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Ombres baroques à la Nuit Blanche 2026 : notre sélection

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C’est un étrange rituel que nous offre chaque année les Nuits Blanches, où le patrimoine parisien redevient empire des sens ou du non-sens. Sous les voûtes de pierre, la musique ancienne ne se contente pas d’être jouée : elle doit se frotter à notre temps, révélant dans cette confrontation ce qu’elle a de plus théâtral et de plus moderne, en un retour vers le futur décoiffant. 6 juin. D-Day.

HM Au CAC Passage Photo Gérard Rondeau credits

Hélène Mugot © Gérard Rondeau / site officiel de l’artiste

À l’église Saint-Eustache, Domenico Scarlatti s’affranchira du cadre du récital avec Scarlatti l’éclatant. La claveciniste Mathilde Mugot y distillera dix sonates du maître napolitain ((Sonate 535 en ré majeur, 213 en ré mineur, 276 en fa majeur, 119 en ré majeur, 147 en mi mineur, 517 en ré mineur, 417 en ré mineur, 362 en do mineur, 201 en sol majeur, 141 en ré mineur), à 22h00, en une véritable dramaturgie visuelle. Enveloppée par les installations lumineuses d’Hélène Mugot, artiste plasticienne. La musique quitte le clavier pour habiter l’espace, transformant les audaces harmoniques et les rythmes ibériques obsessionnels de Scarlatti en un grand théâtre d’ombres. En effet, avec l’aide du musicologue Olivier Fourès, “l’idée s’est imposée d’user d’un spectre lumineux de 10 couleurs successives constituant, pour chaque sonate, un fond coloré fluide sur lequel se détache le motif musical de ces pièces pour clavecin, l’immatérialité de la lumière colorée répondant à celle de la musique (…) jusqu’à l’illusion finale de transformer le cadre de la scène en ces boîtes à musique tant prisées de l’époque baroque.”

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Hôtel de la Marine © Muse Baroque / VLN, 2021

Rive droite, dans la cour d’honneur de l’Hôtel de la Marine, la performance Transtemporal #3 abolira les frontières instrumentales. C’est chic. Violaine Cochard y installe son clavecin face au piano d’Édouard Ferlet pour un face-à-face où les fantômes de Bach et de Purcell traverseront ce patio en dialogue, où le contrepoint se frottera aux ruptures rythmiques d’aujourd’hui.

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Dôme de l’Institut – cliché Wikimedia Commons

A l’Institut, les concertos de  pour deux et trois clavecins résonneront sous la Coupole. Hélas ils seront interprétés au piano, par les pianistes Jean-Philippe Collard, Raphaël Collard et Titien Collard, accompagnés par l’ensemble Les Solistes Français, dirigé par Laurent Petitgirard, Secrétaire perpétuel de l’Académie des beaux-arts. “Grâce à une collaboration avec STARDUST Group, la musique de Johann Sebastian Bach se déploiera au-delà de la Coupole et gagnera la cour d’honneur, où elle sera diffusée en résonnance dans une version augmentée, en temps réel, enrichie de créations visuelles projetées sur la façade de la Bibliothèque Mazarine et l’architecture environnante, révélant le lieu sous un nouveau regard.”

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Acoeurvoix – site officiel de la Mairie de Paris, tous droits réservés

Enfin, l’église Notre-Dame des Blancs-Manteaux dans le Marais renouera avec la pure tradition de la ferveur nocturne grâce au marathon choral Des voix dans la Nuit. Sous l’impulsion du collectif Acoeurvoix, les polyphonies de Claudio Monteverdi et les splendeurs du Seicento se mêlent aux écritures sacrées de notre siècle. Idéal pour oublier que le jour va se lever. [M.B.]

Étiquettes : , , , , , Dernière modification: 26 mai 2026
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