“Un Dieu, un Veracini” (Adriano in Siria, Prina, Hallenberg, Inverniizzi, Basso, Europa Galante, Biondi – Fra Bernardo)
Voici un enregistrement qui tout à la fois rend justice à Veracini, et éclaire d’un jour nouveau la production lyrique à Londres au XVIIIème siècle. Les admirateurs de Haendel connaissent tous la situation délicate dans laquelle le plaça la création de l’Opéra de la Noblesse, qui attira par de meilleurs cachets les chanteurs que le Caro Sassone avait fait venir d’Italie à grand prix : le castrat Senesino, la Cuzzoni, la basse Montagnana.
Une douceur rare (Laudarium : chants de dévotion populaire en Italie au XIVe siècle – Arcana)
Ce coffret regroupe deux disques consacrés à laudes : le premier concerne des chants de dévotion mariale, pratiqués en Italie au XIVème siècle par des membres de confréries laïques, indépendamment de la liturgie ecclésiastique, et le second, laudes directement tirées ou non de la Legenda Sanctorium appelée également la Legenda Aurea…
“Une forte tête” : entretien avec Jérôme Correas et Sandrine Piau autour de Rameau
Quel est leur Rameau ? Sandrine Piau et Jérôme Correas nous reçoivent pour un entretien ensoleillé pour leur deuxième récital consacré au compositeur. Comme le dit le chef des Paladins : “c’est une forte tête, c’est un mauvais caractère très affirmé. C’est quelqu’un qui sait ce qu’il veut. C’est quelqu’un qui a beaucoup de fantaisie et de facétie derrière un masque un peu austère ou autoritaire…”
Au pays des moulins… (Bodin de Boismortier, Don Quichotte chez la Duchesse, Le Concert Spirituel – Opéra-théâtre de Metz Métropole, 18/01/2015)
En ces temps où le monde semble marcher sur la tête, l’humour et le rire sont des remèdes qui soignent l’esprit et l’âme. La nouvelle production de l’Opéra-Théâtre de Metz Métropole, en coproduction avec l’Opéra Royal – Château de Versailles Spectacles, en est le parfait exemple.
Plaisirs d’une malédiction (Mozart, Idomeneo – Montpellier, 08/01/2015)
En novembre 1780 Mozart, âgé de vingt-quatre ans, quitte à nouveau Salzbourg. Rentré en 1779 de son long voyage en Europe, il n’a cessé d’y subir les reproches de son père, qui a attribué à sa négligence la mort de sa mère à Paris. Il échappe ainsi momentanément à ce dernier…
“Quand je chante un rôle, je plonge allègrement dans son atmosphère” : rencontre avec Karina Gauvin, soprano
On aime bien classer les artistes dans une catégorie. C’est vrai que j’ai eu de multiples occasions d’interpréter des rôles baroques, notamment parce que ce mouvement musical s’est beaucoup développé en Europe. On ne décide pas de tout dans une carrière, elle se fait aussi au gré des circonstances.
“Aspirer à la liberté !” (Haendel, Récital Karina Gauvin – Salle Gaveau, 14/01/15)
Le 14 janvier dernier, lors d’une soirée consacrée à Haendel, le public parisien écoutait la soprano québécoise Karina Gauvin, et découvrait un nouvel ensemble de musique baroque, le Concert de la Loge Olympique, fondé par Julien Chauvin, issu du Cercle de l’Harmonie (co-fondé avec Jérémie Rhorer) dont voici le concert inaugural…
Les couleurs du drame (Mozart, Desperate Heroïnes, Sandrine Piau – Naïve)
On ne présente plus à nos fidèles internautes Sandrine Piau et son remarquable talent dans les rôles de la tragédie lyrique française – dont elle témoignait admirablement il y a encore quelques semaines à Versailles, dans le rôle de Zélidie pour le Zaïs de Rameau.
Acte de foi ? (Bach, Oratorio de Noël, Les Talens Lyriques – TCE, 20/12/2014)
Les fêtes de fin d’année sont l’occasion chaque année de mettre Bach à l’honneur, qu’il s’agisse de la famille Bach, des Passions ou de son Oratorio de Noël qui fait l’objet de cet article.
