Rédigé par 19 h 15 min Actualités, Brèves

La Rêveuse (sans Marin Marais, ni Françoise Bolton)

« Tous les matins du monde sont sans retour. Les années étaient passées, Monsieur de Sainte Colombe, à son lever, caressait de la main la toile de Monsieur Baugin et passait sa chemise. Il allait épousseter sa cabane. C’était un vieil homme. Il entretenait aussi des fleurs et des arbustes qu’avait plantés sa fille aînée, avant qu’elle se pendit. »

James Tissot, La rêveuse ou Soirée d’été (détail) © Muse Baroque, 2020

« Tous les matins du monde sont sans retour. Les années étaient passées, Monsieur de Sainte Colombe, à son lever, caressait de la main la toile de Monsieur Baugin et passait sa chemise. Il allait épousseter sa cabane. C’était un vieil homme. Il entretenait aussi des fleurs et des arbustes qu’avait plantés sa fille aînée, avant qu’elle se pendit. »

(Pascal Quignard, Tous les matins du monde, Gallimard, 1991.)

Petite Brève hors-sujet et sans prétention , à la manière d’une Brève. S’il faut confesser certains pêchés, avouons que nous avons été hier au Musée d’Orsay. Pire, nous y admirions une Rêveuse de James Tissot (1836-1902) dans une exposition colorée qui se tient jusqu’au 13 septembre. Et une Rêveuse en rappelant une autre, derrière le visage tragique de la muse et amante de l’artiste Kathleen Newton, morte prématurément de tuberculeuse, se profilait celui, émacié, de la belle et malheureuse Madeleine de Sainte-Colombe, inoubliable Anne Brochet de Tous les Matins du Monde… [M.B]

 

Étiquettes : , , , , Dernière modification: 17 décembre 2020
Fermer