Cantica Sacra
Des Cantica Sacra, l’auditeur se souvient peut-être qu’un enregistrement en avait été donné par le Ricercar Consort en 1992, avec entre autres Greta de Reyghere, Hervé Lamy, et Max Van Egmond, Philippe Pierlot et Sophie Watillon… Enregistrement d’ailleurs publié chez Ricercar, comme le présent : que l’on ne s’y trompe pas, celui-ci n’est pas une réédition de l’ancienne version.
“Mais ce qui reste est l’œuvre des poètes” (F. Hölderlin, Souvenir)
Une parenthèse pour commencer, celle qui nous pousse à louer ces jaquettes traditionnelles ornées de toiles de maîtres, où de caractères typographiques avec d’élégants empattements énoncent le programme. Certes, le docte et élitiste concerti, quadro, sonate con basso di viola solista cède la place au plus resserré Viola di gamba qui claque comme une promesse exotique…
“J’aimerais mieux avoir peint la chapelle Sixtine que gagné bien des batailles même celle de Marengo ” (Gustave Flaubert)
Et bien la voici cette Chapelle Sixtine colorée, avec ses corps virils et musclés, son mouvement, l’effroi de son Jugement dernier, ses corps contorsionnés en apesanteur ! Nos confrères semblent unanimes, et comme un chevalier banneret à l’appel de son suzerain, nous nous alignerons avec eux cette fois-ci en bataille…
Danse thérapeutique
Chaque année Alpha réédite un CD phare accompagnant son catalogue qui devient de plus en plus époustouflant tant il allie audace et beautés visuelle et auditive. Le choix de cette année met en pleine lumière un enregistrement de 2001 (déjà !) qui est devenu culte et qu’il fait bon de réécouter.
“Le déguster comme un bon vin”
Après sa dernière escapade mystique en terre orientale (Laudes, Zig Zag Territoires), Doulce Mémoire renoue par cet enregistrement avec la musique à danser du XVIème siècle qui a marqué ses débuts. Période florissante et généreuse, la Renaissance a permis aux différents divertissements de prendre un essor considérable.
Puisque le ciel le veut ainsi
Après s’être penché sur la musique d’inspiration pastorale du XVIIIe siècle dans À l’ombre d’un ormeau (Alpha 115) et Le Berger poète (Alpha 148), Les Musiciens de Saint-Julien remontent encore le temps et nous plongent cette fois dans l’ambiance du début du baroque français, au tournant du XVIIe siècle.
Jeg elsker Danmark
A y bien penser, comme celle de nombreux pays, la musique baroque danoise n’est pas des plus connues, et l’évocation de Mongs Pedersøn (une fois passées notre difficulté d’inscrire dans ces pages vertes la graphie du nom, et la votre à la prononcer) ne nous chamboule pas.
Gracieuses mais froides comme un printemps anglais…
… voilà l’impression que laissent, au bout de plus de deux heures d’écoute, ces Douze Sonates dites de Manchester redécouvertes relativement récemment dans les collections de la Bibliothèque Centrale de Manchester.
Musiques de la Ville Rouge
On connait assez mal les musiques de la brumeuse Europe du Nord, passées les Îles Frisonnes, la venteuse Héligoland et les côtes voisines du Danemark il est d’usage de croire à un désert primitif et obscur. Mais, au lendemain de la terrible et sanglante Guerre de Trente Ans (1618-1648), l’Allemagne et le monde baltique ont développé un style musical propre.
Diabolus in claritudo
Sous-titré Chansons et polyphonies des Dames trouvères, c’est à la découverte des chansons de trouvères (la version d’oïl des troubadours, il va sans dire) féminines que nous sommes conviés à travers ce petit bijou des Diabolus in Musica.
Ballade initiatique
Après des Sarcasmes sacrés quelque peu décevants, Arcana réédite à l’approche d’un nouveau printemps l’enregistrement de Ballades médiévales de l’Italie du Nord qui témoignent, à l’aube du Quatrocento, de l’émergence d’un nouveau style musical, l’Ars subtilior.
