Au royaume de Marilyn (Platée – Les Talens Lyriques, Rousset – Strasbourg, 13/06/2014)
Platée occupe une place à part dans la production de Rameau ; il demeure une référence dans le trop rare genre comique au sein du répertoire lyrique français, voire de l’opéra en général. Le raffinement et la densité de l’orchestration ramiste y accompagnent sans retenue les déchaînements les plus triviaux de la pauvre nymphe, dans une farce hénaurme, qui parodie avec verve et ironie tout autant la classique tragédie-lyrique que les scènes de genre en vogue en cette première moitié du XVIIIème siècle.
Orfeo incontestablement humain … (Monteverdi, Orfeo, Les Talens Lyriques, Rousset – Nancy, 12/01/2013)
L’Orfeo de Monterverdi marque un tournant dans l’histoire de la musique, conçu à une période charnière qui symbolisera la frontière entre le style de la fin de Renaissance et celui du début du Baroque avec la naissance de l’opéra…
L’humanité triomphant d’un ordre barbare
L’échec de son Echo et Narcisse (1781) avait signé l’arrêt de la courte carrière parisienne de Gluck, qui s’était retiré à Vienne. Celle-ci allait pourtant rebondir d’une manière surprenante. Dès 1780 en effet il était sollicité en vue de produire un nouvel opéra pour Paris ; le choix de l’intrigue se porta rapidement sur Les Danaïdes, tirée de la tragédie de Le Miette créée en 1758 à la Comédie-Française, Hypermnestre.
Chant ardent
Le concert du Jeudi Saint a eu lieu dans la salle de la Philharmonie Karol Szymanowski. Christophe Rousset, à la tête des Talens Lyriques, a donné un concert dédié à la Vierge Marie d’une grande intensité musicale. Autour du thème de la Mater Dolorosa, la Mère Douloureuse de Jésus, il a réuni dans un même programme plusieurs compositeurs italiens…
“Mater Dolorosa” à Amsterdam
On sait, quand on est un adepte des concerts proposés par le Concertgebouw d’Amsterdam, que la musique baroque y est bien présente et toujours servie par des interprètes de qualité. Les néerlandais semblent en être bien conscients d’ailleurs puisqu’ils sont nombreux et fidèles aux rendez-vous.
“Aussi l’ai-je tenté, mais tentative nulle Ce… nouveau-né, Madame, est un petit… Hercule.” (Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, III, 7)
Après la magistrale biographie de Benoît Dratwicki consacrée à Antoine Dauvergne, compositeur et dirigeant incontournable de l’Académie Royale de Musique dans la seconde moitié du XVIIIème siècle, nous étions quelque peu impatients de connaître de plus près son oeuvre, tombée dans l’oubli scénique et discographique.
Les fruits de la Passion
Après un premier volume consacré aux héroïnes d’opéras de Lully à Gluck (Virgin, 2006), encadré par les deux Armide, Véronique Gens revient nous proposer ses tragédiennes dans un nouveau programme consacré à la période suivante : de Rameau à Berlioz. Dès l’abord, on peut s’interroger sur la pertinence de relier Rameau à Berlioz, quand celui-ci renvoie plus volontiers à Gluck.
"Seigneur, vous entendez. Gardez de négliger Une amante en fureur qui cherche à se venger." (Racine, Andromaque, acte IV, scène 6)
Joyce DiDonato a l’air plus rêveuse que furieuse sur la jaquette du disque. Un brin pensive, les yeux timidement levés au ciel, la mezzo se prend la tête dans les mains, se demandant peut-être ce qu’elle a fait au cours des 75 minutes de ce premier récital d’airs italiens et anglais bien rempli.
Une interprétation bouleversante.
Les motets enregistrés ici appartiennent au genre du petit motet et datent de la fin du règne de Louis XIV. On y retrouve le style français un peu maniéré lié dans une intime alchimie à des passages italianisants. Les accompagnements instrumentaux sont discrets et élégants, souvent confinés à des violons ou des flûtes allemandes.
