Au plaisir des amateurs… (I Dilettanti, Sabata, Latinitas Nostra – Aparté)
Nous avions apprécié le timbre et l’expressivité de Xavier Sabata dans le récital Bad Guys, donnant vie et relief aux anti-héros, aux méchants des opéras, avec une grande sensibilité humaine. Dans un entretien recueilli en début d’année, le contre-ténor nous avait confié la sortie prochaine d’un enregistrement d’airs écrits par des amateurs, des hommes qui aimaient la musique sans en faire nécessairement leur profession. L’album I Dilettanti nous livre une série de cantates ou d’airs de concert, dont certains pourraient sans peine s’insérer dans un opéra.
Mille feuilles baroque (Lancement de la nouvelle rubrique Littérature)
Qu’est-ce donc messieurs, qu’un homme de lettre ? C’est celui dont la profession est de cultiver sa raison pour ajouter à celle des autres. (Jean-François de La Harpe, Discours d’entrée à l’Académie, juin 1776). Nous inaugurons cette nouvelle rubrique, toute entière consacrée à la littérature, qui nous verra selon une périodicité toute irrégulière, flâner dans l’œuvre féconde des grands auteurs européens à la recherche de ce que les textes peuvent avoir de Baroque.
Casanova, confessions d’un perdant magnifique (Histoire de ma vie, Premier volume – Ed. R. Lafont, 1993)
C’est le moment que nous choisissons pour inaugurer cette nouvelle rubrique, toute entière consacrée à la littérature, qui nous verra selon une périodicité toute irrégulière, flâner dans l’œuvre féconde des grands auteurs européens à la recherche de ce que les textes peuvent avoir de Baroque. Votre magazine élargit ainsi le champ de ses intérêts et nous espérons que nos lecteurs avides de découvertes y trouveront matière à quelques ravissements.
Plaisirs, doux vainqueurs… (Rameau, Hippolyte & Aricie, Christie, Kent – Glyndebourne, Opus Arte)
La production 2013 de Glyndebourne emprunte avec bonheur quelques-uns des interprètes de la remarquable production de Garnier en 2012, dirigée par Emmanuelle Haïm. On y retrouve en particulier le couple royal composé de Sarah Connolly et Stéphane Degout, ainsi que François Lis (qui ajoute le rôle de Neptune à ceux de Pluton et Jupiter).
Pont aérien et conquête spatiale (Gabrieli, Les Sacqueboutiers – Flora)
Nous ne saurions décider de la part du génie de Gabrieli ou de la force pédagogique du travail de la troupe de Jean-Pierre Canihac et de Philippe Canguilhem, mais l’auditeur se trouve entrainé de force dans un jeu d’écoute aussi facile que divertissant.
Les Enfers en triomphe (Gala Rameau, Le Concert Spirituel, Niquet – Metz, 09/11/2014)
En cette fin d’après-midi à l’Arsenal de Metz, Hervé Niquet à la tête du Concert Spirituel et des Chantres du Centre de Musique Baroque de Versailles (CMBV) offre un programme exceptionnel comme ceux proposés au XVIIIe siècle, mêlant avec génie le sacré et le profane et s’inscrivant dans le cadre du Gala Rameau.
Eeemerging : soutien aux jeunes ensembles
Pour le démarrage du programme en 2015, 2 ensembles parmi les 4 sélectionnés en 2014 vont bénéficier d’une deuxième année d’accompagnement dans leur développement. Ils ont été choisis au terme d’une délibération serrée mais unanime des co-organisateurs d’eeemerging, en marge du festival le 4 octobre. Il s’agit de Seconda Pratica et Voces Suaves.
“C’est l’âme qui doit jouer.” (C.P.E. Bach, Trios Sonatas, Les Ambassadeurs, Kossenko – Alpha)
L’année 2014 aurait pu être consacrée à Carl Philipp Emmanuel Bach qui, dans l’ignorance quasi-générale, a soufflé sa trois-centième bougie. Le label Alpha lui rend cependant un bel hommage en publiant plusieurs de ses Sonates en trio pour violon, flûte et clavecin, accompagnées de concertos pour flûte enregistrés antérieurement.
Festival international de musique ancienne de Lanvellec et du Trégor (week-end du 17/10/2014)
En conclusion d’un week-end plus que réussi on se doit de constater que, à l’exception de quelques déceptions ou surprises mineures et qui sont le lot de n’importe quel concert du simple fait de la diversité des goûts qui peuplent la Terre, tout les concerts auxquels nous avons assistés furent un enchantement tant par les artistes, le répertoire ou encore le cadre, choisi sur mesure de chacun des programmes. Tout ceci ne peut qu’être porté au crédit du Festival de Lanvellec qui prouve une fois de plus la qualité de sa programmation.
