“Eclatez, fières trompettes !” (Rameau, Castor et Pollux, Choeur du Capitole, Les Talens lyriques – Toulouse, 2 avril 2015)
Après Hippolyte & Aricie en 2009 puis Les Indes Galantes en 2012, l’Opéra Capitole confirme cette saison encore son attachement à Rameau avec cette fois Castor & Pollux. Tant musicalement que scéniquement, cette production s’inscrit assurément dans la haute lignée des deux productions inoubliables qui l’ont précédée.
Pétillant et bien troussé
Tandis qu’un vent froid de mars balayait la plaine d’Alsace, les spectateurs emplissaient peu à peu la petite salle bonbonnière du théâtre de Colmar, dont la jolie fresque multicolore du dôme tranche sur le blanc immaculé des stucs. Le Mariage secret a été un peu délaissé des programmations lyriques ces dernières années, et c’est bien dommage…
Rome, creuset des peintres baroques (Petit Palais du 24 février au 24 avril 2015)
Au XVIIe siècle Rome a attiré nombre de peintres venus de l’Europe entière : de la France voisine (on pense en particulier à Claude Gellée, dit Le Lorrain, qui y passa la plus grande partie de son existence) mais aussi d’Europe du Nord, et en particulier des Pays-Bas déchirés par la guerre…
Déménagement de l’Opéra Garnier à Clichy-sous-Bois et Dubaï
Lors d’une conférence de presse dans les salons du Palais-Royal avant le prochain transfert des services du Ministère de la Culture et du Conseil d’Etat à Fresnes, la Ministre de la Culture a annoncé qu’elle suivrait intégralement les recommandations de la Commission bipartite pour la promotion de la Musique pour Tous…
“Croix, supplices, joie des âmes” (Bach, Passion selon Saint Matthieu, Concert Lorrain, Prégardien – Luxembourg, 25/03/2015)
Avec la Philharmonie Luxembourg, le Grand-duché, qui compte environ un demi-million d’habitants, dispose de l’une des salles de concerts les plus prestigieuses d’Europe. Elle est située sur le Plateau du Kirchberg à Luxembourg-Ville. La Philharmonie Luxembourg, dénommée « Salle de concerts grande-duchesse Joséphine-Charlotte », a été inaugurée en 2005…
Le Crépuscule des Dieux : décès d’Oleg Bryjak et Maria Radner
c’est un ange noir qui a brisé les destins de deux chanteurs que n’avons pas eu l’occasion de suivre sur nos pages du fait de leurs penchants wagnériens : le baryton-basse Oleg Bryjak (54 ans) et son épouse la contralto Maria Radner (34 ans) ont péri dans l’accident du vol de la Germanwings reliant Barcelone à Düsseldorf qui s’est écrasé mardi dans les Alpes. Ils revenaient de Barcelone…
Orphée de France et d’Angleterre (Airs de Purcell & Charpentier, Santon, Cochard, Dunford, Degand – AgOgique)
C’est un beau témoignage des XVIIème siècle français et anglais que nous propose Chantal Santon-Jeffery. A l’image de son patronyme qui illustre ses racines tout à la fois françaises et britanniques, elle nous plonge dans les chants d’amour de Purcell et Charpentier, en une savante mise en regard de ces deux compositeurs à peu près contemporains dans leurs créations.
Hibernatus (Keiser, Pomona, Capella Orlandi Bremen, Ihlenfeld – CPO, 2014)
On parle et surtout on entend de plus en plus d’opéras de Keiser pour notre plus grand bonheur, notamment depuis l’extraordinaire resurection du Croesus sous la baguette de René Jacobs en 2000 (Harmonia Mundi). En effet cet immense compositeur a toujours pâti de l’ombre de Haendel (son premier violon et parfois assistant à Hambourg) et de Telemann, son successeur au poste d’ « intendant » au Gänsmarktoper de la grande ville Hanséatique.
Vermeer sur tatami (National Museum Art Center, Tokyo de février à juin 2015)
L’exposition actuellement présentée au National Museum Art Center de Tokyo réunit 83 œuvres de l’Antiquité au XIXème siècle, autour du thème des scènes de genre. Le sujet fait la part belle à la peinture flamande et hollandaise, mais aussi au XVIIIème…
Les sous-titres à genoux (ou du bon exemple du Kabuki-za)
Le Théâtre national du Kabuki de Tokyo (Kabuki-za) – archétype de permanence et de transmission de la tradition, tant au niveau de la pratique interprétative musicale que de la gestuelle ou de la mise en scène – vient à compter de mars de mettre à disposition du public tant japonais qu’étranger un dispositif innovant qui pourrait donner de bonnes idées à nos salles d’opéras. Il s’agit d’une sorte d’écran rectangulaire,…
De l’inadéquation entre ce que l’on voit et ce que l’on entend
L’art de la mise en scène est un art subtil. Il exige non une idéologie prête à porter qui n’est qu’une facilité pour l’esprit, mais la capacité à mettre en adéquation ce qu’une écoute sincère, authentique, personnelle de l’œuvre fait naître en nous, et ce qu’on en donne à voir sur une scène. Il semble cependant que depuis quelques années, la musique baroque se voit régulièrement affublée d’un visuel en total décalage…
21 mars : une journée européenne de musique ancienne trop discrète
Evénement phare de l’année, le 21 mars a été consacré par l’association Journée européenne de la Musique Ancienne, célébrant l’arrivée du printemps – et de manière un peu fallacieuse, la naissance de Jean-Sébastien Bach, qui comme on le sait est né 10 jours plus tard (mais en revenant au calendrier julien cela tombe bien le 21, ce que l’association met – sérieusement ??? – en avant). Pour cette “folle journée”, à travers toute l’Europe, et pour la 3ème édition, 70 événements auront lieu dans 17 pays “de Porto à Kiev”…
Affreuse, Sale et Méchante (La Rome Ridicule, Marc-Antoine Girard de Saint-Amant, 1643)
Si la littérature sur Rome est dominée par les Promenades de Stendhal, ainsi que par des pages sublimes des Mémoires du Vicomte de Chateaubriand, nous ne saurions trop recommander à nos lecteurs d’entreprendre la visite de la capitale italienne munis du précieux poème de Saint-Amant, satire féroce et hilarante, chef d’œuvre de la littérature baroque.
