“As with rosy steps the morn, Advancing, drives the shades of night (…)”
Theodora est l’un des oratorios tardifs de Haendel. Créé en 1750, il ne connut qu’un succès d’estime auprès du public londonien, avec 3 représentations. Pourtant, de même qu’avec l’ultime Jephta, cette œuvre, à la fois directe et tendre, compte parmi les plus belles du compositeur, visiblement inspiré par cette trame pourtant d’une désarmante simplicité dû à un Révérend Morell à la plume un brin indigeste.
Musiques pour la reine Caroline
Quand la mort intervient entre deux êtres que la passion unit il ne reste que sublimer la douleur. La vie de Händel est ponctuée de moments uniques qui la rendent passionnante. Né en 1685, année faste pour la musique avec la naissance simultanée de Johann Sebastian Bach et de Domenico Scarlatti, il accède très jeune à l’opéra de Hambourg…
La puissance du génie
Lorsque l’on parle de symbolisme ou de secret, notre société contemporaine se complait à tous les raccourcis. Notre époque diffère du passé par le peu de temps qu’elle accorde à la contemplation et à la formation de symboles. L’intérêt pour les sociétés à secrets, qui ont cultivé ou préservé les symboles, est souvent malsain.
Mozart Transfiguré
Après les Messes et les drames, Danaüs prévu et le Vésuve bientôt débordant ses laves vers Herculanum, le Palazetto Bru-Zane, dans son parcours passionnant de redécouverte et partage de la musique Française poursuit les incantations symboliques, cette fois-ci avec un coup d’éclat.
Une interprétation sulfureuse
Le touriste qui vient à Paris pour la première fois s’arrête devant Notre Dame l’instant d’un cliché. Le trader pressé par un rendez-vous à la Tour d’Argent, la mère de famille par des courses au Franprix rive gauche ou l’étudiant avec son casque ultra-moderne ne peuvent pas entendre les cloches sonner.
Les derniers feux des castrats
Le contre-ténor américain Bejun Mehta se produit assez rarement sur les scènes françaises, ce qui est bien dommage. De passage à Versailles pour nous offrir quelques airs extraits de son dernier CD “Che puro ciel”, il nous a livré un panorama instructif des airs pour catrats dans la seconde moitié du XVIIIème siècle,…
Beauté des repons (Gesualdo, Responsoria 1611, Herreweghe – Phi)
Certes la musique de Gesualdo bénéficie de l’admiration singulière de Stravinsky, mais reste assez mal connue et sa discographie n’est pas pléthorique, loin de là. Cet enregistrement est à marquer d’une pierre blanche tant cette intégrale des repons des ténèbres pour la semaine Sainte rend hommage au compositeur.
« Mon âme entend et voit comme tout jubile et rit pour magnifier le Créateur » HWV 207
L’on connaît Haendel pour ses oratorios (Le Messie), comme grand dramaturge des harmonies, déployant dans ses opéras de luxuriantes couleurs d’affects et de sentiments. Haendel dépeint par sa musique les fastes de la cour, la grandiloquence italienne comme la rosée fraîchement éclose, et magnifie la tragédie…
Orfeo incontestablement humain … (Monteverdi, Orfeo, Les Talens Lyriques, Rousset – Nancy, 12/01/2013)
L’Orfeo de Monterverdi marque un tournant dans l’histoire de la musique, conçu à une période charnière qui symbolisera la frontière entre le style de la fin de Renaissance et celui du début du Baroque avec la naissance de l’opéra…
Le souffle suspendu (Hommage à Claudio Abbado)
Prélude à l’après-midi d’un faune de bureau, la lecture du fil des dépêches AFP de ce lundi 20 janvier m’offrait un vague répit avant de replonger dans quelques dossiers pour lesquels j’étais bien mal armé. L’œil distrait capta soudain la nouvelle, aussi sèche et laconique qu’une effusion de joie nord-coréenne : Claudio Abbado venait de s’éteindre à Bologne, âgé de 80 ans.
