Pas une ride !
Musique à la Cour de Leopold Ier Oeuvres de Johann Joseph Fux, Heinrich Ignaz Franz von Biber, Johann Heinrich Schmelzer et Giovanni...
“Una notte, sognai che avevo fatto un patto con il diavolo…”
Il règne autour de la Sonate du Diable un souffle de mystère sulfureux. Tartini écrivit : J’ai rêvé une nuit que j’avais scellé un pacte avec le Diable pour le prix de mon âme. Alors me vint l’idée de lui confier mon violon et d’attendre ce qu’il en tirerait. (…) La pièce que j’ai alors écrite est certainement une des plus belles que j’aie jamais composée.
Que le Ricercar Consort continue Sances
Muse d’Or, c’est trop peu pour la Muse de l’Année ! Hélas, bien qu’il ait partagé notre enthousiasme forcené à l’écoute de ce petit chef-d’œuvre, le rédacteur en chef n’a pas cru bon de modifier la maquette (et l’infographiste non plus). Nous protestons donc contre l’inique réalité qui oblige à ne pas pouvoir louer plus que de coutume un enregistrement exceptionnel, et comme on en rencontre peu.
Promesses tenues
Ce que nous sentions au concert est ici encore meilleur : il n’en reste que les bonnes choses ! Ce disque est exclusivement consacré à François Francœur, et comporte des sonates pour violon – le compositeur était violoniste – des airs d’opéras, quelques airs isolés, le tout mélangé soigneusement…
“Chantons, célébrons à jamais / De notre Dieu, la gloire et les bienfaits” (La Destruction de Jéricho, scène dernière)
Originaire de Wertheim, en Baden-Württenberg où il naquit en 1741, Henri-Joseph Rigel s’installe à Paris une vingtaine d’années plus tard et y jouit rapidement d’une grande notoriété. Outre la foisonnante composition de musique de chambre et d’œuvres lyriques très prisée des salons parisiens, il dirige en 1783 le Concert spirituel et enseigne le pianoforte au Conservatoire.
Avoir un quatre à sec
Les œuvres sont belles, on y sent l’Italie et sa lumière, ses charmes et ses sourires. Hélas, Reinhardt Goebel arrive avec son habituelle précision, et sa légendaire sécheresse. Les aqueducs se bouchent, les fleurs se fanent, le soleil disparaît.
Malgoire revisite l’opéra comique selon Händel
Le voici donc, ce Serse que tout le monde connaît grâce à son arioso Ombra Mai Fu, magnifique déclaration d’amour d’un monarque persan à un platane (!). Le livret est plus que brouillon, grouillant de situations plus invraisemblables les unes que les autres, de rebondissements en tout genre, de quiproquos complexes.
Jaquette affreuse, enregistrement sublime
A première vue, ce digipack où Maïté Beaumont sourit béatement alors que s’inscrivent en lettres dorées un énorme Maïté Beaumont et un petit Dolce Mio Ben ressemble à s’y méprendre à une publicité pour cosmétiques, ou un disque de variété. En outre, le livret, d’une grande indigence, n’offre la traduction des textes italiens chantés qu’en allemand.
Nul besoin de Rameau pour faire un bel olivier
Voici du baroque d’Europe centrale comme on l’aime. Composé en 1723 pour le couronnement de Charles VI à Prague, cet oratorio de circonstance, en latin, était à l’origine plus long. Hélas, les parties de musique dansée en ont été perdues. Subsiste un monument grandiose et plein de pompe, où solennité et enthousiasme se mêlent harmonieusement au sein d’une partition terriblement inventive, quoique sans audaces harmoniques.
Moi, j’ai dit “bizarre” ? Comme c’est bizarre…
D’abord, une exécution du Stabat Mater de Pergolèse avec un contre-ténor et un enfant soprano n’a aucune réalité historique. Ensuite, pourquoi diantre accumuler les difficultés de tessitures pour les deux chanteurs ? Pour le panache ? Pour la musique ? Pour l’aventure ?
