La Fillette au brasier enflamme les cœurs (George de La Tour)
4 340 000 euros (frais inclus) chez Lampertz à Cologne ce jour, 10 décembre 2020. A l’heure où l’on ne parle que de dépenses essentielles de coupes drastiques, de serrage de vis ou de ceinture, de déficits et de faillites, faut-il se réjouir de ce record battu ? Record pour un George de La Tour (1593-1652), dont il ne subsiste que 48 tableaux (à titre de comparaison on en dénombre 37 pour le rare Vermeer sans entrer dans les querelles d’attribution, ou encore plus de 80 Caravage).
Ventre affamé n’a point d’oreilles (Les amours d’un rossignol, La Simphonie du Marais, Hugo Reyne)
En deux volumes et un DVD – dont nous nous consacrerons au seul premier qui retrace l’histoire du flageolet aux XVIIème et XVIIIe siècles, Hugo Reyne survole la destinée de cet instrument qui perdura jusqu’à la fin du XIXe siècle. L’on découvre ainsi les subtilités entre le flageolets français et son homologue anglais bien différent et qui survit jusqu’aujourd’hui sous la forme de la tin whistle irlandaise en métal.
Saint-Marc au Pays des Muses (Bruno Racine, Le Gouverneur de Morée – Grasset)
“Nous avons plus de force que de volonté ; et c’est souvent pour nous excuser à nous même que nous nous imaginons que les...
Eloge de la mollesse
Billet d’humeur L’autre jour, nous écoutions un vieil enregistrement de l’Ottone de Haendel, très british, avec James...
Muse Baroque : we’re Bach !
Aux Anciens : fidèles lecteurs et partenaires, nous vous redisons le plaisir et l’honneur de vous retrouver. Aux Modernes qui nous...
“Je suis enfin arrivé dans cette capitale du monde !” (Goethe, Voyage à Rome)
“Rome, l’unique objet de mon ressentiment !Rome, à qui vient ton bras d’immoler mon amant !Rome qui t’a vu...
Ils l’ont dit : “Lully notre Maître”
“Quand on l’Académie Royale de Musique a demandé à M. Rameau son agrêment pour employer dans les divertissemens de cet Opera Proserpine de Lully, quelque morceau tiré des siens, il a répondu : « L’on me fait bien de l’honneur de m’associer à notre Maître. » Voilà le langage du grand homme ; il n’est pas en lui d’être envieux & vain.”
Terra di Dio (Rossellini, la Prise de pouvoir par Louis XIV – 1966)
La Prise de Pouvoir par Louis XIV annonce bien son objet dès le titre : chronique par tableaux inspirée des travaux de Philippe Erlanger, elle conte, épisodes par épisodes, la mort de Mazarin, la disgrâce de Fouquet, la création de Versailles, les amours avec Melle de La Vallière, les rituels de la cour. Film éminemment politique et didactique, un peu poussif dramatiquement, La Prise de Pouvoir recèle des scènes d’anthologie.
S’enfuir de Paris par la Porte de la Conférence ?
Alors que nous étions dans une interminable “conf call” et autres “visio conf”, télétravail oblige, notre esprit vagabond nous a mené sur les rives de la Seine, et sur les traces de cette belle porte, dite de La Conférence, et qui se situait après les Tuileries, à l’ouest de Paris, sur la rive droite de la Seine.
Les Talens Lyriques nominés aux International Classics Music Awards
Décidément, il pleut des prix sur nos orchestres baroques hexagonaux et cela plaît à voir ! Après le Concert Spirituel, voici...
Le Concert Spirituel lauréat du Prix Liliane Béttencourt 2020 pour le chant choral
Le Concert Spirituel et son chef charismatique qu’on ne présente plus ont reçu hier le Prix Liliane Béttencourt 2020 pour le chant. Joignons à cette reconnaissance bien méritée nos lauriers virtuels, et soulevons notre chapeau devant ce grand chef !
Combiner les plaisirs (Bach, Telemann, Amarillis, Héloïse Gaillard et Violaine Cochard – Evidence)
Doit-on réviser ses classiques ou forcement succomber aux charmes souvent faussement enivrants de la nouveauté ? Faut-il revenir une fois encore à la subtile Barbara ou découvrir Aya Nakamura ? Laissons quelques parlementaires trancher cette dernière et épineuse question et rejoignons l’Ensemble Amarillis qui semble avoir tranché le nœud gordien.
