Tendres facéties vénitiennes
Comme il est loin le pesant Adagio en sol mineur qui vous écrase de la fatalité du monde et dont la simple audition des premières notes ne peut que vous arracher un profond soupir auquel s’ajoutent parfois quelques sanglots ! C’est pourtant lui qui nous vient à l’oreille aussitôt que l’on entend le nom d’Albinoni
“Des excès de plaisirs”
Pour le passionné de musique baroque il est souvent des personnages qui demeureront dans le mystère de leur époque. Le temps, n’épargnant en rien les visages, les registres de naissance et la matière vivante, seule la création exprime un semblant d’éternité. Tel est le cas de compositeurs tel Nicola Matteis.
Le jeu en valait la chandelle
Après Händel, Bach ! Parallèlement à une activité de défricheur en matière de musique française – dont une collection consacrée à Lully et une autre à Rameau font état, pour ceux qui n’auraient pas la chance de posséder quelques disques épuisés consacrés à Desmarest ou Gautier de Marseille…
Une jeune fillette…
Ce Concert des violes a pour objectif de nous dévoiler une “anthologie du répertoire destiné aux ensembles de violes en France” de la fin du XVIème siècle à l’ultime opus qui leur est explicitement dédié, le Concert pour quatre parties de violes de Charpentier. Loin de l’idée reçue du consort de violes typiquement élisabethain, et de la musique pour viole française réduite à François Couperin, Monsieur de Sainte-Colombe, Marin Marais et Antoine Forqueray, Andrea De Carlo a cherché à puiser dans le répertoire instrumental du Grand Siècle, dans les danses et fantaisies…
Des concerti dégrossis
Il Giardino Armonico a décidé de frapper un grand coup, et de fracasser avec témérité la porte de l’année du 250ème anniversaire de la mort de Haendel avec cet enregistrement iconoclaste et ravageur. Sans exagération, l’on peut dire que la phalange italienne provoque avec ce bus bleu turquoise un second choc sismique pour nos habitudes d’écoute…
En voilà un qui ne manque pas d’air !
Pour les baroqueux que nous sommes, voici un disque qui, de prime abord, attire la méfiance : une jaquette accrocheuse, un titre aguicheur, un artiste confirmé mais point nourri du sérail des cordes en boyaux depuis sa plus tendre enfance. Ajoutons à ces éléments suspects la présence de tubes, avec l’air de la Suite pour orchestre n°3 de Bach, le Canon de Pachelbel (mais bien complet car flanqué de sa Gigue) une transcription pour violon de la Sarabande de Haendel, désormais célèbre depuis le non moins fameux Barry Lindon…
Sage comme une image
Le 3ème volume de le nouvelle collection du label Hérissons Prod. s’illustre par sa jaquette très artistique, avec l’énigme de cette sandale en noir et blanc posée sur les pavés. Hélas, l’enregistrement manque justement du mystère et du contraste de la photographie de sa jaquette, en dépit du talent certain des artistes rassemblés.
Les Sonates de la Roseraie
Les Sonates du Rosaire comptent parmi les chefs d’œuvre de Biber. Divisées en 15 Mystères soigneusement copiés dans un luxueux manuscrit avec gravures conservé jalousement à la Bibliothèque de Munich, le cycle retrace la vie du Christ depuis l’Annonciation à l’arrivée au temple (Mystères joyeux), pendant la Passion (Mystères douloureux), et lors de la Résurrection et le Couronnement de la Vierge (Mystères Glorieux).
Bertali ? Vous voulez parler de Cecilia ?
Voici le genre d’excellent CD qui ne permettra jamais à Arcana de faire fortune, cas d’école de la mélomanie anti-marketing. Prenez un compositeur quasi inconnu, un titre de recueil impossible à retenir en dépit des moyens mnémotechniques les plus développés, un chef éminemment talentueux mais peu célébré de ce côté-ci des Alpes et de surcroît au nom difficilement prononçable.
