Un Orient baroque à souhait
Mozart composa à 14 ans son premier opera seria, Mitridate. Créée au Regio Ducal Teatro de Milan le 26 décembre 1770 lors du carnaval, l’œuvre connut immédiatement le succès avec 21 représentations.
L’un des rares disques consacrés au clavicorde
On ne juge pas un livre à la couverture, et un disque non plus. Derrière une pochette dont on serait tenté de dire que nous la trouvons presque hideuse, Mathieu Dupouy, claveciniste et fondateur du label Hérisson nous offre un programme intéressant, interprété avec beaucoup de sensibilité…
"Mortels dieux, révérez la divine harmonie"
Il a déjà été prouvé plusieurs fois que Bach ne pouvait assurément pas être humain, mais en réalité une incarnation de la musique ; nous ne nous attarderons donc pas à démontrer ce dernier point, pour davantage nous concentrer sur le quatrième tome des Concerts avec plusieurs instruments qu’Alpha et le Café Zimmermann consacrent au divin Cantor…
Magnificat !
On ne présentera plus les protagonistes de ce disque, ni Philippe Pierlot qui ne manque pas de nous enchanter, qu’il soit à la viole ou bien à la baguette, ni le Magnificat, et encore moins son compositeur, qui commence à avoir sa petite réputation dans le milieu, tous des individus très fréquentables, que votre dévoué serviteur ne se lasse toujours pas de louer inlassablement dans ses papiers verts.
Des agréments qui nous agréent
Riche et copieuse, la musique de Jean-Henry d’Anglebert est d’une confondante légèreté, tout en ornements, en agréments. Jamais virtuose à l’excès, souvent d’une densité machiavélique, elle sait nous enchanter très vite. Et il en va de même pour l’interprétation que donne Laurent Stewart de ces trois Suites pour clavecin…
Tendres facéties vénitiennes
Comme il est loin le pesant Adagio en sol mineur qui vous écrase de la fatalité du monde et dont la simple audition des premières notes ne peut que vous arracher un profond soupir auquel s’ajoutent parfois quelques sanglots ! C’est pourtant lui qui nous vient à l’oreille aussitôt que l’on entend le nom d’Albinoni
Sei getreu !
Ce voyage, c’est celui d’un quatuor de solistes d’exception. Françoise Lasserre a choisi comme fil directeur de ce programme le motif de la chaconne, le fameux tétracorde descendant reposant sur quelques notes d’un thème répété, avec parfois une utilisation envoûtante en basse obstinée.
Un genre musical propre à l’éducation esthétique des dames…
… Voici le jugement, légèrement condescendant, que posait sur les œuvres de Tomaso Albinoni la plupart de ses contemporains. Il est vrai que, n’ayant ni le talent, ni la flamboyance, ni peut-être le goût du faste, des honneurs et des mondanités que Vivaldi ou Geminiani, celui qui se décrivait lui-même comme un simple dilettante veneto de musico di violino poursuivit une carrière discrète…
Une jeune fillette…
Ce Concert des violes a pour objectif de nous dévoiler une “anthologie du répertoire destiné aux ensembles de violes en France” de la fin du XVIème siècle à l’ultime opus qui leur est explicitement dédié, le Concert pour quatre parties de violes de Charpentier. Loin de l’idée reçue du consort de violes typiquement élisabethain, et de la musique pour viole française réduite à François Couperin, Monsieur de Sainte-Colombe, Marin Marais et Antoine Forqueray, Andrea De Carlo a cherché à puiser dans le répertoire instrumental du Grand Siècle, dans les danses et fantaisies…
Un drame inexorable
Cette nouvelle version en DVD du Didon et Enée de Purcell est résolument placée sous le signe du drame. Point ici d’effort d’imagination pour tenter de reconstituer, comme récemment dans l’enregistrement de William Christie à l’Opéra Comique, le prologue perdu : dès les premières mesures de l’ouverture, et jusqu’au final, la vis tragica constitue le ressort de la direction impérieuse de Christopher Hogwood, dont la théâtralité s’est renforcée depuis la version de 1994 avec la Belinda rêveuse d’Emma Kirkby (Decca / L’Oiseau-lyre).
