Fulgurant testament (Les Boréades, Les Musiciens du Louvre, Minkowski – Versailles, 05/10/2014)
Compositeur qui s’est consacré tardivement à l’opéra, Rameau a toujours attaché un soin particulier à l’orchestre. Les nombreux intermèdes dansés de la tragédie lyrique lui ont fourni de brillantes occasions de donner aux instruments leur pleine mesure, tandis que les passages chantés tissent une savante composition entre les moyens de la voix et ceux des musiciens.
“Immortal Bach” – Le Concert de l’Hostel Dieu – Lyon, 30/09/2014)
Au cœur de la Presqu’île lyonnaise, la basilique de Saint Martin d’Ainay demeure une des plus belles traces de l’art roman dans la cité …. Sa pierre doucement rosée encadre un chœur tapissé de mosaïques au caractère byzantin, qui se prolonge en voûtes rondes et propres à faire résonner la musique. Mais pas n’importe quelle musique. Etrangement, c’est celle composée au siècle dernier qui fut portée par Le Concert de l’Hostel Dieu de la manière la plus touchante.
Célébrations ! Festival d’Ambronay (week-end du 27/09/2014)
Le troisième et avant-dernier week-end du Festival d’Ambronay fit honneur au thème choisi comme fil de conduite pour la programmation 2014 : Célébrations. Célébration inhérente aux œuvres religieuses comme l’est le Dixit Dominus de Haendel, interprété avec fougue et liesse par les Ghislieri Choir & Consort. Célébration aussi de la jeunesse, avec l’Aura Rilucente, jeune ensemble en résidence au Centre culturel de rencontre.
A la recherche du fil d’Ariane (Canti d’amor, Monteverdi, Athénée-Louis Jouvet, 26/09/2014)
Les musiciens de l’Ensemble du Muziektheater Transparant livrent, sous la baguette de Nicolas Achten, une interprétation sensible des jeux amoureux. Ils respectent les voix, et après un début parfois hésitant, trouvent une unité qui rend avec justesse la pureté des madrigaux.
Caprices… de trublions (A due Cembali, Aline Zylberajch & Martin Gester – K617)
Il est de ces artistes qui s’essaient avec complaisance à une originalité exarcerbée dans les projets qu’ils proposent et dans ce domaine, Aline Zylberajch et Martin Gester, clavecinistes et trublions chevronnés de profession n’en sont pas à leur coup d’essai.
Plaisirs enchantés des Gaules (Lully, Amadis, Choeur de Chambre de Namur – Les Talens Lyriques, Aparte)
Après le succès de Phaéton (1683), Amadis marque une nouvelle étape de la fructueuse collaboration entre Lully et Quinault. Mais le contexte politique a fortement évolué en quelques mois, tandis que les deux compères renouvellent le genre de la tragédie lyrique en plusieurs de ses points fondamentaux. En France la Reine est morte en juillet 1683, et si dès octobre le Roi se remarie secrètement avec Madame de Montespan, il est tenu officiellement d’observer une période de deuil…
La magie de la technique …(Cantate Deo, Marco Beasley, Guido Morini, Accordone – Alpha)
Marco Beasley et Guido Morini marquent ici un événement « atypique », particulier sur le plan musical. Grâce à la technique dite du réenregistrement, le ténor Marco Beasley interprète seul les parties vocales, en principe chantées à deux voix distinctes. Cette technique a été notamment utilisée en musique classique par Aldo Ciccolini dans sa première intégrale des œuvres pour piano à 4 mains d’Erik Satie.
Mozart a-t-il des ailes ? (Mozart Requiem, Notre-Dame-de-Paris, 23/09/2014)
C’est une bien paisible lutte qui s’engage, pour le ciel, à Notre-Dame-de-Paris. Humilié par la hauteur des voutes, écrasé par le poids du sens qu’on a patiemment construit à leurs pieds, l’Homme se débat en sifflotant. Il a pris aujourd’hui les traits de Mozart. Derrière ce masque il n’a pas fini son ouvrage, comme sa légende aime à le répéter.
Le tunnel du temps (Le service funèbre de Jean-Philippe Rameau – Capriccio Stravagante, Sempé – Paradizo)
La date est inscrite sur la pochette du disque : 27 septembre 1764. Skip Sempé nous transporte littéralement vers ce jour sombre pour rendre hommage à Jean-Philippe Rameau. Quinze jours auparavant, le Dijonnais s’éteignait d’une fièvre putride à Paris.
