alors lançons-nous. Voici un enregistrement qu’il vaut mieux discrètement radier de la discographie du Maestro.
Hippolite & Aricie annulé à l’Opéra Comique : le 14/11 sur Arte et bientôt sur France Musique !
Les représentations d’Hippolyte et Aricie prévues à l’Opéra Comique au mois de novembre ne pourront pas avoir lieu, ou plutôt… elles n’auront pas lieu en présence du public. Les répétitions se poursuivent et nous apprenons que le spectacle sera enregistré et diffusé de manière exceptionnelle sur Arte et sur France Musique dans le courant du mois de novembre.
Crépuscule racé sur la lagune (Tartini, Vertigo, Plantier, Luis – Muso)
Pour le 250ème anniversaire de son trépas, le Duo Tartini – récidiviste du compositeur auquel on doit un splendide et très recommandé Continuo Addio! (Muso) d’une souple poésie et un Cantabile a suonabile très inspiré (AgOgique), a soigneusement sélectionné cinq sonates d’un manuscrit conservé à Paris à la BnF, dont quatre furent composées dans les années 1765-66 et qui lorgnent encore vers le style de composition très libre des Biber, Schmelzer, Bonporti et autres Figures du violon…
Les masques ne sont pas tombés mais les rideaux le sont
Le Mot est dit, lâché, honteusement puis crânement, à la manière d’un défi responsable. Nous n’aimons guère faire de Politique, si ce n’est celle des Arts. Mais le temps des discoureurs à la morne figure est venu. Et ce que Cromwell n’avait pu accomplir, dans la patrie des Arts et des Lettres, nous l’avons fait, ou plutôt nous y sommes contraints.
Le temps des cerises : le ratafia de Casanova (1760)
A quoi pouvait bien ressembler ce ratafia, tant vanté par notre aventurier vénitien ? De nos jours, le breuvage est passé de mode et seuls subsistent des ratafias de raisins, en champagne et en bourgogne, mais aussi de fruits dans le sud ouest, auxquels Pierre Perret rend un hommage discret dans sa chanson, Je suis de Castelsarazin. Le procédé de base est assez simple, consistant en une macération de fruits, de sucre et d’alcool, ce dernier ayant pour particularité de conserver le fruit.
De Rameau ramant, germa subtil ramage (Rameau, Pygmalion, Rousset – Aparté)
Voilà un disque très attrayant, au plateau de première classe, un peu trop pressé dans son enthousiasme, et qui remet en lumières la période tardive du compositeur dijonnais, dont le talent sait une fois de plus se renouveler pour briller de son intact éclat.
Philip K. Dick et John Dowland : improbable rencontre
On ne placera pas cette nodule dans la rubrique consacrée à la Littérature, la Vraie, la Grande avec un grand L, celle où Monsieur de Saint-Simon côtoie Racine, et où Crébillon passe déjà pour un dramaturge passable à la recherche du spectaculaire. Mais comment résister au plaisir de partager avec vous, ô lecteurs, une rencontre du 3ème type des plus inattendues. Celle qui figure dans un conte dystopique du maître du roman de science-fiction Philip K. Dick.
“Il sombra dans la platitude” : Vivaldi critiqué (1776)
Vivaldi composa (…) deux livres de concertos intitulés Il Cimento dell’ Armonia e dell’lnventione ; mais le nom usuel en est les Saisons. L’idée de cet ouvrage doit sembler fort ridicule…
Vaudeville sanglant (Philippe Beaussant, Stradella)
La vie de Stradella étant digne d’un livret d’opéra, il était normal que Philippe Beaussant s’en fasse le metteur en scène, au risque d’en édulcorer, par trop de synthèse, les aspects les plus académiques mais pas les moins révélateurs de son parcours. Nous retrouvons donc Stradella à la fin de sa vie, au moment où il est obligé de fuir Rome afin de poursuivre sa création et ses amours à Venise. Où l’on verra notre musicien composer, séduire, tomber amoureux, louvoyer entre les impossibles, et finalement fuir à nouveau avant de tragiquement terminer, après quelques rebondissements que la bienséance nous oblige à le pas déflorer.
