Sons et lumières
Le titre est joliment choisi, la jaquette superbe, puisqu’on reconnaît Les Musiciens du Caravage, exposé au Met de New York. Pourtant, cette sélection de sonates, madrigaux ou canzoni porte mal son nom puisqu’on y trouvera plus de lumière que d’ombre, plus de couleurs que d’obscurité.
Québec, je me souviens
Non, la Virginie n’a jamais été française, et ce disque ne chante pas les louanges de l’état aujourd’hui américain baptisé en l’honneur de la reine Elisabeth première — la Virginie du titre étant simplement une belle à laquelle un marin fait ses adieux dans une des pistes de l’album.
Tarantelles, Gagaku, Kabuki, istanpite et berceuses…
Prévenus par la rédaction en chef au début du mois qu’en choisissant de s’intéresser à Mediterranea, nous ne serions pas confrontés à une musique qui nous était familière, nous avons témérairement fait fi des avertissements. Et en effet, dès les premières notes de ce nouvel enregistrement d’Alla Francesca, nos oreilles intriguées ont été très surprises.
Une âme caressante
De cet enregistrement, l’on retiendra une vision éminemment personnelle, un souffle langoureux et sensuel. Loin de la clarté et de l’aisance mélodique un peu précieuse de ces pièces, Josetxu Obregón privilégie le frottement moelleux des cordes, usant et abusant des positions basses…
Balade sur la mer salée
Voilà un disque qui rappelle la collection Les Chants de la Terre de chez Alpha, un disque où l’auditeur oublie rapidement la distance temporelle avec ces chansons du XIIème siècle pour se concentrer sur les rythmes entraînants et les paysages qui défilent.
Un bal démasqué
Voilà encore un compositeur bien énigmatique qui pourrait aisément prétendre au Panthéon des illustres inconnus peuplant la sphère musicale du XVIIe siècle. Bartolomé de Selma y Salaverde naquit en Espagne à la fin du XVIe siècle, d’un père musicien à la Chapelle royale ; l’on ne possède en vérité que bien peu d’informations au sujet de sa formation et savons seulement qu’il voyageait entre les chapelles autrichiennes (Cour de Habsbourg) et Venise où il côtoya probablement Monteverdi, Dario Castello ou encore Biagio Marini.
“D’un sonet vau pensan” (“Jai une chanson en tête”)
C’est un CD qui parle, qui raconte, qui décrit. Qui relate la rencontre de deux mondes tous deux nimbés de mystère et d’encens. De deux civilisations séparées par le Bosphore et ses eaux sombres. C’est aussi un parfum et un toucher de XVIème siècle que nous livre Doulce Mémoire, à travers une évocation presque physique, tout autant olfactive et tactile que musicale…
“On oublie toujours ceux qui vous ont fait du bien” Debureau, Sacha Guitry
Les passionnés de musique baroque ont souvent l’esprit entreprenant de l’archéologue. C’est parfois sous les noms les plus méconnus que se trouvent les trésors enfouis, les perles cachées de l’art baroque. Il est fréquent d’être surpris, à l’écoute de ces musiques oubliées…
“On désire savoir ce qu’est devenu Monsieur du Phly, ancien maître de clavecin à Paris, où il était en 1767.”
Il y a d’abord un lieu magique, le Château d’Assas et son instrument hanté par le regretté Scott Ross… Il y a ensuite un compositeur, souvent un peu méprisé car classé dans la catégorie des petits maîtres post-couperiniens, relégué avec les Balbastre, Boismortier et autres Pancrace Royer
En tournant les pages du cahier…
Un nouveau label créé pour l’occasion, un digipack épais, manuscrit, presque artisanal. Haendel au piano. Encore. On met le disque sur la platine, presque à regret devant ce nouvel outrage fait à notre clavecin chéri pour goûter la sensualité d’une caresse, la douceur satinée d’un toucher qui prend son temps…
"Man muss lernen, was zu lernen ist, und dann seinen eigenen Weg gehen" (Haendel)
Voici un digipack soigné, un peu coûteurx, orné d’une belle photographie dépliante où l’interprète sourit humblement adossée aux superbes rayonnages d’une vieille bibliothèque aux reliures d’époque. Une interprète qui joue les 16 Suites pour clavecin du Caro Sassonne sur un gros Steinway.