D’amour et de mort (Didon & Enée – Les Arts Florissants, Christie, DVD Fra Musica)
Didon et Enée est à la fois l’un des plus connus et l’un des plus mystérieux opéras du répertoire baroque. La force de sa musique et l’intensité concise du drame ont fait sa renommée. Mais les circonstances de sa création (en décembre 1689 à la Boarding School for Girls de Londres, pensionnat de jeunes filles) demeurent incertaines.
Orfeo ou la régénération (Monteverdi, Orfeo, Les Arts Florissants, Christie – DVD Dynamic)
Inscrit à l’origine de la musique occidentale, le symbolisme de la gamme est la base de toute représentation musicale. L’Orfeo de Monteverdi, alpha de la musique représentative moderne, jongle avec les symboles qui ont été expliqués par Chailley et Viret dans leur thèse. La gamme musicale telle que nous la connaissons est inspirée par un hymne latin carolingien de Paul Warnefriend pour Saint Jean-Baptiste, Ut Quaent Laxis.
Rendez-moi Ledroit
Avec ce CD s’achève la réédition des enregistrements d’Henri Ledroit chez Ricercar, et cette critique est presque inutile, car elle ne sera pas lue. En effet, les admirateurs du regretté contre-ténor se jetteront sur cette nouvelle parution – à moins qu’ils ne possèdent déjà ces pièces dans d’autres anciennes éditions – sans se poser plus d’interrogations.
En voilà un qui ne manque pas d’air !
Pour les baroqueux que nous sommes, voici un disque qui, de prime abord, attire la méfiance : une jaquette accrocheuse, un titre aguicheur, un artiste confirmé mais point nourri du sérail des cordes en boyaux depuis sa plus tendre enfance. Ajoutons à ces éléments suspects la présence de tubes, avec l’air de la Suite pour orchestre n°3 de Bach, le Canon de Pachelbel (mais bien complet car flanqué de sa Gigue) une transcription pour violon de la Sarabande de Haendel, désormais célèbre depuis le non moins fameux Barry Lindon…
“Personne, me semble-t-il, / N’accorde de valeur à aucun don de Nature, / Pour valable qu’il soit, / S’il ne se trouve coloré / Par l’obscure et ténébreuse clarté de Fortune”
Tout à la fois poète des notes et musicien des mots, Guillaume de Machaut écrivit, au cours du XIVe siècle déclinant, plus de deux-cent Balades dans lesquelles il raconte ses joies et peines de cœur. La Balade trouve son origine dans les chants de trouvères du Haut Moyen-âge, et sans doute dans le verbe latin ballare, devenu danser aujourd’hui…
La beauté, source de vie
Il canto d’Orfeo nous mène aux sources du baroque, aux sources de l’opéra. La voix que cet enregistrement nous fait entendre est celle qui chante les amours perdus, mais qui ne meurt jamais, tant que la lyre vibre à l’unisson du monde… Mais si la lyre devenait muette qu’adviendrait-il ?
Les pédales sur terre et la tête dans les étoiles
Ach, Teufel, voici Bach au piano. On tempête, on s’émeut, on réclame l’orgue et le clavecin à cor et à cri. Mais le cor se bouche et le cri s’éteint devant l’interprétation profonde d’Edna Stern qui sait extraire de son piano anonyme (le facteur n’est pas précisé) un son d’une intense plénitude sonore qui n’a d’égale que la cohésion programmatique des pièces et l’enchaînement bien pensé des tonalités.
De l’art du Madrigal, au féminin
Formée par les soins de Francesco Cavalli, Barbara Strozzi grandit en la république de Venise et prit part dès sa jeunesse à l’activité musicale de la cité. Son père, Giulio Strozzi, fut un des poètes les plus apprécié de son temps – Monteverdi lui commanda deux livrets d’opéra – et fonda en 1637 une académie rattachée à la plus célèbre Accademia degli Incogniti.
Que l’encens et les jeux rendent hommage à la déesse !
Derrière le titre de Dom Quichotte (orthographié à la française) donné à cet enregistrement se cache un programme hétéroclite et unifié par deux caractéristiques : le français et le comique…
“Qual alto concento d’angelico accento consiglia a gioir?”
Parmi ses nombreuses cantates, Alessandro Stradella semble n’en avoir signé que deux pour la Nativité, qui sont réunis sur ce disque d’une rare délicatesse : non pas une délicatesse morbide et superficielle, mais une délicatesse tendre et suave, qui enveloppe tout l’enregistrement.
