Un plaisir calme et apaisé
Charpentier a écrit plusieurs cycles de leçons de ténèbres, à différentes périodes de sa carrière. Les premières étaient très ornementées, dans la plus pure tradition française, cette tradition même qui sera ensuite rejetée par une partie de l’Église, scandalisée de voir que les églises se muaient quasiment en maisons d’opéra pour l’occasion.
“Parmi les morts, il y en a toujours quelques-uns qui désolent les vivants.”
C’est en ces termes ambigus que Diderot fait parler Jean-François Rameau dans sa Satire Seconde, plus connue aujourd’hui sous le titre de Neveu de Rameau.
“L’amour le plus parfait n’est pas le mariage.” Pierre Corneille, La galerie du palais
Le mariage est une célébration religieuse, cela est entendu. Mais les réjouissances ne se font pas qu’à l’église, et le présent programme mêle des œuvres destinées à l’office — la cantate de Böhm et celle de Johann Sebastian Bach — à d’autres qui évoquent davantage les festivités familiales qui le suivait.
Aix vaut bien une messe !
Voici le dernier volet du voyage entrepris par les Passions après le Requiem puis les Lamentations (Ligia) à travers l’œuvre de Jean Gilles qu’hélas peu d’interprètes explorent avec autant de curiosité et de constance que Jean-Marc Andrieu depuis les incursions d’Hervé Niquet.
A l’école du Caravage
Jusqu’au IVe siècle, les solennités pascales orientaient toute la vie du chrétien, tant la mort et la résurrection du Christ s’inscrivent au cœur même de sa foi. La célébration de l’office des Ténèbres est attestée dès le Ve siècle, et son développement est dès lors resté immuable.
Une exploration magistrale des opéras du Prêtre Roux
Après un récital fort réussi d’airs d’opéras du Prêtre Roux des mezzos Magdalena Kožená (Archiv) ou Vivica Genaux (Virgin), sans compter la controversée Sonia Prina (Naïve) il y a quelques temps, voici un nouveau pendant dans le registre de soprano par Roberta Invernizzi.
Les habsbourgeois…
Pour son premier disque, l’ensemble Stravaganza n’a pas choisi la facilité, avec cette sélection d’œuvres autrichiennes des cours de Vienne et Kremsier dont la liberté formelle et la virtuosité font les délices des mélomanes.
L’éclat et la franchise
Avec Joseph Haydn, nous quittons notre chère esthétique baroque pour entrer en plein dans l’ère de la musique classique. Cette incursion en terre étrangère sera pour la Muse l’occasion de s’intéresser à un compositeur brillant, poly-instrumentiste et fécond en œuvres de tous genres.
“Gott erhalte Franz den Kaiser”
Il y a des disques qu’on attend avec peu de patience. Après un très bel enregistrement de clavicorde consacré à Carl Philipp Emmanuel Bach (Hérisson), nous avions hâte d’entendre ce que nous réserverait Mathieu Dupouy avec ce Haydn au pianoforte. Une fois de plus, c’est dans un univers poétique très imagé qu’il nous convie.
Maubeuge, terreau de musiciens (suite)
Durant la première moitié du XVIIIe siècle, cette ville de notre actuel Nord-Pas-de-Calais apparaissait comme un pôle majeur de l’enseignement musical du nord de la France. Le célèbre compositeur Joseph Gossec (1734-1829), codirecteur du fameux Concert Spirituel en 1773, s’y rendit en effet pour étudier le violon.
Des cordes bien sympathiques
175, c’est le nombre d’œuvres pour baryton à cordes que l’infatigable Haydn composa au service du Prince Nicolas 1er Esterhazy violoncelliste, gambiste et barytoniste. Cet instrument au nom et à la sonorité poétiques, qui se répandit surtout entre Hambourg et Vienne, est en fait une sorte de viole de gambe…
“Aussi l’ai-je tenté, mais tentative nulle Ce… nouveau-né, Madame, est un petit… Hercule.” (Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, III, 7)
Après la magistrale biographie de Benoît Dratwicki consacrée à Antoine Dauvergne, compositeur et dirigeant incontournable de l’Académie Royale de Musique dans la seconde moitié du XVIIIème siècle, nous étions quelque peu impatients de connaître de plus près son oeuvre, tombée dans l’oubli scénique et discographique.
