Entretien avec Jean-François Dupont Danican Secrétaire Général de la Société d’Etudes Philidoriennes
Comme mentionné plus haut la Société d’Études Philidoriennes se préoccupe surtout de faire découvrir au grand public les œuvres musicales de la dynastie Philidor. Plusieurs ouvrages ont paru paru dans ce sens. A l’occasion de l’édition, par H. W. Fink, de l’ouvrage collectif Pour Philidor (Koblenz, 1994. 239 pages. Épuisé) célébrant le deuxième Centenaire de la disparition de l’ancêtre génial, monsieur Jean-François Dupont-Danican fournit un texte rédigé sous la forme alerte d’un long entretien.
François-André Danican Philidor : musicien, joueur d’échecs et homme de son temps
À l’âge de 6 ans, François-André (notre Philidor !), est reçu page à la Chapelle du Roi Louis XV à Versailles, sous la direction de Campra. En août 1738, il exécute un Motet à grand chœur de sa composition, devant le Roi, à Versailles. C’est avec les musiciens de la Chapelle qu’il s’initie aux échecs, dominant aussitôt ces vétérans du noble jeu.
L’élégance et la grâce incarnée… (Rokoko, Max Emanuel Cencic, Froville, 17/05/2014 – parution tardive)
Depuis sa création en 1998, le Festival de musique sacrée et baroque de Froville se révèle être un véritable découvreur de talents tels que Philippe Jaroussky, Franco Fagioli, David Hansen, Iestyn Davies…, et bien sûr Max-Emanuel Cencic. Froville, notamment grâce au soutien du Conseil général de Meurthe et Moselle et de la Région Lorraine ainsi que d’autres partenaires, apparaît comme un des moteurs de promotion de la musique baroque.
Monteverdi aux anges ! (Monteverdi, Vespro della Beata Vergine, Cappella Mediterranea, Ambronay ed.)
Il est des œuvres qui demeurent des monuments, hiératiques, sublimes et dont le mystère ne se transperce qu’à travers le génie ou la ruse. Mais il est aussi des interprètes, des équipes d’exception qui peuvent aborder ces monuments par la délicatesse et l’humilité.
Les Preuses (Judith & Esther – Fioretti, Fuoco E Cenere, Bernfeld – Cordes & Ames)
Qui de mieux que l’insigne Christine de Pisan pour introduire ce récital. Cet extrait du « Ditié de Jehanne d’Arc » (1429) est le dernier opus de la femme de lettres, puisqu’elle mourut en 1430. Christine de Pisan fut une femme d’exception dans un temps de troubles et de peurs.
Nouvelle Muse (édito de juillet 2014)
Avouez-le et repentez-vous, fidèles lecteurs suspicieux. Depuis un peu moins de deux ans que Le Grand Dessein a été initié, repoussé, bringuebalé, vous avez été sur le point de n’y plus croire. Les retards sporadiques de publications, loin d’être autant de signes d’une coupable fainéantise auraient du vous persuader de notre surmenage effréné. Et, à la manière d’Ovide (plutôt que de Kafka, espérons-le), voici la Métamorphose de notre vieillissante compagne marbrée, digne fanal du web antique.
“Croisons les mots sur la plage”
Vous voici en vacances, à maudire l’équipe de la Muse, qui, les doigts de pied en éventail, refuse de s’adonner à son devoir de plume. Une autre revue musicale généraliste lue et relue vous sert à chasser les insectes nuisibles, un numéro multicolore de Voizou a été découpé par votre fils pour faire des ombres chinoises, le Festival duquel vous êtes un fidèle (alors qu’il n’était pas encore aussi couru et médiatisé que de nos jours) n’arrive qu’à la fin du mois, votre discothèque de référence soigneusement triée est restée dans ses étagères de merisier – sur mesure – dans votre loft.
La belle folie (Haendel, Orlando – Mehta, B’Rock, Jacobs – Archiv)
Orlando constitue le dernier opéra de Haendel destiné au castrat Senesino, qui devait quitter la troupe dès juin 1733 suite à une dispute avec le compositeur, puis rejoindre la troupe de l’Opera of the Nobility créé l’année précédente. Le compositeur y renoue avec la tradition magique des débuts londoniens, qui anime notamment le Rinaldo.
« De la Mécanique des Doigts » (Intégrale Rameau – Baumont – Loreley)
Un certain vertige. Les Lumières semblent prises du vertige de l’esprit et du savoir mêlé à celui du plaisir des sens. Ainsi débute l’avant-propos du livret de cette intégrale, de la main même d’Olivier Baumont. On attendait dès lors l’artiste au tournant de cet abandon vertigineux. On s’apprêtait avec envie à une divine ivresse… la déconvenue n’en est que plus brutale.