Harke, harke! Lyra Violls Humors and Delights (Captain Tobias Hume, Les Basses Réunies – Alpha)
On ne sait rien, certes, de Tobias Hume, ou presque, prétendre donc le cerner est vain. Mais la série d’indices qu’il nous glisse dans sa prose tant verbale que musicale, son orthographe intéressante (même pour l’époque), sa bravacherie, sa mélancolie, son humour, sa sauvagerie, son élan, son invention ainsi sa palette d’humeurs changeantes, nous en dit beaucoup plus que tous les biographies que l’on pourrait lui inventer.
Un nouvel horizon ? (Vivaldi, Pieta, Jaroussky, Ensemble Artaserse – Erato)
La voix de contre-ténor suscite bien des questions. Elle peut émouvoir et troubler mais elle peut aussi heurter et surprendre. Voix fascinante par excellence, elle entretient ou fait entretenir dans l’esprit humain le mystère et surtout les fantasmes…
Rameau & Mondonville (Les Passions – Festival baroque de Pontoise, 19/10/2014)
Ce dimanche 19 octobre, en clôture de la 29ème édition, l’ensemble Les Passions, au meilleur de leur forme, sous la direction de Jean-Marc Andrieu a offert au public venu nombreux dans la belle cathédrale Saint-Maclou qui couronne la ville, un programme de musique sacrée d’une haute tenue consacré aux Grands Motets versaillais de Jean-Philippe Rameau (1683-1764) et de Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville (1711-1772).
Un chef-d’œuvre en devenir (Hasse, Siroe, Re di Persia, Armonia Atenea, Petrou – Decca)
Après le succès de la tournée Rokoko aboutie par l’enregistrement du même nom, Max Emanuel Cencic se tourne à nouveau vers le maître incontesté de l’opera seria Johann Adolf Hasse (1699-1783), le Cher Saxon. Ce compositeur plus que prolifique, puisqu’il n’écrit pas moins de 56 opéras interprétés par les plus grands chanteurs de l’époque, de Farinelli à Faustina Bordoni, qu’il épousa.
A mort l’Autrichienne ! (Zahia au tapis – Les Gobelins au Siècle des Lumières)
Il est parfois utile de sortir de notre réserve compassée, et d’asséner ça et là un coup de masse d’arme. D’abord ça défoule. Ensuite, c’est un geste salutaire. Pourtant avait-on besoin de cette Autrichienne de pacotille pour en appeler à toutes les mères de France ?
“Rien d’impossible à un homme qui veut travailler” (Brossard, Charpentiers – Les Voyageurs, Alexis Knaus)
Revendiquant son extraction normande, l’ensemble Les Voyageurs a voulu honorer sa terre d’attache en consacrant son premier enregistrement à Sébastien de Brossard, originaire de Dompierre. L’ambition de faire entendre les compositions de cet homme avant tout connu pour son Grand Dictionnaire de Musique est louable, autant que celle de mettre au jour un Miserere peu connu de Marc-Antoine Charpentier.
Wiener Blut ! (Caldara, La Concordia dei’Pianeti, La Cetra, Andrea Marcon – Archiv)
Capté en live à Dortmund, cette Azione Teatrale en un acte de Pietro Pariati, mise en musique par Antonio Caldara, sanctionne l’entrée du grand Vénitien dans l’immortalité. En effet avec cette recréation et première mondiale au disque, Archiv/Deutsche Grammophon prend un risque splendide et fait par la même occasion un joli pied de nez à l’innommable lieu commun de la crise du disque classique.
Sous le signe de la tragédie (Rameau, Castor & Pollux, Le Concert d’Astrée, Haïm – Lille, 17/10/2014)
Cette année musicale placée sous le signe du 250ème anniversaire de Rameau a suscité plusieurs productions de son Castor et Pollux, généralement à partir de la seconde version (1754) plus aboutie que celle de 1737. Nous avions chroniqué il y a quelques mois une fort honorable version de concert donnée à Bordeaux par Raphaël Pichon.
L’envers du succès (Rameau, Grands Motets, Les Arts Florissants – Cité de la musique, 02/10/2014)
Dans le domaine friand de fraîcheur et de rareté qu’est celui de la musique ancienne, rares sont les programmes que l’on peut qualifier de grands classiques. C’est pourtant bien ce dont nous fûmes témoins ce soir là. En effet, Les Arts Florissants, ensemble de référence par excellence, sous la houlette de son chef de toujours William Christie, reprenait un programme de Grands Motets de Mondonville et Rameau…
Rameau au Temple de la Gloire (Les Agréments, van Waas – Versailles, 14/10/2014)
En ce frisquet mardi soir d’Octrobre renaissait, sous les ors parmi les plus illustres du monde une œuvre pour le moins injustement méconnue, fruit de la collaboration fertile de deux esprits des plus féconds, pour le premier de la philosophie et de la littérature, pour le second de la musique et de la théorie musicale.