Pourquoi un 17 octobre ?
17 octobre 2020. Paris se confine, la Muse s’éveille. Que fait-elle donc là, sans cesse à contretemps, alors que les salles de concert, d’opéra, de spectacle, de théâtre baissent le rideau ou frappent des trois coups à des heures précoces ? Et quel esprit dérangé a t-il choisi une date si vierge de compositeurs, de première, pour une renaissance en discrète fanfare ?
Le réveil de la Muse
Voici exactement 5 ans que notre Muse s’est soudainement endormie. Respirant les effluves d’un irrésistible pavot digne des machinations de la Cybèle d’Atys, bouleversé par les courants impétueux de la vie, notre vaisseau, téméraire esquif, a replié ses voiles, et gagné un havre salvateur.
Le Peintre & l’Astronome : Vermeer, le 3 de septembre 1659, à huit heures du matin
Nous sommes à Delft en ce mercredi 3 septembre 1659, à 8 heures. Le soleil vient illuminer la tour de l’horloge de la Niewe Kerk, et produit des ombres portées précises. A sa fenêtre, au second étage d’une auberge, située de l’autre côté du bassin du port, le Kork, un jeune homme de 27 ans contemple la scène, dessine un croquis, et peindra une vue qui deviendra un mythe. C’est Johannes Vermeer.
“4 vieilles chaises, 3 vieilles malles” : inventaire après-décès de Haendel (1759)
Cette liste un brin macabre de la maison du caro Sassone ne révèle pratiquement rien de l’activité du compositeur. S’y déroule, avec stupeur, une sorte de monotone liste de blanchisserie, où s’accumule un bric-à-brac qui étonne par sa modestie voire sa misère, d’un “miroir brisé” à de “vieilles chaises paillées”.
Telemann formidable ! (Suites & concertos, La Simphonie du Marais, Hugo Reyne)
Ce n’est pas le moindre des mérites de Hugo Reyne et de la Simphonie du Marais que d’avoir su composer un programme élégant, avant tout plaisant, tout en invitant le mélomane curieux à (re)découvrir que Telemann puise aux racines de la musique traditionnelle, au folklore régional entendu dans toute la noblesse du terme, pour en magnifier les accents et les rythmes et les insuffler dans compositions pleines de rythme, d’allant et de fraîcheur.
Doulce Mémoire recherche 3 chanteurs
L’ensemble de musique Renaissance Doulce Mémoire organise des auditions pour recruter
trois chanteurs en vue de son prochain spectacle musical qui sera créé durant l’été 2021
(répétitions à prévoir sur le premier semestre 2021).
Hugo Reyne, tel un oiseau (dissolution de la Simphonie du Marais)
La nouvelle est tombée. Elle est triste. Il l’avait pourtant annoncée depuis un long moment, mais on ne le croyait guère, ou plutôt on ne voulait guère y croire. La Simphonie du Marais donnera son dernier concert dans le cadre magique de La Chabotterie en septembre prochain, un concert du samedi 19, dite simplement “Simphonie des Adieux – 33 ans de musique” après le Festival parisien du Marais baroque. C’est un peu court, pour décrire la formidable aventure de cette formation, dont nous nous refusons à faire l’éloge rétrospectif, qui sonne trop comme une nécrologie.
Le Musée du Grand Siècle devrait ouvrir ses portes en 2025
L’Antiquité avait Saint-Germain en Laye, le Moyen-Age Cluny, la Renaissance Ecouen, le XIXème Orsay. Il était donc temps que le Grand Siècle trouve son petit nid.
L’éruption littéraire de la Naples Baroque (Dominique Fernandez, Porporino)
La publication en janvier dernier de L’Italie Buissonnière (Grasset) de Dominique Fernandez, suite de très érudites pastilles sur des joyaux souvent méconnus de l’immense patrimoine artistique de la péninsule, nous a donné envie de replonger dans l’une des œuvres phares de son auteur, Porporino, ou les Mystères de Naples (Grasset). Publié en 1974 et auréolé du prix Médicis la même année, l’ouvrage devait valoir à son auteur un début fort mérité de reconnaissance critique qui se confirmera quelques années plus tard par son Goncourt.
