Tamerlan à la cour du roi Guillaume (Haendel, Tamerlano – Cencic, Xabata, Pomo d’Oro – Naïve)
La rivalité des deux conquérants Tamerlan et Bajazet avait inspiré les auteurs de théâtre européens dès le XVIIème siècle. Après le Bajazet de Racine (1672, centré sur un personnage portant ce nom, mais dans une aventure contemporaine sans Tamerlan), l’auteur dramatique français Jacques Pradon écrivit en 1675 un Tamerlan ou la Mort de Bajazet.
Telemann, Autobiographies (Editions Symétrie)
Et pour continuer la comparaison, celle des bibliographies est tristement édifiante : à côté des milliers d’ouvrages sur Bach, de ceux recueillant ses écrits et même ceux de ses contemporains, recueillant la moindre ligne, ce qui concerne Telemann est peu de choses, et les livres en français sont fort rares.
Mal infusée (Bach, Passion selon Saint Jean – Suzuki – Pleyel, 19/04/2014)
La semaine sainte est l’occasion de renouer avec le sacré, avec la quintessence du spirituel notamment musical. Quasiment par tradition, la Salle Pleyel nous présente un programme avec les Passions de Bach et la participation des grands noms de la scène baroque.
Coup de foudre (Mozart, Finta Giardiniera, Concert d’Astrée – Lille, 27/03/2014)
La Finta Giardiniera, oeuvre de jeunesse de Mozart (il avait alors dix-huit ans) créée à Münich en 1775, est peu fréquemment représentée sur les scènes françaises. C’est donc avec une gourmandise emprunte de curiosité que votre serviteur se préparait à assister à cette représentation, fruit des efforts conjoints des opéras de Lille et de Dijon.
Sublime Clémence (Mozart, Clemenza di Tito – Kazem Abdullah, John Fulljames – Nancy, 06/05/2014)
La Clémence de Titus, K.621 est un opera seria avec récitatifs et airs, en deux actes composé par Wolfgang Amadeus Mozart en 1791, sur un livret en italien de Caterino Mazzolà d’après Metastasio inspiré du Cinna de Corneille. Cet opéra a été créé le 6 septembre 1791 au Théâtre des Etats (en tchèque : Stavovské divaldo) à Prague, à l’occasion du couronnement de Léopold II comme Roi de Bohème…
Plaisir à l’état pur ! (Fontana, Sonates – Daniel Cuiller – Mirare)
Récréer en interprétant, montrer plus que démontrer, laisser parler la musique, le sujet de cet enregistrement est bien là. Daniel Cuiller à la tête de son ensemble Stradivaria, conduit avec maestria les Sonates a violino ed altri strumenti… de Giovanni Battista Fontana.
Flamboyants (Festival Les Vénitiens à Paris, Flores, Reinhold, Alarcon – 28/03/2014)
Dans le cadre royal de Saint-Germain l’Auxerrois, à quelques pas de la colonnade du Louvre, les bougies qui éclairaient sobrement ce soir-là le centre de l’église tissaient une atmosphère de raffinement pour des œuvres rarement entendues en France. On doit ici souligner l’originalité de la démarche consistant à proposer en miroir des œuvres produites à Paris par des compositeurs italiens…
The musical Priest (Feileacan, Toss the Feathers)
Toss the feathers, c’est avant tout le nom d’un vieil air de cette verte Erin, de celle immortelle ou recréée, rêvée et fantasmée dans sa difficile lutte contre la domination anglaise qui débuta un beau jour de 1066 lorsqu’un certain Strongbow mit le pied sur l’île.
Cougar land (CPE Bach -Sonates – E. Guigues, A. Isoir – AgOgique)
Emmanuelle Guigues nous avait surpris dans un beau Portrait d’Iris couperinien (Paraty) et c’est avec plaisir que nous la retrouvons pour ces trois sonates très tardives pour viole de gambe composées par CPE Bach entre 1745 et 1759 à une époque où l’instrument était désormais bien archaïque.