Entre Ciel et Mer (Didon & Énée – Poème Harmonique – Versailles, 15/06/2014)
Depuis plusieurs décennies déjà, le petit opéra de Henry Purcell fait partie des incontournables du répertoire baroque qu’un ensemble qui se veut respectable doit aborder, au moins une fois. Hervé Niquet, René Jacobs, William Christie… et aujourd’hui Vincent Dumestre. Mais à quoi bon une nouvelle fois ? Quelle nouveauté de lecture apporter à cette œuvre maintes fois jouée et assaisonnée pour les goûts les plus variés ?
Au royaume de Marilyn (Platée – Les Talens Lyriques, Rousset – Strasbourg, 13/06/2014)
Platée occupe une place à part dans la production de Rameau ; il demeure une référence dans le trop rare genre comique au sein du répertoire lyrique français, voire de l’opéra en général. Le raffinement et la densité de l’orchestration ramiste y accompagnent sans retenue les déchaînements les plus triviaux de la pauvre nymphe, dans une farce hénaurme, qui parodie avec verve et ironie tout autant la classique tragédie-lyrique que les scènes de genre en vogue en cette première moitié du XVIIIème siècle.
Flamboyant (Vivaldi – Opera arias – Hammarström, Concerto de’ Cavalieri, Di Lisa – DHM)
C’est un enregistrement en forme de concert que nous propose le Concerto de’ Cavalieri dans son dernier enregistrement, dans lequel des pièces orchestrales encadrent des airs regroupés en deux parties. Ces derniers puisent à la fois dans de grands classiques du Prêtre Roux (les deux airs d’Orlando Furioso), d’autres moins connus (en particulier ceux du rare Teuzzone)…
Oiseau en plein vol (Sonate Concertate – Affetti Cantabili – Perc.pro)
Le Seicento voit fleurir dans les grandes cités du nord de la Péninsule de nombreux recueils de sonates à un, deux ou trois instruments concertants et basse, modèle bien vite repris par les auteurs de l’Empire germanique. Si le violon commence à assoir son hégémonie de virtuose, d’autres instruments, notamment à vent, peuvent prétendre au même répertoire, que leurs noms soient explicitement mentionnés ou non.
Somptueuse immersion : les nouvelles salles des objets d’art XVIIIème au Louvre
Après dix années de fermeture pour travaux de mise aux normes et de restauration, le Musée du Louvre a dévoilé au public le 6 juin 2014 ses nouvelles salles consacrées aux objets d’art du règne de Louis XIV et du XVIIIe siècle.
L’éclat et la pureté du diamant (La Risonanza, Bonizzoni – Festival de Froville – 01/06/2014)
Pour son quatrième concert, le festival de Froville (54) accueille La Risonanza qui se produit pour la première fois dans cette magnifique église baroque. Cet ensemble vocal et instrumental créé en 1995 par le claveciniste et organiste Fabio Bonizzoni, est spécialisé dans l’interprétation de la musique italienne, particulièrement celle de la fin du XVIIème et du début du XVIIIème siècle.
La jeunesse comme maître mot… (Le Palais Royal, Sarcos – Festival de Froville – 30/05/2014)
La jeunesse sera bel et bien le fil conducteur de cette soirée comme vous pourrez vous en rendre compte tout au long de ce concert. Festif, chaleureux, exigeant : c’est ainsi que le chef d’orchestre Jean-Philippe Sarcos définit son ensemble Le Palais royal, qui réunit en son sein des instruments anciens et un chœur, ce soir, en l’occurrence un duo soprano/contre-alto.
Ombres et lumières (La Partenope, Opéra national de Lorraine, 19/05/2014)
L’Association de Musique Ancienne de Nancy (AMAN) permet d’assister à un concert d’un ensemble particulier – l’Orchestre baroque de Mexico La Partenope –, organisé à l’initiative des rencontres musicales de Saint Ulrich avec le soutien du FONCA et de l’Institut culturel mexicain.
“Vivez, Clorinde vous l’ordonne” (Campra, Tancrède – Schneebeli, Tavernier – Versailles, 07/05/2014)
Bien entendu, l’histoire contrariée de Tancrède et Clorinde d’après la Jérusalem délivrée du Tasse, cette West Side Story des croisades comme la vante les notes de programme, c’est d’abord le Combattimento di Tancredi e Clorinda de Monteverdi, d’une puissance condensée inégalée.
Padre del ciel (L’Aura mia sacra – La Main Harmonique, Bétous – Ligia)
La Main Harmonique est un ensemble vocal créé en 2008 sous l’égide du contre-ténor Frédéric Bétous. L’expression renvoie à une forme de notation vocale en usage à partir de la fin du Moyen Age, la main guidonienne. Guido d’Arezzo (moine bénédictin italien) propose de reporter les combinaisons sonores les plus courantes de son temps sur plusieurs points saillants de la main humaine.