L’âme humaine, prisonnière de ses passions… (Mozart, Die Entführung aus dem Serail, Zehnder, Orchestre national de Lorraine – Metz, 22 février 2015)
Même si la Turquie peut s’avérer lointaine… A l’époque où Mozart compose l’Enlèvement au Sérail, Die Entführung aus dem Serail, les empires ottoman et autrichien sont limitrophes. Ce sublime pays se trouve donc à quelques encablures du monde occidental. La puissance turque s’exerce de la Méditerranée orientale jusqu’à une grande partie de l’Afrique du Nord.
L’honneur du sultan (Handel, Tamerlano, Les Talens Lyriques – Théâtre de la Monnaie, 6 février 2015)
Face à une Alcina caractéristique d’un Haendel flamboyant, où volent les arias, Tamerlano campe une autre facette du compositeur, plus résolument dramatique et aussi plus innovante musicalement, notamment en confèrant un rôle de premier plan au ténor Bajazet. Comme pour Alcina, autre volet de ce dyptique programmé en ce début d’année, le théâtre de la Monnaie avait choisi d’employer le cadre reconstitué de la scène du théâtre de Drottningholm, afin d’y transposer la mise en scène de Pierre Audi, adaptée par Astrid Van den Akker.
“Dépasser la simple esthétique” : rencontre avec Reinoud Van Mechelen, haute-contre
Muse Baroque : Bonjour Reinoud Van Mechelen. On vous voit fréquemment sur les scènes parisiennes et à Versailles ces derniers mois. Là vous intervenez dans Les Fêtes Vénitiennes de Campra à l’Opéra Comique : dans quel état d’esprit êtes-vous ?
Reinoud Van Mechelen : J’ai déjà participé à de grandes productions avec William Christie – notamment des actes de ballet de Rameau – mais c’est la première fois que je tiens un rôle de cette importance dans une oeuvre mise en scène d’une telle envergure. La collaboration William Christie/Robert Carsen apporte une dimension toute nouvelle à cette pièce pleine d’humour et tellement accessible.
Désenchantement enchanteur (Haendel, Alcina, Les Talens Lyriques – La Monnaie, Bruxelles, 07/02/2015)
Alcina la magicienne perd ses pouvoirs en devenant follement amoureuse de Ruggiero. Ce dernier la trahira lorsque Melisso, sous les traits de son ancien mentor Atalante, l’aura ramené à la réalité. Au final, l’île enchantée disparaît, et la magicienne s’enfuit devant le triomphe de l’amour conjugal…
La marche des ombres joyeuses (Olivier Baumont, Les Ombres heureuses, Les Tempéraments / HM)
Olivier Baumont démontre, par son interprétation magistrale, toute la richesse de cette période, tant par la diversité des compositeurs, que par le respect d’œuvres tour à tour tendres et vives, mêlant musiques populaires de l’époque et réminiscence d’oeuvres majeures comme La timide de Rameau dans le Concerto en ré majeur de 1749 de Claude Balbastre.
Fastes thébains (Steffani, Niobe – Gauvin, Jaroussky, Paul O’Dette, Stephen Stubbs, Erato)
Contemporain de Corelli, Purcell et Alessandro Scarlatti, Agostino Steffani fut non seulement un compositeur et un claveciniste célèbre de son temps, mais également évêque et diplomate (en tant que vicaire apostolique du Saint-Siège). Il est né à Castelfranco Veneto. Dès son plus jeune âge ses talents de chanteur d’opéra à Venise retinrent l’attention de l’électeur de Bavière, qui l’emmena à Munich afin de compléter son éducation musicale.
Venise de fastes et d’illusions (Campra – Fêtes Vénitiennes, Les Arts Florissants, Christie – Opéra comique, 27/01/2015)
La mise en scène de Robert Carsen s’avère réjouissante, efficace et esthétique. Au Prologue ou mise en situation, le spectateur voit l’arrivée des touristes sur la place Saint-Marc, avec leurs sacs à dos ou leurs valises et leurs téléphones portables pour prendre des selfies. L’apparition du Carnaval, le géant rouge à visage quelque peu comique, symbole des fêtes, transforme ces touristes…