Nuits d’ivresse printanière
Du Scarlatti au clavecin, mais pas celui qu’on croît, car un Scarlatti peut en cacher un autre. Le sourire aux lèvres, tel que dépeint sans doute par Francesco Solimena sur la jaquette. Vous autres lecteurs qui vous délectez de l’intégrale de Scott Ross des Exercices de clavecin de Domenico serez peut-être surpris d’apercevoir dans les bacs (d’un disquaire de goût) cette réédition où Rinaldo Alessandrini se lance avec jubilation et nonchalance dans les pièces d’Alessandro Scarlatti, bien plus célèbre pour ses oratorios. La parution célèbre le 350ème anniversaire de la naissance du compositeur…
“Montre-toi plus humain que critique ; et ainsi tes plaisirs en seront plus grands” (D. Scarlatti, Préface des Essercizi per gravicembalo)
K119. Ce n’est pas encore le matricule de l’épopée dangereuse d’un sous-marin soviétique en perdition sous les pôles, mais une aventure tout aussi périlleuse dans les méandres scarlattiens. C’est sans compter l’énergie et la fantaisie de Bertrand Cuiller, qui se lance avec délectation dans l’écriture variée et imprévisible du compositeur, aidé en cela par le Bel Italien de Philippe Humeau, un clavecin coloré, résonnant, aux graves ventrus.
Une musique à se damner
Les motets de Giovanni Felice Sances, ressemblent à tout sauf à l’idée qu’un esprit contemporain pourrait se faire de la musique d’église. L’austérité, la gravité, ne sont pas de mise dans ses compositions. Car il y met en œuvre le principe essentiel de la Contre – Réforme : séduire le pêcheur corrompu en lui faisant entendre une musique céleste voluptueuse, lui apportant la félicité éternelle.
Une folle envie de découvrir
A la fin du XVIIe siècle, un orphelin d’une dizaine d’années chaparde des partitions…, non ce début n’est pas celui d’un roman de Dickens, mais une histoire véridique qui en dit long sur le tout jeune Jean-Sébastien Bach. Confié à son frère ainé à la mort de ses parents, le tout jeune garçon remarque un livre dans la bibliothèque de son frère contenant des œuvres de Froberger, Kerll ou Pachelbel.
Si lo la flour plus que ne puis dicter…
… la fleur, la femme-fleur, la fleur faite femme : c’est en effet une dialectique bien proustienne que nous présente ce recueil de douze pièces chantant la grâce féminine, tant d’esprit que de chair. Roses et lis ay veu en une flour qui moult flurrist et veut fructifier… ; Passerose de beaute la noble flour, margarite plus blanche que nul cygne…
Ay, ay !
Derrière les sonorités du Sud de Matheo Romero se cache en réalité le Liégeois de naissance Matthieu Rosmarin, dont le nom fut ibérisé vers 1594 lors de sa promotion comme chantre adulte à la Capilla flamenca de Madrid créée dès 1516. Bien en cour et musicien de talent, Romero fur nommé directeur de la Chapelle par Philippe III.
Et flûte ! (CPE Bach, Concerti – Kossenko, Arte dei Suonatori – Alpha)
Ce deuxième et dernier volume des concertos pour flûte de C. P. E. Bach, attendu après un brillant premier, ne déçoit pas. Dès les premières mesures, le caractère enflammé, Strum und Drang, transparaît ; mais dès l’entrée du soliste on entend que le disque ne sera pas non plus uniforme.
"Mortels dieux, révérez la divine harmonie"
Il a déjà été prouvé plusieurs fois que Bach ne pouvait assurément pas être humain, mais en réalité une incarnation de la musique ; nous ne nous attarderons donc pas à démontrer ce dernier point, pour davantage nous concentrer sur le quatrième tome des Concerts avec plusieurs instruments qu’Alpha et le Café Zimmermann consacrent au divin Cantor…
L’orgue est décidemment le roi des instruments
Les Orgues Bernard Aubertin de Saint-Louis-en-l’île avait déjà fait les délices suprêmes de votre humble serviteur, lorsque doucement mis en branle par Gustav Leonhardt, maître incontesté et incontestable de l’instrument, le mois dernier.Voici l’occasion donc de les entendre à nouveau, et dans un répertoire totalement différent