Présent des dieux (Rameau, Castor & Pollux – Pygmalion, Pichon – Opéra Comique, 21/03/2014)
Pour ce Castor & Pollux que nous suivons de près, puisque nos lecteurs trouverons également la chronique du concert du lendemain plus convaincant au Grand Auditorium de Bordeaux, Raphaël Pichon, fidèle à sa série ramiste, s’attaque à Castor & Pollux dans sa version de 1754, plus resserrée dramatiquement, débarrassée de son Prologue, où l’intrigue est ramenée à son essence…
Manque de graves (Süskind, La Contrebasse – Clovis Cornillac)
On ne présente plus La Contrebasse, publiée en 1981 par Patrick Suskind. Le bref court roman, d’une belle concision, retrace le portrait de ce musicien de l’Orchestre National, où à travers une relation d’amour-haine avec l’instrument sont passés au crible tantôt ironique, tantôt désespéré, le portrait d’une vie d’artiste aux illusions musicales comme amoureuses déçues, à l’amertume d’une Sarabande, solitaire mais en musique.
Passage
En ce dimanche de Pâques, nous saisissons l’occasion de cette fête pour converser un peu avec nos lecteurs, rétablissant la fonction quasi-épistolaire des éditoriaux, dont la nature protéiforme et indéterminée se fait tour à tour article, billet, ou apostrophe. Mais avant de poursuivre, bien que notre Muse soit à l’image de notre République, c’est-à-dire laïque et ne promouvant pas de religion en particulier, force est de reconnaître l’héritage chrétien, qu’il soit dangereusement schismatique du côté des anthems purcelliens…
Attaingnant – Tant que je vivray – Dunford, Eichelberger, Gallon – L’Encelade
Pierre ATTAINGNANT (ca. 1494 – ca. 1552) “Auprès de vous” Musique pour clavier sous le règne de François Ier Pierre...
La Belle Mère amoureuse (Parodie d’Hippolyte & Aricie – Ensemble Philidor – Opéra Comique, 29/03/2014)
Comme de nos jours, la parodie était au XVIIIème siècle le signe d’un indéniable intérêt des contemporains pour l’oeuvre originale. La parodie musicale avait en outre la vertu de rendre accessible à un plus large public les productions commandées pour l’Académie royale de Musique ou la Cour.
Lumière et matière (Le Vernis Martin – Musée des Arts Décoratifs, Paris)
Le même courant commercial qui approvisionnait l’Europe en précieuses porcelaines de Chine apporta également les décors de laque, dont le goût se répandit assez largement dès la seconde moitié du XVIIème siècle. Les artisans européens n’hésitaient pas à redécouper les panneaux pour les adapter aux commandes les plus incroyables des riches aristocrates,…
Aux sources (Monteverdi, L’Orfeo, Taverner Consort, Parrott – Avie)
C’est un Orfeo remarquablement subtil, raffiné et érudit qu’Andrew Parrott nous convie. Un Orfeo homogène et doux, pastel et lumineux, nimbé de l’éclat de la Renaissance. Si l’on veut situer cette approche à l’emporte-pièce, on la dira totalement opposée aux visions musclées et opératiques à la Haïm (Virgin), ou à la luxuriance triomphante d’un Harnoncourt ou d’un Jacobs.
Stupeur et tremblements (Telemann, Bach – Arsys Bourgogne, Opera Fuoco, Stern – Cité de la Musique, 01/04/2014)
Il est des compte-rendus sur lesquels la plume préfère regagner son encrier, et fuit l’espace immaculé de la feuille. Des soirs de méforme, de relative déception, où même les plus grands peuvent faillir. Alors, on avouera brièvement, avec franchise, qu’Opera Fuoco n’était pas dans son assiette en ce concert du 1er avril…
Haut en couleurs (Rameau, Castor & Pollux – Richter, Pygmalion, Pichon – Bordeaux, 22/03/2014)
Dans le cadre de l’Année Rameau, les concerts et représentations consacrés aux œuvres du musicien dijonnais fleurissent, et ce foisonnement compense un peu la rareté de leur programmation dans les salles françaises. Après les Fêtes de l’Hymen et de l’Amour ou encore Platée, c’est une version de concert que l’Ensemble Pygmalion avait conçue,…
