Un nouvel horizon ? (Vivaldi, Pieta, Jaroussky, Ensemble Artaserse – Erato)
La voix de contre-ténor suscite bien des questions. Elle peut émouvoir et troubler mais elle peut aussi heurter et surprendre. Voix fascinante par excellence, elle entretient ou fait entretenir dans l’esprit humain le mystère et surtout les fantasmes…
Rameau & Mondonville (Les Passions – Festival baroque de Pontoise, 19/10/2014)
Ce dimanche 19 octobre, en clôture de la 29ème édition, l’ensemble Les Passions, au meilleur de leur forme, sous la direction de Jean-Marc Andrieu a offert au public venu nombreux dans la belle cathédrale Saint-Maclou qui couronne la ville, un programme de musique sacrée d’une haute tenue consacré aux Grands Motets versaillais de Jean-Philippe Rameau (1683-1764) et de Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville (1711-1772).
Un chef-d’œuvre en devenir (Hasse, Siroe, Re di Persia, Armonia Atenea, Petrou – Decca)
Après le succès de la tournée Rokoko aboutie par l’enregistrement du même nom, Max Emanuel Cencic se tourne à nouveau vers le maître incontesté de l’opera seria Johann Adolf Hasse (1699-1783), le Cher Saxon. Ce compositeur plus que prolifique, puisqu’il n’écrit pas moins de 56 opéras interprétés par les plus grands chanteurs de l’époque, de Farinelli à Faustina Bordoni, qu’il épousa.
“Rien d’impossible à un homme qui veut travailler” (Brossard, Charpentiers – Les Voyageurs, Alexis Knaus)
Revendiquant son extraction normande, l’ensemble Les Voyageurs a voulu honorer sa terre d’attache en consacrant son premier enregistrement à Sébastien de Brossard, originaire de Dompierre. L’ambition de faire entendre les compositions de cet homme avant tout connu pour son Grand Dictionnaire de Musique est louable, autant que celle de mettre au jour un Miserere peu connu de Marc-Antoine Charpentier.
Wiener Blut ! (Caldara, La Concordia dei’Pianeti, La Cetra, Andrea Marcon – Archiv)
Capté en live à Dortmund, cette Azione Teatrale en un acte de Pietro Pariati, mise en musique par Antonio Caldara, sanctionne l’entrée du grand Vénitien dans l’immortalité. En effet avec cette recréation et première mondiale au disque, Archiv/Deutsche Grammophon prend un risque splendide et fait par la même occasion un joli pied de nez à l’innommable lieu commun de la crise du disque classique.
Sous le signe de la tragédie (Rameau, Castor & Pollux, Le Concert d’Astrée, Haïm – Lille, 17/10/2014)
Cette année musicale placée sous le signe du 250ème anniversaire de Rameau a suscité plusieurs productions de son Castor et Pollux, généralement à partir de la seconde version (1754) plus aboutie que celle de 1737. Nous avions chroniqué il y a quelques mois une fort honorable version de concert donnée à Bordeaux par Raphaël Pichon.
L’envers du succès (Rameau, Grands Motets, Les Arts Florissants – Cité de la musique, 02/10/2014)
Dans le domaine friand de fraîcheur et de rareté qu’est celui de la musique ancienne, rares sont les programmes que l’on peut qualifier de grands classiques. C’est pourtant bien ce dont nous fûmes témoins ce soir là. En effet, Les Arts Florissants, ensemble de référence par excellence, sous la houlette de son chef de toujours William Christie, reprenait un programme de Grands Motets de Mondonville et Rameau…
Rameau au Temple de la Gloire (Les Agréments, van Waas – Versailles, 14/10/2014)
En ce frisquet mardi soir d’Octrobre renaissait, sous les ors parmi les plus illustres du monde une œuvre pour le moins injustement méconnue, fruit de la collaboration fertile de deux esprits des plus féconds, pour le premier de la philosophie et de la littérature, pour le second de la musique et de la théorie musicale.
« La vengeance flatte la gloire ; Mais ne console pas l’Amour. » (Rameau, Castor & Pollux, Concert Spirituel, Niquet – TCE, 17/10/2014)
Au terme de cette année Rameau, c’est avec Castor & Pollux qu’Hervé Niquet initie son propre hommage au grand compositeur, hommage qui se poursuivra en novembre par le Gala Rameau. Tragédie éminemment guerrière, dépourvue dans sa version de 1754 de l’usuel prologue politique, elle recèle toute l’exubérance mélodique de Rameau, et déploie dans ses harmonies ce qu’Hervé Niquet n’hésite pas à appeler le summum de l’abstraction.
