Sage comme une image
Le 3ème volume de le nouvelle collection du label Hérissons Prod. s’illustre par sa jaquette très artistique, avec l’énigme de cette sandale en noir et blanc posée sur les pavés. Hélas, l’enregistrement manque justement du mystère et du contraste de la photographie de sa jaquette, en dépit du talent certain des artistes rassemblés.
Chronique d’une mort annoncée
Quand le très sérieux Institut Antonio Vivaldi donna son satisfecit à la partition découverte par le claveciniste tchèque Ondrej Macek, les mélomanes vivaldovores furent hautement ravis par les promesses d’une œuvre totalement méconnue, d’une période tardive du prêtre roux. L’enregistrement à Prague de cette partition retrouvée dans la demeure familiale de Regensbourg des Princes Thurn und Taxis, fit trépigner d’impatience.
Et au milieu coule une rivière…
On ne compte évidemment plus le nombre d’enregistrements disponibles de ce must du répertoire pour clavecin (bien que certains le concèdent au piano — nous nous réprimerons cependant de statuer sur la question — sans même oser mentionner les transpositions plus hasardeuses pour ensembles d’instruments, ou autres solistes non-klavieristes).
“Il rend le soleil à nos vœux!”
Alors que le jeune Louis XV se remet d’une des nombreuses maladies qui pouvaient toucher les hommes au XVIIIème siècle, Louis-Nicolas Clérambault met en musique Le soleil vainqueur des nuages, cantate figurative à l’éclatante et radieuse conclusion. S’il est vrai que l’assimilation solaire du Roi de France n’est plus à revoir, les années du règne de Louis XV voient un changement de l’imaginaire de certains symboles, jusqu’alors exclusivement royaux…
Un Hamburger qui se déguste
Bernhard et Herwich sont pour nous deux parfaits inconnus, et cet opus original consacré à la musique religieuse et instrumentale vers 1652 risque hélas fort de passer inaperçu dans les bacs des disquaires…
Ma, dove sta la stravaganza ?
A la première écoute, deux réflexions viennent à l’esprit : Tiens, un Vivaldi où le soliste n’est pas le violon, mais en général la flûte à bec et C’est curieux, j’avais cru lire Stravaganza sur la pochette ; or, en fait d’extravagances, le rendu semble plutôt timide et adouci.
Les Sonates de la Roseraie
Les Sonates du Rosaire comptent parmi les chefs d’œuvre de Biber. Divisées en 15 Mystères soigneusement copiés dans un luxueux manuscrit avec gravures conservé jalousement à la Bibliothèque de Munich, le cycle retrace la vie du Christ depuis l’Annonciation à l’arrivée au temple (Mystères joyeux), pendant la Passion (Mystères douloureux), et lors de la Résurrection et le Couronnement de la Vierge (Mystères Glorieux).
Bertali ? Vous voulez parler de Cecilia ?
Voici le genre d’excellent CD qui ne permettra jamais à Arcana de faire fortune, cas d’école de la mélomanie anti-marketing. Prenez un compositeur quasi inconnu, un titre de recueil impossible à retenir en dépit des moyens mnémotechniques les plus développés, un chef éminemment talentueux mais peu célébré de ce côté-ci des Alpes et de surcroît au nom difficilement prononçable.
Les pédales sur terre et la tête dans les étoiles
Ach, Teufel, voici Bach au piano. On tempête, on s’émeut, on réclame l’orgue et le clavecin à cor et à cri. Mais le cor se bouche et le cri s’éteint devant l’interprétation profonde d’Edna Stern qui sait extraire de son piano anonyme (le facteur n’est pas précisé) un son d’une intense plénitude sonore qui n’a d’égale que la cohésion programmatique des pièces et l’enchaînement bien pensé des tonalités.
De l’art du Madrigal, au féminin
Formée par les soins de Francesco Cavalli, Barbara Strozzi grandit en la république de Venise et prit part dès sa jeunesse à l’activité musicale de la cité. Son père, Giulio Strozzi, fut un des poètes les plus apprécié de son temps – Monteverdi lui commanda deux livrets d’opéra – et fonda en 1637 une académie rattachée à la plus célèbre Accademia degli Incogniti.
Que l’encens et les jeux rendent hommage à la déesse !
Derrière le titre de Dom Quichotte (orthographié à la française) donné à cet enregistrement se cache un programme hétéroclite et unifié par deux caractéristiques : le français et le comique…
Mendelssohn serait content
Le livret évoquait l’intime dialogue musical entre soliste et ensemble dans ces concertos pour clavecin que l’Accademia Bizantina a gravé chez Decca. L’ensemble, qui se produisait il y a quelques jours en concert s’était avéré peu convaincant chez Bach et excellent chez Vivaldi.
“Qual alto concento d’angelico accento consiglia a gioir?”
Parmi ses nombreuses cantates, Alessandro Stradella semble n’en avoir signé que deux pour la Nativité, qui sont réunis sur ce disque d’une rare délicatesse : non pas une délicatesse morbide et superficielle, mais une délicatesse tendre et suave, qui enveloppe tout l’enregistrement.
Sons et lumières
Le titre est joliment choisi, la jaquette superbe, puisqu’on reconnaît Les Musiciens du Caravage, exposé au Met de New York. Pourtant, cette sélection de sonates, madrigaux ou canzoni porte mal son nom puisqu’on y trouvera plus de lumière que d’ombre, plus de couleurs que d’obscurité.
Québec, je me souviens
Non, la Virginie n’a jamais été française, et ce disque ne chante pas les louanges de l’état aujourd’hui américain baptisé en l’honneur de la reine Elisabeth première — la Virginie du titre étant simplement une belle à laquelle un marin fait ses adieux dans une des pistes de l’album.
“…ainsi éviteras-tu qu’à la disgrâce s’ajoute le sarcasme” (attribué au Cardinal Mazarin)
Le Moyen-âge reste pour la plupart le reflet distant d’une époque obscure et lointaine, peuplée de dragons cracheurs de feu, de châteaux forts balayés de courants d’air et de moines tonsurés. Vêtus d’une grosse bure, on se les imagine penchés durant toute la journée sur de vieux manuscrits qu’ils recopient pieusement afin d’en assurer la perpétuation.
Terriblement classique…
Par-delà une jaquette bleue où l’esprit s’imagine la baie de Naples, le premier volet de la trilogie que Claudio Abbado consacre à Pergolesi (dont on célèbrera en 2010 le 300ème anniversaire de la naissance) constitue un mystère. Mystère que cette lecture infiniment classicisante, d’une perfection lisse, d’une tenue élégante et insaisissable et où les solistes sont exemplaires, ce qui est d’autant plus remarquable qu’il s’agit d’un enregistrement de concert. Et pourtant, mystère aussi que le peu d’attrait qu’exerce le Stabat Mater trop équilibré de ce disque .
Tarantelles, Gagaku, Kabuki, istanpite et berceuses…
Prévenus par la rédaction en chef au début du mois qu’en choisissant de s’intéresser à Mediterranea, nous ne serions pas confrontés à une musique qui nous était familière, nous avons témérairement fait fi des avertissements. Et en effet, dès les premières notes de ce nouvel enregistrement d’Alla Francesca, nos oreilles intriguées ont été très surprises.