Le chant des sirènes (“Bach dramas” – L. Garcia Alarcon – Ambronay ed.)
Lorsque le pas effréné des touristes curieux se pressent dans la Thomaskirche de Leipzig, ils doutent parfois que ce lieu presque kitsch par ses colonnes palmées et rougeâtres fut le siège des plus solennelles cantates du Cantor marmoréen. Et si l’on y fait attention, sous les pieds du visiteur repose sa figure, restes enfouis sous la chape de bronze aux initiales devenues syllabe sacrée d’un démiurge terrible.
Shaked but not stirred !
Les Concertos pour clavecin de Bach datent de l’époque de Leipzig, alors que Bach dirigeait le Collegium Musicum de 1729 à 1739 dans la salle ou les jardins du Café Zimmermann. Cependant, l’écriture de certains d’entre eux remonte probablement à de plus vertes années dans les cours de Köthen et Weimar…
Un souffle printanier venu de Germanie…
Six Concerts Avec plusieurs Instruments Dédiées A Son Altesse Royalle Monseigneur Crêtien Louis, Marggraf de Brandenbourg & c. & c. & c., par Son tres-humble & très obeissant Serviteur Jean Sebastian Bach. Maître de Chapelle de S.A S. le prince regnant d’Anhalt-Coethen. … Voici l’incipit de la dédicace écrite en français que Bach adressa en 1721 au margrave du Brandebourg…
“Romae salvus, patriae salvus, salvus Germanicus est !” Suétone – Vie des Douze Césars
Depuis quasiment un quinquennat le monde musical est sans cesse traversé par des rumeurs de crise. Si dans les salons, salles de concert et autres lieux de diffusion on nous dit, c’est la crise, on ne peut plus monter des raretés, un énième Giulio Cesare de Haendel ou bien les recréations absolues de Tosca ou Carmen trouvent souvent leur place sur les affiches.
La surprise et l’amour des violes
Rameau pour deux violes ? L’idée vient d’un Allemand, Ludwig Christian Hesse, dont le père, Ernst Christian (1676–1762) avait étudié avec Marais et Forqueray. Quand les deux gambistes rivaux s’en aperçurent, Hesse père fut renvoyé à Darmstadt. La viole connut une heure de gloire en Prusse dans les années 1760 : le prince Frédéric Guillaume II en jouait, entretint une correspondance avec Forqueray fils, et eut Ludwig Christian Hesse pour professeur.
Rendez-nous les antiennes !
La surprise est de taille : l’intégralité des Vêpres à la Vierge de Monteverdi contenues, contraintes, comprimées, retenues dans un CD simple. On se frotte les yeux en se demandant d’abord si la technologie du CD n’a pas fait un bond pour l’humanité ou si Christina Pluhar ne s’est pas laissé aller à des coupes franches par rapport à l’édition de Venise, dédiée à Paul V en 1610…
“Deux oisillons chantaient à l’enfant-soleil…”
L’hagiographie nous apprend que la dépouille de Saint-Jacques – premier apôtre martyr – fut ensevelie dans les terres de Galice, après que ses compagnons fuyant la Palestine avaient été guidés par un ange jusqu’en ce champ de l’étoile (campus stellae).
Des personnages qui devisent avec connivence
Natif de Florence, Brescianello accomplit la majeure partie de sa carrière au sein des états germaniques, de l’électorat de Bavière à la cour des Würtenberg de Stuttgart où il s’éteignit en 1758. Il fut engagé d’abord comme violoniste puis assura les charges de maître des concerts de la chambre ainsi que celle de maître de chapelle, lors de ses déplacements successifs.