Flamboyance napolitaine (Franco Fagioli, Alessandro De Marchi, Academia Montis Regalis – Naïve )
Après son inoubliable prestation dans l’Artaserse de Vinci, le contre-ténor Franco Fagioli nous propose une autre incursion dans le répertoire napolitain, à travers des airs de Porpora. A l’exception de la cantate Il ritiro, il s’agit d’extraits d’opéras du compositeur parténopéen, mal connus car rarement enregistrés en intégrale.
Un baroque dépaysant … (Patricia Petibon, “Nouveau Monde” – Deutsche Grammophon)
Après le concert donné en mai dernier à l’Opéra National de Lorraine (NANCY) par l’orchestre baroque de Mexico La Partenope, ce disque se révèle à son écoute tout autant dépaysant, exotique.
Patricia Petibon nous invite à un voyage riche en couleurs mêlant les chants traditionnels aux airs de compositeurs connus tels Rameau, Haendel, Purcell, et de moins connus tels De Nebra ou Le Bailly.
“Je ne suis qu’un passeur d’émotions” : rencontre avec Bruno Le Levreur, contre-ténor & Laurent Carudel, conteur
Bruno Le Levreur : Je chante depuis l’âge de neuf ans et j’ai finalement appris mon métier sans le savoir à la maîtrise de la cathédrale d’Angers. Je n’ai découvert ce timbre de contre-ténor que tardivement, vers 22 ans, et, alors que j’étais en maîtrise de droit, j’ai été pris au centre de musique baroque de Versailles. Aussi, je fais principalement de la musique baroque car j’ai une voix de contre-ténor.
Fulgurant testament (Les Boréades, Les Musiciens du Louvre, Minkowski – Versailles, 05/10/2014)
Compositeur qui s’est consacré tardivement à l’opéra, Rameau a toujours attaché un soin particulier à l’orchestre. Les nombreux intermèdes dansés de la tragédie lyrique lui ont fourni de brillantes occasions de donner aux instruments leur pleine mesure, tandis que les passages chantés tissent une savante composition entre les moyens de la voix et ceux des musiciens.
“Immortal Bach” – Le Concert de l’Hostel Dieu – Lyon, 30/09/2014)
Au cœur de la Presqu’île lyonnaise, la basilique de Saint Martin d’Ainay demeure une des plus belles traces de l’art roman dans la cité …. Sa pierre doucement rosée encadre un chœur tapissé de mosaïques au caractère byzantin, qui se prolonge en voûtes rondes et propres à faire résonner la musique. Mais pas n’importe quelle musique. Etrangement, c’est celle composée au siècle dernier qui fut portée par Le Concert de l’Hostel Dieu de la manière la plus touchante.
Célébrations ! Festival d’Ambronay (week-end du 27/09/2014)
Le troisième et avant-dernier week-end du Festival d’Ambronay fit honneur au thème choisi comme fil de conduite pour la programmation 2014 : Célébrations. Célébration inhérente aux œuvres religieuses comme l’est le Dixit Dominus de Haendel, interprété avec fougue et liesse par les Ghislieri Choir & Consort. Célébration aussi de la jeunesse, avec l’Aura Rilucente, jeune ensemble en résidence au Centre culturel de rencontre.
A la recherche du fil d’Ariane (Canti d’amor, Monteverdi, Athénée-Louis Jouvet, 26/09/2014)
Les musiciens de l’Ensemble du Muziektheater Transparant livrent, sous la baguette de Nicolas Achten, une interprétation sensible des jeux amoureux. Ils respectent les voix, et après un début parfois hésitant, trouvent une unité qui rend avec justesse la pureté des madrigaux.
Caprices… de trublions (A due Cembali, Aline Zylberajch & Martin Gester – K617)
Il est de ces artistes qui s’essaient avec complaisance à une originalité exarcerbée dans les projets qu’ils proposent et dans ce domaine, Aline Zylberajch et Martin Gester, clavecinistes et trublions chevronnés de profession n’en sont pas à leur coup d’essai.
Plaisirs enchantés des Gaules (Lully, Amadis, Choeur de Chambre de Namur – Les Talens Lyriques, Aparte)
Après le succès de Phaéton (1683), Amadis marque une nouvelle étape de la fructueuse collaboration entre Lully et Quinault. Mais le contexte politique a fortement évolué en quelques mois, tandis que les deux compères renouvellent le genre de la tragédie lyrique en plusieurs de ses points fondamentaux. En France la Reine est morte en juillet 1683, et si dès octobre le Roi se remarie secrètement avec Madame de Montespan, il est tenu officiellement d’observer une période de deuil…