Le duel des versions : Les Nations de François Couperin (Leonhardt, Savall, les Ombres, Reyne, Rousset)
Nous continuons avec nos tournois discographiques, cette fois-ci avec Les Nations de François Couperin. Le recueil en fut publié en 1726, mais les Sonades introductives autonomes étaient plus anciennes et sa Françoise n’est autre que La Pucelle de jeunesse composée trente ans plus tôt soi-disant dans un style corellien et alors présentée sous un nom d’emprunt !
S’échapper de l’Empire des Morts
Nous avons bien mal choisi notre heure pour que notre Muse s’éveille. Elle s’est étirée, heureuse, drapée dans ses nouveaux oripeaux, belle et fière dans son nouvel appareil (paraphrasant maladroitement Racine). Et alors qu’elle espérait la lumière et les ors, le cistre et la myrrhe, les ris et les jeux, les pleurs et les cris, elle n’a trouvé sortie de sa caverne que le morne silence, s’est heurtée aux portes closes, aux masques et au désarroi.
Caprice des Dieux (Le Poème Harmonique enregistre Delalande à Versailles)
Voici le Poème Harmonique en pleine forme si l’on en juge par les nouvelles qui nous en parviennent : Vincent Dumestre et sa phalange reviennent à Lalande ou (de Lalande, ou Delalande, orthographe assez fluctuante du temps).
Avaler une couleuvre (Harambat, Les Invisibles – Futuropolis)
Pour sa première bande dessinée/roman graphique, Jean Harambat n’a pas choisi la facilité. Un sujet peu connu mais qui gagne à l’être (les révoltes contre la gabelle en Gascogne de 1664 à 1670) une construction scénaristique complexe avec une histoire contée de trois points de vue différents, et un dessin tout en camaïeu de gris, de brin de noir
Le saviez-vous ? De la résistance du cornet à bouquin
Nos lecteurs connaissent par cœur le cornet à bouquin, auquel nous avions déjà consacré quelques lignes. Cette chose courbe, en poirier, érable ou noyer, de forme octogonale recouvert de cuir traversa l’Occident depuis les alentours de l’an mil. Et nos baroqueux ont l’habitude de le voir fleurir dans les canzone de Gabriela, les œuvres de Monteverdi ou Caccini, et toute cette belle première moitié du XVIIème siècle si colorée. David Munrow, Ulrich Brandhoff, Jean Tubery, Jean-Pierre Canihac et d’autres grands musiciens nous ont habitué à tirer de ce cornet des voix humaines, d’un souffle chaleureux et discret à une rutilance guerrière.
Pétulances obsolètes (Polyphonies chorales à Venise, Tölzer Knabenchor, H-M. Linde – EMI)
On goûte l’incroyable kaléidoscope de couleurs, de textures, l’exotisme général des atmosphères : le cornet à bouquin pincé et acide d’Edward H. Tarr himself (le fondateur du rutilant Edward Tarr Brass Ensemble) s’essoufflent avec panache, les flûtes à bec médiévalisent à qui mieux mieux, de la bombarde, du trombone bedonnant, du dulcian rigolo, la battue, saccadée et peu subtile, ultra convaincue et jouissive, et les chœurs spatialisés du Tolzer qui s’époumonent parfois à la limite du cri.
Douceurs (Charpentier, Messe de Mr Mauroy, Le Concert Spirituel, Niquet – Glossa)
La réalisation est absolument splendide, et l’on y retrouve le Concert Spirituel et Hervé Niquet des grands jours. Inspiré, souple, intense et fluide, le chef sait imprimer grandeur et naturel aux masses chorales, sculpte les textures, joue sur les couleurs des timbres instrumentaux, fait jaillir les échappées solistes ça et là.
Mais où est donc passée la cheminée de Louis XIV à Versailles ?
De temps à autre, nous nous posons des questions étranges. “Pourquoi les cordes sont-elles en boyau?”, “Pourquoi personne n’a pensé à mettre une pique à une viole de gambe?”, “Pourquoi j’écoute Glenn Gould et que j’aime ça ?, “Est-ce qu’une perruque in-folio étouffe la perception du son ?”