La sensation de planer…
Ce disque rassemble les classiques de la littérature sacrée du Prêtre Roux. Qu’il s’agisse du Stabat Mater, du Nisi Dominus ou encore du Salve Regina, tous sont empreints d’une profonde sensibilité et appellent au recueillement. Si chacune de ces œuvres transmet un sentiment de plénitude, c’est dans le Nisi Dominus que celui-ci se dégage le plus.
Qu’elle est belle, la ville solitaire !
C’est dans les années 1714 -1715 que François Couperin compose ses Trois leçons de Ténèbres pour le Mercredy Sainct. Ce sont les seules du compositeur qui nous soient parvenues, bien qu’il ait affirmé en avoir écrit un cycle complet. Le Livre des Lamentations est un recueil de complaintes sur la chute de Jérusalem devant les glorieuses légions de Rome, vers – 587.
Même Schütz l’admirait…
Samuel Bockshorn fut un compositeur renommé… en son temps. Souvent comparé à Schütz qui reçut favorablement son Opus Musicum, son style se caractérise par la fusion des styles italiens et du motet allemand. Le Theatrum Musicum est constitué de scènes sacrées, mêlées dans cet enregistrement à des productions d’autres recueils, telle la Scelta Musicale plus virtuose.
Petit prix, grosse perruque
Depuis le 31 août, Brilliant Classics a lancé son nouveau bolide : après l’éclatante Ferrari rouge vif de Mozart, voici un nouveau coffret Bach, le précédent étant passé quasi inaperçu. Quelques enregistrements ont été changés, afin de rassembler plus d’interprétations sur instruments d’époque…
Venise sous la pluie…
Certes, nous avons tous déjà entendu ces admirables sonates des milliers de fois, mais cet enregistrement apporte deux plaisirs nouveaux : d’abord, les sources manuscrites utilisées pour cet enregistrement proviennent de la Bibliothèque du Comte de Schönborn, du Conservatoire de Naples et de notre BN parisienne…
L’humanité en Cathy mini
L’autre jour, en nous perdant dans les rangées de disques qui parsèment nos locaux, nous sommes tombés sur Cathy Berberian sings Claudio Monteverdi. La jaquette était hideuse dans son alliance de bleu et de rose, orné d’une grosse fibule qui était en réalité une sorte d’horloge de table. En outre, une partie du récital n’est de plus constituée que d’extraits des enregistrements de l’Orfeo ou du Couronnement de Poppée où la soprano incarnait respectivement avec une humaine fragilité la Messagère du malheur ou l’Impératrice répudiée…
Requiem… et tralala
Composé quelque part entre 1697 et 1704 (les musicologues ont encore du pain sur la planche !), le Requiem de Jean Gilles, maître de musique de la Cathédrale Saint-Etienne de Toulouse, demeure son œuvre la plus célèbre, très à la mode tout au long du XVIIIème siècle, notamment lors des concerts parisiens du Concert Spirituel des Tuileries.
Messieurs, la Cour !
Voilà un CD de plus en plus difficile à trouver et qui constitue une sorte de condensé de la musique de cour de la Régence d’Anne d’Autriche et de son Mazarin. Toutes ses Suites d’Orchestre datent de 1650-1660 et sont destinées aux Vingt-Quatre Violons du Roi.
Une rareté peu convaincante
Pour une rareté, c’en est une ! Un vieil enregistrement de 1973, le premier de cette œuvre des années 1680 où l’oratorio balbutiant hérite du recitar cantando monteverdien et des histoires sacrées de Schütz. L’orchestre de Louis Devos patauge, sa sonorité ample et tremblotante a le charme des débutantes ne sachant pas encore valser. Peut-être même les cordes sont-elles modernes. Au milieu de cet océan capté avec un souffle digne des enregistrements historiques salzbourgeois des années 30 surnage l’Evangéliste de Louis Devos.
Un disque de rêve
De rêve mais aussi de regrets. Regrets devant le destin qui nous a privé d’une si grande violiste. Admiration aussi devant cette technique virtuose qui passerait presque inaperçue, si on ne connaissait pas tous les pièges de la partition tant l’archet de Sophie Watillon enchaîne les mesures avec aisance.
