Venise de fastes et d’illusions (Campra – Fêtes Vénitiennes, Les Arts Florissants, Christie – Opéra comique, 27/01/2015)
La mise en scène de Robert Carsen s’avère réjouissante, efficace et esthétique. Au Prologue ou mise en situation, le spectateur voit l’arrivée des touristes sur la place Saint-Marc, avec leurs sacs à dos ou leurs valises et leurs téléphones portables pour prendre des selfies. L’apparition du Carnaval, le géant rouge à visage quelque peu comique, symbole des fêtes, transforme ces touristes…
L’influence de la musique arabe (Les Sacqueboutiers, Jean-Pierre Canihac – Toulouse, 02/12/2014)
La joyeuse bande des souffleurs toulousains constituée autour de Jean-Pierre Canihac et Daniel Lassalle aime à pratiquer le grand écart musical entre leurs musiques favorites des XVIème et XVIIème siècles, la musique contemporaine avec quelques incursion du côté du jazz ou des époques nettement plus reculées.
Ampleur, fraîcheur, spontanéité (Simone Kermes & Concerto Köln – Arsenal de Metz, 31/01/2015)
Metz, la Belle, se couvre d’un blanc manteau. Imaginez ce paysage enneigé où les flocons tombent avec grâce. Le silence s’installe, la quiétude y règne comme dans le célèbre tableau La Pie de Claude Monet. Cette pie, qui posée là sur un portail dans ce décor immaculé de blanc, peut figurer une note sur une portée…
Dynamique raffinée, complicité heureuse (Steffani, Niobé – TCE, 24/01/2015)
Il faudra avouer que le nom d’Agostino Steffani était quasi méconnu du grand public, jusqu’à ce que l’infatigable découvreuse du répertoire baroque, Cecilia Bartoli, révèle dans son album Mission quelques musiques du compositeur, dont l’opéra Niobe, regina di Tebe. Et même trois ans après la sortie de ce livre-CD, certains, qui ne s’intéressent pas particulièrement à la musique baroque continuent à ignorer son nom,…
Au pays des moulins… (Bodin de Boismortier, Don Quichotte chez la Duchesse, Le Concert Spirituel – Opéra-théâtre de Metz Métropole, 18/01/2015)
En ces temps où le monde semble marcher sur la tête, l’humour et le rire sont des remèdes qui soignent l’esprit et l’âme. La nouvelle production de l’Opéra-Théâtre de Metz Métropole, en coproduction avec l’Opéra Royal – Château de Versailles Spectacles, en est le parfait exemple.
Plaisirs d’une malédiction (Mozart, Idomeneo – Montpellier, 08/01/2015)
En novembre 1780 Mozart, âgé de vingt-quatre ans, quitte à nouveau Salzbourg. Rentré en 1779 de son long voyage en Europe, il n’a cessé d’y subir les reproches de son père, qui a attribué à sa négligence la mort de sa mère à Paris. Il échappe ainsi momentanément à ce dernier…
“Aspirer à la liberté !” (Haendel, Récital Karina Gauvin – Salle Gaveau, 14/01/15)
Le 14 janvier dernier, lors d’une soirée consacrée à Haendel, le public parisien écoutait la soprano québécoise Karina Gauvin, et découvrait un nouvel ensemble de musique baroque, le Concert de la Loge Olympique, fondé par Julien Chauvin, issu du Cercle de l’Harmonie (co-fondé avec Jérémie Rhorer) dont voici le concert inaugural…
Acte de foi ? (Bach, Oratorio de Noël, Les Talens Lyriques – TCE, 20/12/2014)
Les fêtes de fin d’année sont l’occasion chaque année de mettre Bach à l’honneur, qu’il s’agisse de la famille Bach, des Passions ou de son Oratorio de Noël qui fait l’objet de cet article.