Rameau mis en Lumières (Bibliothèque de Versailles, 20/09/2014 – 03/01/2015)
e week-end, à l’occasion des Journées européennes du Patrimoine, la bibliothèque municipale de Versailles a dévoilé une exposition consacrée au compositeur Jean-Philippe Rameau (1683-1764). Organisée dans le cadre des festivités de l’année Rameau en collaboration avec le Centre de musique baroque de Versailles, cette exposition est la première à ouvrir en cette rentrée…
Sautes d’humeur et originalité sonore (CPE Bach, Zylberajch, Piérot – L’Encelade)
En ce trois-centième anniversaire de la naissance du second fils de Johann Sebastian, la Muse se devait de revenir sur la généreuse parution du label l’Encelade. Plus qu’un aperçu, son riche programme convie le mélomane curieux à se muer en véritable explorateur.
Meslanges pour la Chapelle d’un Prince, Ensemble Correspondances, Daucé – Harmonia Mundi
Concurrent politique de Louis XIII dans son propre royaume, instigateur de nombreux complots, Gaston duc d’Orléans rivalisa également avec son frère dans le domaine des arts. Il sut notamment s’entourer de fameux compositeurs dont Etienne Moulinié, qui durant plus de trente ans le servit en tant que directeur de sa musique…
Israël in Egypt, Roy Goodman (Ambronay – 21/09/2014)
Au cœur de cette 35ème édition, foisonnante de conférences, visites, expositions (de matériel agricoles), et bien entendu de concerts, le contraste et la diversité règnent en maître. Seule la qualité demeure l’élément non négociable, et in facto non négocié.
L’imagination et l’âme (Imaginarium, Enrico Onofri – Ambronay, 20/09/2014)
Quel contraste ! Entre cet homme si mince, d’apparence fragile, au sourire jeune mais un peu timide, et le violoniste virtuose débordant de verve et d’énergie, dont le regard de glace vive reflète, lorsqu’il joue, l’animation de son âme ! Enrico Onofri a prouvé ce soir sa maestria absolue du violon baroque, particulièrement manifeste dans l’Opus VIII d’Antonio Vivaldi.
L’excellence (Haendel, Israël en Egypte – Le Concert Lorrain, Goodman – Metz, 20/09/2014)
Pourquoi écrire une critique alors qu’un seul mot résume la prestation de ce soir : L’EXCELLENCE ! Les amateurs de musique baroque de l’Est de la France n’ont rien à envier de la Capitale. car la Lorraine se place remarquablement sur la scène musicale baroque avec entre autres l’Arsenal de Metz (57), le Festival de musique sacrée et baroque de Froville (54), l’Opéra national de Lorraine et la salle Poirel de Nancy (54).
“On vient, voyez les jeux, augmentez leurs attraits” (Rameau, Les Indes Galantes – La Simphonie du Marais, Hugo Reyne – Musiques à la Chabotterie)
Premier des six opéra-ballets de Rameau, Les Indes galantes se composent d’un prologue et de quatre entrées – et non actes – dont celle « Les Sauvages » fut ajoutée l’année suivant la création. Ce ballet héroïque, sur livret de Louis Fuzelier, s’inscrit dans la veine exotique du XVIIIème siècle…
« Mon métier est chanteur » (Atelier de chant baroque, Bruno Le Levreur, Ambronay, 20/09/2014)
Pour sa 35ème édition, le Festival d’Ambronay s’affirme comme un événement résolument jeune. Jeunesse qui lui vient aussi bien des musiciens qui s’y produisent que du public qu’il souhaite toucher. « L’atelier de chant baroque » présenté pour la première fois par le contre-ténor Bruno Le Levreur s’intègre dans cette démarche pédagogique d’ouverture et de sensibilisation.
« Quand tous voient le Créateur expirer, Que feras-tu pour ta part ? » (Bach, Passion selon Saint Jean – Itay Jedlin – Ambronay, 19/09/2014)
Cet appel lancé par Bach dans l’ultime air de ténor de sa Passion selon St Jean, Itay Jedlin et son Concert étranger le firent résonner d’une manière bouleversante hier, en l’abbaye d’Ambronay. Ayant fait le choix d’un effectif orchestral assez restreint, le chef fit la part belle au texte même, suivant la volonté de Bach, et permit ainsi à cette œuvre magistrale d’atteindre toute sa force expressive.