Confort et ingéniosité (18e, aux sources du design 1650-1790 – Château de Versailles d’octobre 2014 à février 2015)
La grande qualité des pièces présentées au Château de Versailles lors des expositions temporaires n’est plus à souligner. A contempler les meubles réunis et le soin apporté à les mettre en valeur pour ce 18e/ Aux sources du design, on a toutefois le sentiment que l’institution s’est une fois encore surpassée. La présentation du grand bureau à cylindre de Louis XV par Oeben et Riesener (1760-1769) est exemplaire à cet égard.
Petits trésors (Pouget, Les Mots de la Monnaie – Mardaga)
L’arrivée de l’opéra italien dans la capitale flamande suit de près son succès à Paris et dans les autres grandes villes d’Europe. En février 1650 est donné devant la Cour Ulisse all’isola di Circe de Zamponi. Il faudra toutefois attendre 1681 et l’installation d’une troupe italienne dans un entrepôt du Quai au Foin transformé en salle de spectacles pour que soient données les premières représentations publiques.
Les Jardins de Bomarzo
La narration des pérégrinations italiennes est un genre en soit, qui du Journal de Voyage de Michel de Montaigne (1581) au magnifique Voyage du Condottiere d’André Suares (1932) donna une longue suite de pages cultivées et brillantes, ou plus tristement cultivées, ennuyeuses et antisémites, à l’exemple des Sensations d’Italie de Paul Bourget (1891). Si les XVIIIe et XIXe siècles constituent un âge d’or des récits sur ce passage obligé de la noblesse et de la bourgeoisie européenne, il semble qu’aucun de ces auteurs ne décrive le joyau sculptural et le défi à la raison constitué par les jardins de Bomarzo.
La revanche des effacés… (Haendel, Heroes from the shadows – Nathalie Stutzmann, Orfeo 55 – Erato)
Bien longtemps chassés, effacés de nos mémoires par les tenants du rôle titre, les seconds rôles, ces fameux Héros de l’ombre ne méritent pas pour autant d’être négligés, jetés dans les abysses de l’oubli. Nathalie Stutzmann, en tant que contre-alto et chef, leur rend un étincelant hommage en enregistrant ce cd en partenariat avec Erato – Warner Classics.
Conversation intime (Rameau, Pièces de Clavecin en concerts – Les Timbres – Flora, 2014)
De ces pièces de genre évoquant, un lieu, une personnage ou un caractère, selon un investissement d’une belle fraîcheur, Les Timbres en font une conversation intime, proche de la confidence avec la maîtrise d’une maturité déjà bien établie. Ils parcourent cette galerie de portraits à la fois familiers et étonnants…
“Deh, se piacer mi vuoi” (Mozart, La Clémence de Titus – Le Cercle de l’Harmonie, Rhorer – TCE, 12/12/2014)
Le Théâtre des Champs-Elysées nous proposait en cette fin d’année une lecture très attendue, mise en scène par Denis Podalydès, avec des décors d’Eric Ruf et des costumes de Christian Lacroix. Celle-ci est plutôt convaincante au plan esthétique : les grandes cloisons d’acajou qui divisent la scène forment un bel écrin, qui évoque immanquablement un palace des années 30, et Christian Lacroix jongle habilement…
Vivaldi & Corelli : goûts réunis en coffret (Gli Incogniti, Amandine Beyer, Zig-Zag Territoires)
Les trois séries de concertos publiées respectivement en 2008 (les Quatre Saisons), 2012 (Nuova Stagioneen 2013 (Concerti Grossi) sont regroupées ici en un coffret de 4 CD, sous la thématique de Vivaldi et Corelli. Rien de plus réjouissant que de pouvoir écouter, concentrées, ces magnifiques musiques avec l’une des interprétations qui existent en enregistrement.
Lumières de Noël… (Haendel, Messie, Orfeo 55 & Le Choeur de Chambre de Namur, Stutzmann – Metz, 12/12/2014)
A quelques jours de la fête de Noël, Nathalie Stutzmann à la tête de son ensemble Orfeo 55 et du Chœur de Chambre de Namur, offre aux Lorrains un magnifique cadeau dans le cadre des Noëls de Moselle, Le Messie d’Haendel.
Rameau s’expose à l’Opéra Garnier
Aujourd’hui, s’ouvrait à Paris la troisième exposition organisée dans le cadre du 250ème anniversaire de Jean-Philippe Rameau (1683-1764). Elle vient compléter les deux précédentes – celle de la bibliothèque municipale de Versailles (encore visible jusqu’au 5 janvier 2015) et celle aux Archives municipales de Dijon – en abordant l’oeuvre lyrique du compositeur.
