Sans frayeur dans ce bois
Le titre est trompeur, et après la Nouvelle Espagne de Mare Nostrum (Alpha), ceux qui viendraient en ces lieux chercher des compositions de Domenico Zipoli ou autres messes de jésuites en seront pour leurs frais…
Follia del Mondo
Ce récital, pendant religieux du remarquable Yo soy la Locura précédent (Anima e Corpo), est tout entier empreint de l’univers de la soprano Raquel Andueza, qui le hante de son timbre si reconnaissable et si difficilement descriptible à la fois. In Paradiso constitue ainsi un voyage au long cours, sur les caprices d’un fleuve nonchalant et intense,…
Le cuisinier de Haendel
On cite souvent, dans la légende haendélienne la phrase malheureuse qu’il aurait prononcée contre le jeune Gluck : Mon cuisinier connaît plus le contrepoint que ce Gluck. Si non è vero e ben trovato. Mais n’en déplaise au grand Berlioz qui épingla le Caro Sassone pour cette affirmation, il se peut qu’au lieu d’une perfidie ce soit une sorte d’hommage.
Correspondances
Rares sont les claviéristes aujourd’hui qui s’aventurent avec bonheur à jouer la musique de Carl Philipp Emanuel Bach au clavicorde. Parmi les réalisations marquantes, signalons celle de Mathieu Dupouy (Hérisson Productions), signalons celle de Marcia Hadjimarkos (Pièces de caractère, Zig Zag Territoires), et signalons encore celle de Jocelyne Cuiller…
Une merveille d’équilibre
On ne peut pas dire qu’André Campra soit méconnu ; les mélomanes le connaissent. Pour autant, connaît-on vraiment sa musique ? Rares sont les œuvres lyriques enregistrées — son Europe galante n’est pour beaucoup qu’un titre, et on attend toujours une parution discographique pour pallier à la faible version Leonhardt
J.S Bach ou le raffinement
C’est avant tout la sublime musique de J.S. Bach qui est mise en valeur dans ce disque, enregistré en 1991. On ressent très bien à quel point Bach se met au service de son texte en illustrant au mieux et de façon variée des mots qui sont chacun porteurs de sens. Ainsi, le dernier air de la cantate BWV 82 se caractérise par un balancement très dansant et qui sert à merveille le texte explicite…
Le changement dans la continuité
Jamais deux sans trois. Après un enregistrement un peu vert chez Virgin (1989) et la magnifique version de référence de 1996 (Harmonia Mundi), Philippe Herreweghe récidive avec cette nouvelle parution lumineuse, fervente et contemplative. Rondeur des courbes, hédonisme sonore permanent, prise de son superlative, malgré les nombreux attraits de cet opus, force est d’avouer que le meilleur rival d’Herreweghe n’est autre que lui-même…
“L’arrogance d’Adonis trouva la vengeance de Vénus”, Don Pedro Calderon de la Barca, La Purpura de la Rosa, 1680.
Le mystère d’Adonis, qui est au sources même de la régénération de la nature dans toutes les nuances de son printemps. Si l’amour poursuit jusqu’à la fleur l’indifférent et le cruel, c’est dans ces amours infidèles que la plus sensuelle des Déesses épanche toute sa volupté.
Largo sur la lagune
L’œuvre instrumental d’Albinoni est paradoxalement aussi célèbre que mal compris. La faute à cet Adagio sirupeux qu’on lui prête et qui est en réalité issu de la plume du musicologue Remo Giazotto s’inspirant d’un fragment de basse continue dudit Albinoni.
“Une personnalité cruciale”
En 1705, durant une courte période, le compositeur et diplomate hambourgeois Johann Mattheson se trouvait à Amsterdam. Il reçut à cette occasion la lettre d’un de ses proches amis resté à Hambourg. La missive le priait de revenir en toute hâte dans le port hanséatique car le moment vient où rien ne peut se faire à l’opéra en votre absence.
En un mot, vivant (De Machy, pièces de viole, Pandolfo – Glossa)
Pour les violistes, Monsieur de Machy fait souvent figure de mystère. Dans cet avant Marais qui marque l’histoire de la musique pour viole soliste, il est le seul à avoir publié sa musique devançant en cela d’un an son illustre contemporain. Pourtant, ces Pièces de viole pour viole seule, en notation sur portées et en tablatures sont rarement jouées, et encore plus rarement enregistrées.
Un plaisir calme et apaisé
Charpentier a écrit plusieurs cycles de leçons de ténèbres, à différentes périodes de sa carrière. Les premières étaient très ornementées, dans la plus pure tradition française, cette tradition même qui sera ensuite rejetée par une partie de l’Église, scandalisée de voir que les églises se muaient quasiment en maisons d’opéra pour l’occasion.
Vivaldi le Viennois
Cherchant à relancer sa carrière sous de nouveaux cieux, Antonio Vivaldi quittait en mai 1740 la Lagune pour Vienne, où il comptait de nombreux protecteurs, et pouvait s’enorgueillir de la faveur de l’Empereur Charles VI. Il emportait avec lui ses dernières partitions, dont celle de l’Oracolo in Messenia, créé en 1738 au Teatro s. Angelo.
Beata est
Marc-Antoine Charpentier est considéré comme un maître incontesté dans le domaine de la musique religieuse. Son œuvre qui réalise une synthèse très personnelle entre la tradition française et l’héritage italien dont il s’est nourri lors d’un séjour déterminant de trois ans auprès de son maître Carissimi, est marquée par le signe d’une haute spiritualité.
Il n’y a pas que les feuilles qui ont de belles couleurs !
Le concerto pour orgue et orchestre n’est pas un genre facile, ne serait-ce que parce que l’orgue est un instrument très complet. Dans le cas de ceux de Händel, la tâche est encore compliquée par le fait que la partie de l’orgue, en de nombreux endroits, devait être improvisée. Cela justifie du moins la multiplicité des versions… qui au demeurant ne sont pas fort nombreuses.
“La lueur puissante de Ra”
Sésostris III (1878 – 1854) fut un des grands monarques de la XIIème dynastie. Sous la lumière de sa double couronne, l’Egypte classique atteint l’acmé de la puissance, du développement économique et de la culture. Sésostris III demeure un des monarques les plus célèbres de l’histoire des Pharaons.
C’est la faute à Voltaire
Janvier – Février 2013. Nous le disions du côté des concerts avec la résurrection de l’Andromaque de Gretry, l’Amadis de Gaule de Jean-Chrétien Bach, le Renaud de Sacchini ou encore le Thésée de Gossec, sans même mentionner la Mort d’Abel de Kreuzer, l’heure est à la tragédie lyrique. Non pas celle que nous autres baroqueux connaissons bien, du monopole lullyste aux créations tardives de Rameau, mais à cette tragédie lyrique entre modernité et tradition …
Le trou de serrure
La musique pour consort de violes comme celle des lute songs ne relevaient pas, dans l’Angleterre du XVIe et du début du XVIIe siècle, du concert mais plutôt de la pratique musicale privée. C’est ce que rappelle Richard L. Smith au début du texte qui accompagne ce disque…
