Une bonne pêche pour le Dauphin !
L’Ensemble Pierre Robert – dont on connaît les affinités avec la musique religieuse du Grand Siècle, notamment depuis l’excellent Caeleste Convivium de Danielis (Alpha) – a rassemblé dans ce programme des pièces que Charpentier composa pour le fils du Soleil. Musicien de Madame de Guise, le compositeur n’avait pas à proprement parler de poste auprès du Dauphin…
“J’advertis l’intelligence que cette musique est dans le style moderne, très en vogue à la cour.”
En ce mois de novembre bien humide, qui ne songe pas à l’évocation de Málaga aux rayons bénéfiques du soleil andalou, ou bien aux subtiles douceurs du vin de ce nom. Bien avant la saison des maillots de bain, et bien loin de la mode des bains de mer, le baroque fait briller ses ors dans le ventre même de la Cathédrale maritime du port andalou.
Des concerti dégrossis
Il Giardino Armonico a décidé de frapper un grand coup, et de fracasser avec témérité la porte de l’année du 250ème anniversaire de la mort de Haendel avec cet enregistrement iconoclaste et ravageur. Sans exagération, l’on peut dire que la phalange italienne provoque avec ce bus bleu turquoise un second choc sismique pour nos habitudes d’écoute…
"Flammende Rose"
Voici l’un de ces disques auxquels on ne s’attend guère, et qui déclenchent chez le critique blasé un sentiment de devoir à accomplir lorsqu’il pose la galette sur son lecteur : un live avec les risques que cela comporte, une jaquette austère, un contre-ténor peu connu, un ensemble tout aussi mystérieux pour les airs allemands de Haendel prévus à l’origine pour une soprano.
"Nella pupille tue folgora il lume", Almirena (dedans tes yeux rayonne la clarté)
L’on serait presque enclin à soupirer devant un énième récital d’airs de Haendel, à la jaquette légèrement Andy Wahrolisée. Certes, la distribution en est alléchante, avec deux grandes dames du baroque que le livret encense sans mesure, mais l’on se dit tout de même que ces florilèges démembrant les airs des opéras sont autant de carottages géologiques d’un massif autrement plus intéressant.
Une basse au royaume du baroque
Dans un univers vocal où les contre-ténors disputent la vedette aux sopranos à coup d’aigus flamboyants, quelle place reste-t-il pour les basses baroques ? L’enregistrement de Lorenzo Regazzo vient nous rappeler avec brio que les airs pour basse du répertoire haendélien, s’ils ne sont pas les plus connus, illustrent tout aussi bien l’art virtuose du Cher Saxon.
La flûte de Céladon
Après un premier volume consacré aux brunettes et contredanses du XVIIIe siècle (À l’ombre d’un ormeau, Alpha 115), Les Musiciens de Saint-Julien s’attaquent dans ce nouvel opus à la musique gravitant autour de l’univers pastorale : flûte et musette jouées par François Lazarevitch sont à l’honneur avec les grands noms du répertoire baroque instrumental français
Amour me paict d’une telle Ambroisie.
L’originalité, la fantasquerie et l’espièglerie de Roland de Lassus ne sont plus à démontrer — chaque nouvelle écoute du compositeur nous le prouve et révèle une fois de plus. Sa reconnaissance en son temps comme le plus que divin Orlande (dixit Monsieur de Ronsard in person), ainsi que son influence, sont également indéniables.
Bertali ? Vous voulez parler de Cecilia ?
Voici le genre d’excellent CD qui ne permettra jamais à Arcana de faire fortune, cas d’école de la mélomanie anti-marketing. Prenez un compositeur quasi inconnu, un titre de recueil impossible à retenir en dépit des moyens mnémotechniques les plus développés, un chef éminemment talentueux mais peu célébré de ce côté-ci des Alpes et de surcroît au nom difficilement prononçable.
Il n’en fait qu’au quintette
Europa Galante nous propose pour la troisième fois de goûter au lyrisme sensuel de Boccherini, compositeur virtuose et prolixe que l’on apprend peu à peu à découvrir et à apprécier. Au service de l’Infant d’Espagne Don Luis, frère cadet de Charles III, il composa plus de 170 œuvres, intégrant trios, quatuors et sextuors à cordes à une perpétuelle production de quintettes.
La richesse d'une serenata
Après la Didon et Enée du même tandem Hogwood / Mac Gregor (DVD Opus Arte), voici un autre opéré, haendélien cette fois-ci. Opéra, pastorale ou serenata ? Acis and Galatea dans sa version de 1718 (à ne pas confondre avec Aci, Galatea e Polifemo de 1708, chanté en italien, ni avec la reprise de 1732, mélange de la précédente avec la version de 1718, donc chantée en deux langues !) a tour à tour bénéficié des trois appellations.
“…Y los sueños, sueños son”
Enfermé dans sa tour, le prince Segismundo rêve-t-il qu’il vit ? La pièce de Don Pedro Calderón de la Barca, créée en 1635 constitue un monument de la littérature. Cela s’explique parce que Calderón semble poser la question existentielle absolue de son temps, que René Descartes développera dans ses Méditations Métaphysiques
La grâce de l’ineffable !
Alors que l’ère classique règne, annonciatrice de temps nouveau, et que la musique cherche de nouvelles formes, s’accompagnant d’instruments plus “modernes” tel le pianoforte, la fugue provenant de l’époque baroque tombée en désuétude connait un nouveau succès…
Gelobet sein
Pour les impatients qui ne pourront pas attendre la suite des gros coffrets d’ébène, Masaaki Suzuki poursuit avec constance et inspiration son intégrale des cantates de Bach. Cette nouvelle étape du périple bacchien est fidèle aux précédentes, nimbée d’une douceur tendre, d’une ferveur humble.
Maubeuge, terreau de musiciens
Durant la première moitié du XVIIIe siècle, cette ville de notre actuel Nord-Pas-de-Calais apparaissait comme un pôle majeur de l’enseignement musical du nord de la France. Le célèbre compositeur Joseph Gossec (1734-1829), codirecteur du fameux Concert Spirituel en 1773, s’y rendit en effet pour étudier le violon.
