Pont de Mai !
Oui Mai… Mai sera l’occasion d’un édito futile, de ceux qui sentent bon le muguet et les ponts. Alors, par association d’idées, nous avons cherché un opéra baroque traitant du muguet et des travailleurs. Peine perdue au milieu de charmants boccages et nymphes gracieuses. Et puis, nous nous sommes souvenus du Pont haendélien, du fameux HW 40 souvent réduit au chant d’amour à un arbre, de cette œuvre au livret inspiré de celui de Stampiglia pour Bononcini et dont le nouveau librettiste écrivit sèchement
Poison d'Avril
La nouvelle était déjà connue depuis décembre, mais elle est désormais visible, palpable, concrète comme les feuillets imprimés en offset qui composent la revue. Le paysage de la presse écrite dédiée à la musique classique s’est encore une fois rétréci. Classica, après avoir englouti Répertoire début 2004, a désormais conquis le Monde de la Musique. Ne resterons alors plus que Diapason avec plus de 300 100 exemplaires tirés, et le nouveau Classica-Répertoire (26 300 exemplaires avant le rachat du MM). Dans un contexte où la presse écrite spécialisée se porte comme elle le peut, alors même que le remarquable Goldberg (dont nous sommes des fans inconditionnels), après avoir arrêté son édition française, a dû maintenant suspendre sa version papier depuis décembre dernier, l’éditorial de ce mois est l’occasion de jeter un regard nostalgique, plein de regrets, sur ces titres éteints.
Foire aux Questions
Voici quelques débuts de réponses à vos interrogations les plus fréquentes et les plus impertinentes, que nous avons retranscrites “dans leur jus”. Cette rubrique continuera d’être enrichie au fil de votre curiosité et des améliorations graphiques et techniques apportées au site.
Coïncidences
Peut-être avez-vous d’ores et déjà la tête dans les étoiles pour ce numéro dédié non au Dieu de la Guerre mais à la Planète Rouge. Et comme le dit avec une élégance surannée le Dictionnaire de l’Académie dans son édition de 1694, l’éditorial du mois, cela vient comme Mars en Caresme… Car février est passé bien vite, comme une double-croche plume au vent, dévalant la portée d’une écriture légère. Nous avons profité de ce mois amputé pour engager quelques nouvelles améliorations à l’architecture du site…
Baroque désœuvré
Ce soir, nous regardions la télévision. Car, nous aussi – et malgré l’étonnement de nos lecteurs qui nous imaginent enfermés dans la tour d’ivoire dans laquelle nous dépoussiérons des 33 tours de Gustav Leonhardt – nous possédons cette boîte diabolique, temple de la religion cathodique, à l’éclat insaisissable et au financement problématique (mais ne nous égarons point sur un débat qui n’est pas le nôtre). Donc, ce soir, nous regardions la télévision.
Il Caro Sassone
Avant toute chose, toute l’équipe de Muse Baroque se joint à moi pour vous adresser nos plus chaleureux vœux pour cette nouvelle année 2009 qui commence dans la froidure affreuse de gouffres ouverts (notez les allitérations maladroites) mais qui, nous en sommes sûr, se poursuivra sous des auspices plus favorables. Que cette année nouvelle soit pour vous celle des découvertes musicales, des concerts enivrants desquels on ressort le cœur gonflé d’une triomphante ardeur en sifflotant jusqu’à l’aube, des enregistrements fétiches que l’on dépoussière régulièrement dans sa discothèque et que l’on écoute à satiété jusqu’à la crise de nerf du conjoint…
Réflexions sur nos galettes baroques
Décembre, les glaces et les frimas, la bousculade et les cadeaux… Vous vous attendez sans doute, chers lecteurs mélomanes, à un éditorial festif, léger, lutinant les chocolats en forme de clefs de sol. A quelques considérations piquantes, quelques anecdotes historiques contées au débotté, quelques saillies spirituelles sur les clavecinistes s’emmêlant les inexistantes pédales. Eh bien non. .
"Il n'y a plus de Pyrenées"
Le mois de novembre est l’occasion de célébrer un des grands évènements du règne de Louis XIV, qui plongea le royaume dans les affres de la guerre de Succession d’Espagne, tandis que les coalisés rêvaient de brûler Versailles. C’est en effet le 16 novembre 1700, qu’après de nombreuses réflexions, le Roi-Soleil décida d’accepter officiellement le testament de Charles II d’Espagne, mort prématurément à l’âge de 39 ans, sans enfants. Le moribond de naissance offrait les couronnes d’Espagne au Duc d’Anjou, petit-fils de Louis XIV, son petit neveu et petit fils de sa sœur Marie-Thérèse….
L’Apothéose de Lully
Voici une édition un peu particulière de Muse Baroque puisque le numéro de ce mois-ci fait la part belle à Lully (le titre de l’éditorial fait référence à l’œuvre que Couperin dédia à sa mémoire). Il faut dire que l’occasion était trop belle pour qu’on la laisse s’échapper. Songez donc, ô lecteurs, à l’étrange conjonction des astres qui décida de la coïncidence de trois évènements consacrés à des tragédies lyriques de celui qu’on surnomma Baptiste et dont l’ombre imposante plana longtemps après sa disparition sur l’Académie Royale de Musique…
En Septembre, écoute ce que bon te semble…
Voilà venir la fin inexorable des vacances, et la perspective souvent peu réjouissante de la rentrée. Peu réjouissante ? Rien n’est moins sûr. Glissons ensemble un œil las et cursif sur les programmes des salles de concert afin de nous convaincre du contraire, un verre de cognac à la main…
Sous la dure saison…
Voici le dur été vivaldien. Un été lourd et pesant, où les corps exsangues, bousculés par un soleil ardent, ne trouvent le repos que dans l’effondrement et l’affliction. La nature se réjouit, heureuse de poursuivre ce cycle des saisons et de laisser les oiseaux renouer avec leurs chants, des innocents moineaux au redoutables mouches. Mais pas l’homme. Car, à la relecture de ce sonnet soi-disant attribué à Vivaldi, il semblerait que l’été ne soit pas la saison favorite du Prêtre roux…
Joyeux Anniversaire, Monsieur Leonhardt !