Des concerti dégrossis
Nous voilà gâtés. Pratiquement au même moment, l’Opus 6 de Haendel fait l’objet de deux enregistrements on ne peut plus différents, et de très haut niveau. Disons-le tout net, si la prestation survitaminée d’Il Giardino Armonico (Decca) ne nous avait à ce point enthousiasmé, Martin Gester aurait obtenu une Muse d’Or…
Pas si Léger ! (Haendel, Motetti e sonate da chiesa – RosaSolis – Musica Ficta)
Voici une facette moins connue de Haendel, un Haendel italien autour des années 1707 (sauf les sonates de l’opus 5 londonien), intime, avec des arabesques tant violinistiques que vocale. Pourtant, l’enregistrement se lève du pied gauche : dès les premiers traits de violon du Gloria, Rosasolis étale un son incisif, presque grinçant, relativement sec.
Laisser-faire, laisser-aller !
On retrouve dans ce premier volume des 3 parutions du nouveau Label Hérisson David Walter au hautbois, dont le jeu élégant et racé avait déjà pu être apprécié par notre consœur et amie Katarina Privlova qui en avait toutefois stigmatisé l’insoutenable légèreté chez Telemann (Label Hérisson).
Une heureuse résurrection de jeunesse
Dès l’âge de 18 ans, Haendel quitta sa ville natale de Halle pour Hambourg, où ses premiers opéras connurent quelques succès. Loin de s’en contenter, il entreprit rapidement un voyage vers l’Italie, terre d’élection du chant lyrique. Il séjourna notamment à Rome, où il bénéficia de l’appui de plusieurs cardinaux et du prince Ruspoli.
"La musique […] est ce que l’océan des nuées est à l’océan des ondes" (Victor Hugo)
Le Passage de la Mer Rouge, est en fait l’enregistrement d’un concert qui a été donné par l’ensemble le Tendre Amour, lors du festival International de Musique de Sarrebourg durant l’été 2009. Cet ensemble basé à Barcelone, mais dont les musiciens sont issus des 4 coins du monde, et qui doivent leur nom à une des thématiques préférés du règne de Louis XIV, ont composé ici un programme représentant l’âge d’or de la cantate spirituelle française.
Une Résurrection au souffle de vie
C’est pendant son séjour à Rome et sous la généreuse protection du marquis Ruspoli que le Caro Sassone composa cet oratorio. La création le dimanche de Pâques 1708 donna lieu à une mise en scène digne d’un opéra, avec des décors peints, et un orchestre de dimensions exceptionnelles pour l’époque (vingt et un violons, soit plus de quarante-cinq musiciens au total).
Crème chantilly
Qu’est-ce que le csákan ou flûte-canne ? Tout simplement ce que devient la flûte à bec au XIXème siècle : comme la flûte traversière, l’instrument se dote de clefs, mais son mode d’émission du son reste le même.
Un Salon de Musique tout en brocard, dentelles et satin
La France ne déroge décidément point à sa réputation d’inconstance légère, de versatilité surprenante et de revirements anté-chroniques. Marie-Antoinette, toute jeune mariée et dauphine de France, adorée et encensée malgré un comportement d’oiselle frivole…
“Noël sous les Tropiques”
Nous voici heureux privilégiés à écouter en avant-première cet enregistrement dont la parution est prévue début novembre. Et si à la simple évocation de Rio de Janeiro l’on songe aux cocotiers, à la samba bien peu baroque, au Carnaval de Février et aux luxuriants couchers de soleil…
