“As with rosy steps the morn, Advancing, drives the shades of night (…)”
Theodora est l’un des oratorios tardifs de Haendel. Créé en 1750, il ne connut qu’un succès d’estime auprès du public londonien, avec 3 représentations. Pourtant, de même qu’avec l’ultime Jephta, cette œuvre, à la fois directe et tendre, compte parmi les plus belles du compositeur, visiblement inspiré par cette trame pourtant d’une désarmante simplicité dû à un Révérend Morell à la plume un brin indigeste.
Mozart Transfiguré
Après les Messes et les drames, Danaüs prévu et le Vésuve bientôt débordant ses laves vers Herculanum, le Palazetto Bru-Zane, dans son parcours passionnant de redécouverte et partage de la musique Française poursuit les incantations symboliques, cette fois-ci avec un coup d’éclat.
Orfeo incontestablement humain … (Monteverdi, Orfeo, Les Talens Lyriques, Rousset – Nancy, 12/01/2013)
L’Orfeo de Monterverdi marque un tournant dans l’histoire de la musique, conçu à une période charnière qui symbolisera la frontière entre le style de la fin de Renaissance et celui du début du Baroque avec la naissance de l’opéra…
Haendel – Poro – Europa Galante, Biondi – Opus 111
Georg-Frederic HAENDEL (1685-1759) Poro, Rè dell’Indie Dramma per musica HWV 28, en trois actes, livret adapté par Antonio Salvi de...
Entre tradition et renouveau (Gossec, Thésée, Les Agrémens, Guy van Waas – Ricercar)
En cette seconde moitié du XVIIIème siècle, l’usage se développa à Paris de procéder à de nouvelles orchestrations d’ouvrages anciens, et de confronter lors des représentations le répertoire traditionnel aux œuvres nouvelles issues du même livret, toutefois généralement remanié.
Le beau doublé (Gluck – Iphigénie en Aulide / en Tauride – Les Musiciens du Louvre, Marc Minkowski – Opus Arte)
Arrivé à Paris à l’automne 1773 à l’instigation de sa protectrice la Dauphine Marie-Antoinette et soutenu par Antoine Dauvergne qui était alors l’un des Directeurs de l’Académie Royale de Musique, le chevalier Glück était venu en France avec le grand dessein de renouveler le genre de la tragédie lyrique française.
L’humanité triomphant d’un ordre barbare
L’échec de son Echo et Narcisse (1781) avait signé l’arrêt de la courte carrière parisienne de Gluck, qui s’était retiré à Vienne. Celle-ci allait pourtant rebondir d’une manière surprenante. Dès 1780 en effet il était sollicité en vue de produire un nouvel opéra pour Paris ; le choix de l’intrigue se porta rapidement sur Les Danaïdes, tirée de la tragédie de Le Miette créée en 1758 à la Comédie-Française, Hypermnestre.
Une bien belle Hélène
Chanteur à la basilique San-Marco dont le maître de chapelle n’était autre que Claudio Monteverdi, Francesco Cavalli se lance à partir de la fin des années 1630 dans la composition d’opéras, dont les représentations sont encouragées par la construction récente de deux théâtres permanents à Venise, le San Cassiano (1637) et le San Moise (1639).
“Rien n’égale ma douleur”
Alors que les baroqueux redécouvrent avec joie le Gluck métastasien d’avant sa réforme de l’opéra seria, celui d’Ezio qu’Alan Curtis a exhumé avec platitude (Virgin, 2011), ou du superlatif Trionfo di Clelia (DHM, 2012), Laurence Equilbey, quittant ses rivages 19èmistes, a renoué avec Gluck. Et notre félicité est d’autant plus grande que l’artiste n’a étonnamment pas sélectionné la version remaniée par Berlioz, ni celle française de 1774…
La clémence du Pacha
Il semblait après les Grandes Journées Gretry du CMBV que le regain d’intérêt suscité par ce favori de Marie-Antoinette avait pâli, tandis que l’étoile autrefois inconnue des Dauvergne et autres Sacchini enflammait le tout-Paris classicisant. Heureusement, l’irrésistible légèreté mélodique du compositeur est de nouveau à l’affiche pour ce voyage dans un Orient de pacotille.
Des géants aux croches d’argile
La gigantomachie légendaire est toujours liée au destin humain. L’expression même du combat se retrouve de Milton à Tolkien et de la Bible aux unes des quotidiens. Ecraser avec héroïsme des obstacles immenses. Dans notre monde contemporain, la gigantomachie est devenue une sorte de lutte d’insectes, la dernière étant une sorte de carnage plus qu’un combat héroïque.
La dynamique des tubes
Lyon est une ville charmante, une sorte de petite Italie entre deux fleuves, et parmi les grandes attractions de cette métropole se trouve l’imposante masse de l’opéra. Avant elle aurait pu être une belle maison aux allures bourgeoises, tendue de soie et de velours, mais désormais elle ressemble à ces dames des villes qui s’habillent d’extravagances modernes…
La palme pour Cléopatre
Giulio Cesare se signale comme l’œuvre la plus monumentale et la plus brillante de Haendel, dans laquelle les arias da capo tubesques, perles du répertoire baroque, s’enchaînent à un tel rythme qu’ils semblent rebondir les uns contre les autres pendant près de quatre heures ! L’Egypte des derniers Ptolémées et de la fin de la République romaine constitue l’écrin exotique de cette intrigue politico-amoureuse où se déchaînent fantasmes, trahisons et inévitables rebondissements en tous genres.
Une musique à se damner
Le poème du Tasse et les passages relatifs à Renaud et Armide constituent une source féconde de l’opéra baroque en général – et français en particulier – avec travers les œuvres éponymes de Lully, Rameau et Gluck, pour ne citer que les plus connues. A la transition entre baroque et romantisme, l’œuvre de Sacchini nous en offre une vision moderne…
L’éternel féminin (Provenzale, Stellidaura vendicante, Alessandro De Marchi – DHM)
La féminité fascine. Depuis les plus lointaines expressions de l’art, la féminité a toujours été au cœur de la civilisation. Pacha Mama, Vénus-Astarté, Coatlicue, Marie, Sarah et Shérahazade, les rêves de l’art ont toujours eu au centre l’inspiration féminine.
Le baroque américain, entre Broadway et Hollywood…
Prenez deux pièces de Shakespeare (La Tempête et Le Songe d’une nuit d’été), soigneusement mélangées pour le livret, des extraits d’airs de Purcell, Haendel, Campra, Vivaldi et Rameau (et de quelques autres compositeurs baroques moins connus : Leclair, Rebel, Ferrandini) tous transposés en anglais
De l’Eros baroque au drame romantique
Deuxième pièce de la trilogie née de la collaboration avec le librettiste Lorenzo da Ponte, après Les Noces de Figaro (créées en 1786 à Vienne), Don Giovanni est assurément l’opéra de Mozart au message le plus ambivalent, puisqu’il autorise (au moins) deux lectures assez radicalement opposées.
Un sérail bien enlevé
Les circonstances de la création de l’Enlèvement au Sérail coïncident avec deux étapes importantes de la vie du jeune Mozart, qui va en quelques mois à la fois rompre avec l’archevêque de Salzbourg, et prendre la décision d’épouser Konstanze Weber. Ayant rejoint sur ordre son protecteur qui séjournait à la cour de Vienne au printemps 1781, Mozart devient rapidement la vedette musicale du moment de la capitale autrichienne.