Drame à l’Opéra
L’autre jour, en lisant un article à l’expression affligeante et à la syntaxe maladroite sur un support de grande audience que nous ne dénoncerons pas, nous nous sommes pris à sourire en songeant à demi-sourire que son auteur n’aurait pas passé la partie junior de la fameuse dictée des Dicos d’Or, hélas remisée depuis 2005.
Une nation de musiciens (Cabezon, Doulce Mémoire – Ricercar)
On oublie trop souvent que l’Espagne est une nation de musiciens au même titre que l’Italie, la France ou l’Allemagne. De nombreux compositeurs essentiels se sont succédés et ont contribué aux grandes mutations de la musique européenne : Diego Ortiz, Tomas Luis de Victoria, Juan Bautista Cabanilles, Antonio Soler, Isaac Albeniz, Manuel de Falla…
L’Everest du violoniste
Les sonates du Rosaire de Biber sont au violoniste ce qu’est l’Everest à l’alpiniste. Florence Malgoire relève le défi en s’attaquant à un véritable monument de la musique pour violon, une œuvre hors-norme et sans commune mesure. Avec ses quinze sonates, Biber innove et fait faire un grand pas à la littérature pour violon de son époque, personne avant lui n’étant allé aussi loin dans l’exploration de l’instrument.
Entre tradition et renouveau (Gossec, Thésée, Les Agrémens, Guy van Waas – Ricercar)
En cette seconde moitié du XVIIIème siècle, l’usage se développa à Paris de procéder à de nouvelles orchestrations d’ouvrages anciens, et de confronter lors des représentations le répertoire traditionnel aux œuvres nouvelles issues du même livret, toutefois généralement remanié.
Animal savant (Bach, Corette, Geminiani, Transfigurations, Les esprits animaux – Ambronay)
Il y avait eu un Telemann de bon aloi (Ambronay éditions). Convaincant mais un peu sec. Et voici les Esprits Animaux qui nous reviennent pour des transfigurations. Pour commencer, il faut bien avouer que le titre de ce programme qui ouvre la voie à un pot pourri allant « de la passacaille à la fugue, de la sonate aux chansons à boire, de la partition à l’improvisation » semble un prétexte à une plongée personnelle dans l’univers baroque…
Jubilate (Julia Lezhneva, Il Giardino Armonico – Decca)
Mea culpa Julia. Nous avons laissé de côté cette parution, sur un coin d’étagère, après une première écoute très partielle qui ne nous avait pas convaincus, en particulier l’ouverture du disque, avec les rodomontades nerveuses et excitantes mais bien vaines du “In Furore”, dévalant les doubles croches avec boulimie. Ca remue, ça secoue, mais une certaine fatuité superficielle nous a rebutés.
“At Christmas I no more desire a rose Than wish a snow in May’s new-fangled shows, But like of each thing that in season grows.” William Shakespeare
C’est à un voyage initiatique, à l’atmosphère souvent mystique et fervente, que le Concert de l’Hostel Dieu nous convie dans cette captation de concert d’un programme jouée notamment en novembre et décembre dernier. Articulé autour de chants populaires italiens, catalans et provençaux, alternant passages solistes et passages choraux, lovés dans les frottements évocateurs du rabab ou des violes de Nolwenn Le Guern, très présente,…
Jordaens, La gloire d’Anvers (Petit Palais, Paris)
Pour ceux qui n’y sont pas déjà précipités, il reste encore deux semaines pour apprécier le talent de Jacques Jordaens (erronément rebaptisé Jacob par les historiens de l’art pour faire plus flamand), souvent hélas considéré comme un peintre mineur et un peu grossier, dont la truculence explose dans Le Roi boit et autres saynètes caricaturales et moralisatrices.
Michael Kohlhaas : hard-boiled
A l’occasion de sa sortie en DVD, glissons quelques mots sur ce Michael Kohlhaas, qui ne fit pas les délices de la croisette et bénéficia d’une diffusion médiocre dans les salles obscures.