Une âme caressante
De cet enregistrement, l’on retiendra une vision éminemment personnelle, un souffle langoureux et sensuel. Loin de la clarté et de l’aisance mélodique un peu précieuse de ces pièces, Josetxu Obregón privilégie le frottement moelleux des cordes, usant et abusant des positions basses…
Suites et fin
Nous avions déjà évoqué le mois dernier le génie indescriptible du Kantor, et combien il était difficile de l’appréhender pour le mieux faire apparaître, et ce mois-ci, force nous est de le constater à nouveau. Tout le monde s’est toujours emparé de ses suites pour violoncelle seul, des interprètes les plus baroques (Bylsma, Ter Linden, Cocset, Pandolfo…) aux plus modernes…
Il n’en fait qu’au quintette
Europa Galante nous propose pour la troisième fois de goûter au lyrisme sensuel de Boccherini, compositeur virtuose et prolixe que l’on apprend peu à peu à découvrir et à apprécier. Au service de l’Infant d’Espagne Don Luis, frère cadet de Charles III, il composa plus de 170 œuvres, intégrant trios, quatuors et sextuors à cordes à une perpétuelle production de quintettes.
"Enfin un disque de musique pour luth !"
.. s’écriait votre valeureux serviteur, qui n’attendait que cela depuis des lustres fort longs, à l’annonce des critiques à se partager en début du mois. Inutile de préciser sa hâte, ni son empressement lorsqu’il le reçut quelques jours plus tard, le gavant tout aussi net à son non moins valeureux iPod®, pour se précipiter dans une écoute presque frénétique…
Un bal démasqué
Voilà encore un compositeur bien énigmatique qui pourrait aisément prétendre au Panthéon des illustres inconnus peuplant la sphère musicale du XVIIe siècle. Bartolomé de Selma y Salaverde naquit en Espagne à la fin du XVIe siècle, d’un père musicien à la Chapelle royale ; l’on ne possède en vérité que bien peu d’informations au sujet de sa formation et savons seulement qu’il voyageait entre les chapelles autrichiennes (Cour de Habsbourg) et Venise où il côtoya probablement Monteverdi, Dario Castello ou encore Biagio Marini.
Un caprice des dieux
Carlo nous a roulé dans la farine. Nous ne connaissons pas même sa date de naissance, qu’on imagine formé à Mantoue où il aurait passé sa jeunesse musicale aux côtés de Monteverdi, Rossi ou Buonamente, assisté à la création de l’Orfeo, voire accompagné le grand Claudio dans son périple vénitien.
La grâce de l’ineffable !
Alors que l’ère classique règne, annonciatrice de temps nouveau, et que la musique cherche de nouvelles formes, s’accompagnant d’instruments plus “modernes” tel le pianoforte, la fugue provenant de l’époque baroque tombée en désuétude connait un nouveau succès…
Maubeuge, terreau de musiciens
Durant la première moitié du XVIIIe siècle, cette ville de notre actuel Nord-Pas-de-Calais apparaissait comme un pôle majeur de l’enseignement musical du nord de la France. Le célèbre compositeur Joseph Gossec (1734-1829), codirecteur du fameux Concert Spirituel en 1773, s’y rendit en effet pour étudier le violon.
Laisser-faire, laisser-aller !
On retrouve dans ce premier volume des 3 parutions du nouveau Label Hérisson David Walter au hautbois, dont le jeu élégant et racé avait déjà pu être apprécié par notre consœur et amie Katarina Privlova qui en avait toutefois stigmatisé l’insoutenable légèreté chez Telemann (Label Hérisson).
L’Italie à Madrid
Octobre 2009. Voici un CD élégant et rare, qui en étonnera plus d’un. Car si Juan de Ledesma est bien originaire de la péninsule (la grosse péninsule du Couchant), c’est du côté de l’Italie, et notamment de Naples que se tournent ses regards. En effet, les alliances matrimoniales des Bourbons d’Espagne conduisirent à la venue de musiciens italiens, tels Farinelli lui-même.
Enchantement et plénitude nordiques (Buxtehude / Reincken, Sonates, La Rêveuse – Mirare)
Pour sa troisième parution discographique, l’ensemble La Rêveuse a choisi de s’orienter, après deux disques remarqués consacrés au XVIIe siècle anglais dont l’un consacré à des airs de Purcell (Mirare), vers leurs contemporains allemands. On y découvre en effet des sonates en quatuor de deux grands maîtres du Nord : Buxtehude de Lübeck et Reincken d’Hambourg.