“Deh, se piacer mi vuoi” (Mozart, La Clémence de Titus – Le Cercle de l’Harmonie, Rhorer – TCE, 12/12/2014)
Le Théâtre des Champs-Elysées nous proposait en cette fin d’année une lecture très attendue, mise en scène par Denis Podalydès, avec des décors d’Eric Ruf et des costumes de Christian Lacroix. Celle-ci est plutôt convaincante au plan esthétique : les grandes cloisons d’acajou qui divisent la scène forment un bel écrin, qui évoque immanquablement un palace des années 30, et Christian Lacroix jongle habilement…
Lumières de Noël… (Haendel, Messie, Orfeo 55 & Le Choeur de Chambre de Namur, Stutzmann – Metz, 12/12/2014)
A quelques jours de la fête de Noël, Nathalie Stutzmann à la tête de son ensemble Orfeo 55 et du Chœur de Chambre de Namur, offre aux Lorrains un magnifique cadeau dans le cadre des Noëls de Moselle, Le Messie d’Haendel.
Rameau, Maître à danser (Les Arts Florissants, Christie – Cité de la Musique, 22/11/2014)
Au crépuscule de sa vie, Rameau ne compose guère, malgré la gloire qu’il a connue en tant que compositeur officiel et grand théoricien. Dans les années 1753-1754, il écrit quelques actes de ballets, dont Daphnis et Eglé, pastorale héroïque en un acte sur un livret de Charles Collé (1753) et La Naissance d’Osiris, acte de ballet sur un livret de Louis de Cahusac (1754). Ce sont des pièces de circonstance, des anecdotes aimables sans véritable intrigue, pour des représentations privées à Fontainebleau.
La constance de l’Amour (Rameau, Zaïs, Les Talens lyriques, Rousset – Versailles, 18/11/2014)
Pour nous présenter l’oeuvre, Christophe Rousset a choisi la version d’avril 1748. Comme à l’habitude il anime avec une précision minutieuse un orchestre des Talents Lyriques aux sonorités moëlleuses et aux attaques bien ajustées. Les percussions qui évoquent le chaos lors de l’ouverture du prologue offrent un effet saisissant particulièrement réussi ; elles semblent préfigurer les déconcertants accords syncopés du prélude du cinquième acte des Boréades.
Les enfants terribles (Hasse, Siroe, Armonia Atenea – Versailles, 26/11/14)
Une soirée de première à l’Opéra Royal de Versailles ressemble aux rêves des monarques qui élevèrent naguère leur demeure marmoréenne. Au cœur de la nuit de novembre, les pas frôlent les pavés humides où se reflète le mirage splendide du palais aux éclats pyrotechniques. Comme les ambassades grandioses d’antan, Versailles se paraît des atours de merveille pour accueillir le plus italien des Saxons : Johann Adolf Hasse.
Les ombres de Didon (Purcell, Didon et Enée, Novantik Project Basel – Bâle, 16/11/2014)
Ce programme original a suffisamment attiré notre attention pour que nous fassions le déplacement jusqu’à Bâle. A quelques jets de pierre de la frontière française, le cadre moderne de la Voltahalle, éclairé à la bougie, nous immergeait d’emblée dans une atmosphère résolument baroque.
Redécouverte (Dupuy, Le Triomphe des arts, Ensemble baroque de Toulouse – Blagnac, 4 octobre 2014)
Concentrés sur la recréation musicale, Michel Brun et son Ensemble Baroque de Toulouse ont choisi de présenter l’ouvrage en version de concert, assortie d’une mise en espace chorégraphique faisant intervenir deux danseurs lors des ritournelles orchestrales. Leurs évolutions, qui utilisent savamment des éléments architecturaux figurant un jardin à la française, mêlent avec finesse et un goût achevé le vocabulaire contemporain à la gestique baroque.
Triomphe de l’art : Julia Lezhneva, Il Pomo d’Oro (Théâtre des Champs Elysées, Paris, 15 /11/2014)
Il y avait longtemps que je n’avais pas entendu une telle pureté dans le son d’un violon me suis-je dit alors que s’élevaient les premières notes du Concerto pour violon en si bémol majeur de Telemann. Dirigé par Dmitry Sinkovsky, également premier violon, l’attaque du concerto était précise et nette et la technique parfaitement maitrisée.
Les Enfers en triomphe (Gala Rameau, Le Concert Spirituel, Niquet – Metz, 09/11/2014)
En cette fin d’après-midi à l’Arsenal de Metz, Hervé Niquet à la tête du Concert Spirituel et des Chantres du Centre de Musique Baroque de Versailles (CMBV) offre un programme exceptionnel comme ceux proposés au XVIIIe siècle, mêlant avec génie le sacré et le profane et s’inscrivant dans le cadre du Gala Rameau.
