Un Didov et Enitch déchirant
Il faut bien le confesser, un peu honteux, en contemplant le bout de ses souliers : c’est avec un sourire un peu goguenard que l’on a pris connaissance de la distribution chorale et instrumentale de cet enregistrement, de ces New Siberian Singers Chamber choir of the Novossibirsk State Academic Opera and Ballet Theatre, de cet ensemble baroque russe inconnu, dirigé par un jeune chef grec, responsable musical de l’Opéra de Novossibirsk et formé au Conservatoire de Saint-Petersbourg.
“Autrefois, disoit-il, j’aimais faire du bruit; à présent je tâche de faire de la musique.”
C’est ainsi que Jean-Jacques Rousseau, chroniqueur avisé de son temps, rencontra Domènec Terradellas à son retour de Londres et le fit témoigner sur ses compositions. En effet, le musicien catalan connaissait un succès hors pair sur les scènes les plus prestigieuses d’Europe.
Un parfum d’épopée et de chevalerie
En 1727, Vivaldi, rentré à Venise un an auparavant, est à la tête du Teatro Sant’Angelo au poste de directeur d’opéra. Galvanisé par plus d’une décennie pendant laquelle le succès ne lui a presque jamais fault, le compositeur se plonge avec frénésie dans le travail, rêvant de conquérir enfin l’admiration, l’estime – et les salons – du cercle très fermé des grandes familles de la Serenissima.
"Redouble les flammes et les feux, pour ce jour mémorable" (Acte I, scène 1)
CD événement, en luxueux digipack sous fourreau, et dont la gloire est troublée par la parution quasi simultanée du DVD choc du Cadmus & Hermione de Vincent Dumestre et Benjamin Lazar chez Alpha. L’Orfeo de Caccini s’inscrit dans le bouillonnant contexte de la naissance de l’opéra, dans cette trouble période de l’avant-Orfeo de Monteverdi, insuffisamment explorée.
Miroir, mon beau miroir…
Première question en voyant cette Psyché : mais où donc est passé Quinault, le fidèle comparse, le librettiste galant qui sombra dans la piété à la fin de sa carrière ? Et pourquoi Lully s’est-il acoquiné avec ce Corneille de l’Isle (Thomas Corneille) aux vers d’une indigeste indigence passant du niais bancal…
L’Art du ballet
Jusqu’ici, le ballet de cour a peu intéressé les musiciens, à l’exception, notable, d’Hugo Reyne : il a en effet déjà donné un remarquable Ballet de Flore dès le volume II de sa collection “Lully ou le musicien du Soleil”, puis, dans le volume consacré aux musiques du mariage de Louis XIV, l’intégralité des deux ballets accompagnant les opéras de Cavalli représentés en France…
Les déplaisirs de l'île enchantée
Durant l’année 1735, Haendel créa deux opéras inspirés de l’Orlando Furioso d’Arioste : Ariodante en janvier, et Alcina créé le 16 avril. Le livret d’Alcina constitue un remaniement anonyme de celui écrit par Antonio Fanzaglia pour l’opéra de Riccardo Broschi, L’isola di Alcina.
Où Kirsten Flagstad sauve un enregistrement d’un naufrage certain…
En pleine époque baroque, le chevalier Glück accomplit la révolution musicale qui allait signer l’acte de mort de l’opéra traditionnel, bâti sur des arias da capo entrecoupées de récitatifs soutenus au clavecin, pour y substituer un continuo orchestral où alternent des airs solo et des ensembles.
"Quand on lui dit : Comment? Il répond, je le veux." (Arbas, Acte I, scène 1)
Voici presque un an que nous attendions cette parution après l’émerveillement des représentations de l’Opéra Comique. Nous ne reviendrons pas ici sur le contexte et les caractéristiques de l’œuvre elle-même qui sont étudiés dans un article dédié, mais uniquement sur la captation de ces instants de magie, que le souvenir et les mois passés ont sublimés.
La folle journée avant Figaro
Alors que la canicule laissait planer ses ailes dorées sur le désert discographique de la saison des plages, le chroniqueur assoiffé descendit dans les souterrains frais des disquaires. Passée presque sous silence, la dernière production de l’estivale Cappella de’Turchini continue de nous étonner par la surprise de la résurrection des maîtres napolitains…
Une heureuse résurrection de la Reine de Naples
En janvier 1729, Haendel entreprit un voyage de cinq mois en Italie, séjournant à Florence, Venise, Milan et Rome. Il avait pour but d’engager de nouveaux chanteurs pour sa troupe d’opéra londonienne, à la suite du départ du fameux castrat Senesino. Sur place, il découvrit les nouvelles tendances de l’opéra italien évoluant vers une simplification de l’écriture orchestrale…
Stupeur et tremblements
Depuis sa résurrection à Beaune en 2006, à Montpellier, puis au TCE en version de concert, Hervé Niquet a eu le temps d’affiner sa lecture de la dernière tragédie lyrique de Marin Marais. Trois ans après le succès d’Alcyone et de sa mémorable Tempeste, le compositeur récidive avec une Sémélé tout aussi audacieuse…
Un peu, beaucoup, à la folie !
Voici la première captation au DVD d’Orlando, l’un des opéras les plus originaux d’Haendel dans sa trilogie de l’Arioste qui comprend aussi Alcina et Ariodante. En effet, cette plongée dans la folie malmène totalement les conventions structurelles de l’opera seria par “de nombreux da capo peu catholiques…
Pyrame et Thisbé
Voilà un livre qui mériterait d’être bien lu par tous les amateurs d’opéra baroque français – et aussi par ses détracteurs, d’ailleurs… Voyez un peu la quatrième de couverture :
Au XVIIIe siècle, à peine un opéra a-t-il été représenté à l’Académie royale … qu’il est parodié …. Après avoir pleuré à la tragédie en musique, le public s’empresse de rire lors de sa reprise burlesque avec Arlequin ou Polichinelle. …
Le luth dans la fosse (Lully, Thésée, Crook, Pudwell, Boston Early Music Festival, O’Dette & Stubbs – CPO)
On pourrait dire enfin : enfin voici ce Thésée qui manquait à la discographie lullienne ; car s’il y avait le travail effectué par Christie avec l’Académie d’Ambronay, aucune publication n’avait suivi. Maintenant que les illustres personnages de cette tragédie en musique – illustres Égée, Thésée et Médée elle-même, que dire encore ? – ont été portés au disque…
Noir, c’est noir
A l’écoute de cet Amadigi d’une indicible noirceur, on songe à Brian de Palma ou à La Reine Margot de Patrice Chéreau. Dès l’ouverture les cordes sont puissantes, écrasantes, d’une lourdeur claustrophobique. L’on sent que la main du destin n’est pas gantée de velours, et que les protagonistes vont vivre un destin tragique duquel il ne pourront s’affranchir.
Eh oui ? ENO.
Après le superbe Giulio Cesare de Glyndebourne 2005 (Opus Arte), nous avions commencé à exhumer d’autres captations video dont l’honorable Hickox (Euro Arts). Quelle ne fut pas notre surprise de voir à plusieurs reprises mentionnée dans nos courriers d’électeurs (de Bavière) cette réalisation historique de l’ENO à laquelle il faut rendre justice…