80 ans déjà ! Le 30 mai dernier, le “Pape de la musique baroque”, comme certains le surnomment, soufflait ses 80 bougies. Et le secret de sa longévité réside peut-être dans son élégante distinction, son sourire discret, son clavier bien tempéré. Pionnier du renouveau de la musique baroque voici près de 50 ans, aux côtés de Nikolaus Harnoncourt et des frères Kuijken, Gustav Leonhardt a su redonner au clavecin ses lettres de noblesse…
Mai à Versailles
Mai. Que voilà un excellent mois, rempli de fêtes et d’ouvrages d’art (nous parlons par exemple des ponts). Mai, c’est la fête du travail, la Pentecôte, la capitulation inconditionnelle de l’Allemagne nazie, la journée de l’Europe… Et si le 6 mai était férié ? En quel honneur, me rétorquerez-vous. Se doit-on de fêter la naissance du timbre poste en 1840 de l’autre côté de la Manche ou encore l’assassinat de Paul Doumer ?
Dov'è Catarina ?
Dans l’église des Carmes se trouve un mausolée. C’est celui d’une jeune fille. Météore brûlant irradiant un trop bref instant l’orbite musicale de sa course effrénée, la chanteuse s’est consumée. Elle avait à peine 18 ans. Et voici 400 ans presque précisément qu’Ariane a perdu son fil. Certains lecteurs l’auront déjà reconnue. Pour les autres, nous continuons notre hommage sinueux, remuant les brumes italiennes en distillant d’autres indices supplémentaires…
Bach se fait tirer le portrait
A quoi ressemblait vraiment Jean-Sébastien Bach ? Pour les férus de haute technologie, et de séries policières américaines, la réponse est à Eisenach. Pour les autres, les traditionnels tableaux et les nombreuses controverses sur leur attribution suffiront. En effet, le 21 mars prochain, dans sa ville natale et pour les 323 ans de sa naissance, le musée d’Eisenach exposera un moulage en plâtre de la tête de l’auguste compositeur. Un simple moulage, me direz-vous ?
Cadmus & Hermione : un coup d’essai, un coup Dumestre !
Le duo Benjamin Lazar et Vincent Dumestre a encore frappé. Et il frappe fort. Prononciation restituée, gestuelle ultra codifiée, costumes et décors inspirés de Bérain et Vigarani, éclairage à la bougie, machineries diaboliques propulsant les dieux, instruments d’époque bien entendu. N’en jetez plus, la cour est pleine ! Ce 21 janvier dernier – anniversaire de la décapitation de Louis XVI d’ailleurs – l’Opéra Comique accueillait sa dernière-née, la tragédie lyrique…
Que 2008 soit baroque !
Que 2008 soit pour vous une année baroque, une année faste, une année vibrante et passionnée, pleine de surprises et de découvertes, de grands bonheurs et de petits plaisirs. Une année emperruquée mais sincère, une année de celles qui se savourent comme un vieux cru et passent le temps d’un baiser. Une année virevoltante de basse continue, cliquetante comme un bon clavecin, ronde comme basson, perçante comme un clarino, truculente comme un hautbois, douce comme un traverso, rêveuse comme une viole, caressante comme une soprano…
Joyeux noël !
Fidèles à notre tradition taquine de fin d’année, nous avons métamorphosé notre statue de marbre pour une Muse plus espiègle… Que les esprits cromwelliens n’en soient pas choqués, la Muse Baroque retrouvera sa parure antique le mois prochain. Pour ce numéro de Noël, nous tendons d’abord une main secourable aux lecteurs qui cherchent désespérément l’inspiration pour leurs cadeaux de Noël 2007…
Tristes apprêts, pâles flambeaux
Voici novembre, son cortège de froid et de frimas, que précède la Fête des Morts. Et l’on pense d’abord à un grand compositeur, à ses basses obstinées, ground en anglais. Ground, comme le sol qui ensevelit la Reine de Carthage abandonnée à la fin de Didon et Enée, son seul véritable opéra. Dean’s Yard. Il a seulement 36 ans. Ou plutôt il les avait. En effet, en ce 21 novembre de l’an 1695, l’organiste de la Chapelle Royale et de l’Abbaye de Westminster s’est éteint de maladie…
Le Baroque a t-il droit de Cité ?
La Cité de l’Architecture et du Patrimoine vient d’ouvrir ses portes, à Paris. Perchée sur la colline de Chaillot, abritée dans le Palais du même nom et son imposante façade surmontée de citations de Paul Valery, le mastodonte offre au public un voyage à travers l’histoire des monuments français. Il faut saluer les efforts des Viollet-le-Duc, Camille Enlart et autres Paul Deschamps sans lesquels nous ne pourrions admirer ces moulages colossaux de tympans romans, ces chapiteaux et ces fresques que la main du temps a usé de ses caresses assassines…
