Pantaleon et tangentenflügel (Guides des instruments anciens – Ricercar, 2009)
C’est une idée que nous caressions depuis quelques temps. Un sorte de CD-Rom ou de livre-disque qui permettrait aux curieux d’enfin connaître les détails des instruments anciens et baroques, et d’en apprécier en même temps les sonorités à travers des exemples musicaux. Eh bien, Ricercar l’a fait.
Le Poète des Grâces
Voici bien des années que Buford Norman, professeur retraité de l’Université de Caroline du Sud, s’intéresse à la littérature et au théâtre du Grand Siècle et que ses recherches l’ont conduit à examiner les rapports entre la musique et les lettres au XVIIème siècle. Parmi ses articles sur Quinault, les mélomanes se souviennent du court essai qui accompagnait le livret de l’Alceste de Lully par Jean-Claude Malgoire (Astrée), d’autres ont parcouru ses éditions critiques de Quinault…
Bach sur papier Japon
Ceux qui achetaient un par un chacun des volumes de l’intégrale des cantates de Bach en cours depuis 1995 par le Bach Collegium Japan et son chef Masaaki Suzuki ont frisé la crise d’apoplexie devant l’édition spéciale de BIS parue en septembre et octobre 2009 : 4 gros coffrets de 10 CDs chacun (pas de SACD), avec l’intégralité des livrets originaux, offerts pour une somme plus que modique et recelant les 2/3 des cantates enregistrées par ordre chronologique par nos vaillants samurais.
L’Italie à Madrid
Octobre 2009. Voici un CD élégant et rare, qui en étonnera plus d’un. Car si Juan de Ledesma est bien originaire de la péninsule (la grosse péninsule du Couchant), c’est du côté de l’Italie, et notamment de Naples que se tournent ses regards. En effet, les alliances matrimoniales des Bourbons d’Espagne conduisirent à la venue de musiciens italiens, tels Farinelli lui-même.
“O che nuovo stupor”
Septembre 2009. Pour célébrer les 50 ans de la mythique collection Das Alte Werk de Teldec (désormais partie intégrante du groupe Warner), le label a décidé de rééditer son catalogue avec de nouvelles jaquettes, avec à la fois les enregistrements historiques (les anciens Teldec marrons puis crème), et les nouveaux enregistrements (ex-jaquettes blanches).
Grandeur et magnificence
C’est à la tête de deux grands ensembles baroques saxons que Hans-Christophe Rademann nous propose de découvrir deux chefs-d’œuvre dont les auteurs participèrent grandement à l’édification du rayonnement culturel qu’avait Dresde sous le règne d’Auguste II (1733-1763) et qui reste aujourd’hui encore une référence de grandeur et de magnificence.
Un peu, beaucoup, passionnément
Juillet-Août 2009. 12 cycles de cantates, 46 passions… Pourtant, la postérité n’aura retenu de Telemann que laTafelmusik d’une joliesse décorative un peu versaillaise, comme si l’on réduisait Bach à ses Ouvertures. Et alors que s’amoncellent pour notre plus grand bonheur les intégrales de cantates de Bach, l’énorme leg des quelques 1400 cantates télémaniennes (TVWV 02:01 à TVWV 15:27 en comptant les sérénades et cantates profanes) reste encore à (re)découvrir.
L’avarice fait de bien beaux tableaux
Il avait deux passions dominantes, l’avarice et les tableaux, mais seulement ceux qu’il pouvait obtenir sans payer. Sa garde robe était défraîchie, il allait toujours à pied, et donnait les prétextes les plus étranges pour expliquer à ses amis pourquoi il n’avait pas ce jour-là pris de voiture. Tel est le portrait peu laudatif que dresse Haendel de Corelli.
Se perdre dans un Dédale
Crénom ! s’écrie le critique à l’écoute de cet enregistrement protéiforme, d’une vitalité multicolore qui dégage le parfum d’un ailleurs troublant. A partir de la trame de la célébration d’un passé antique mythique et glorieux par les artistes de la Renaissance, Roberto Festa a assemblé un périple dont le maître-mot est la surprise du dépaysement…
Rameau : le peintre, le poète
Dans toute l’œuvre de Rameau, les Pièces de clavecin en concerts appartiennent à la caste des privilégiés. Enregistrées à de nombreuses reprises, elles ont fait objet d’un arrangement apocryphe en sextuor dès la fin du XVIIIe siècle, et semblent attirer toujours l’attention des mélomanes comme des musiciens.
Fluctuat nec mergitur
Pour la douzième édition d’Eclats de voix, Patrick de Chirée convie encore une fois les mélomanes en terre gasconne. La promenade musicale d’un éclectisme assumé labourera la carte gersoise, traçant ses sillons d’Auch à l’abbaye cistercienne de Flaran en passant par le minuscule village de Lagraulet-du-Gers paisiblement égaré dans sa campagne verdoyante…
Douceur de vivre…
Entre Haendel et Mozart, le public de l’opéra avait oublié tout ce qui s’était composé. Nul ou presque ne se souvenait de Grétry ou du dernier fils de Bach si ce n’est pour le premier d’avoir été l’auteur de mignardises pour Marie – Antoinette et pour l’autre d’avoir été le fils préféré du maître absolu et d’avoir eu une réputation de séducteur.
Dis-moi, pourquoi…
Cet enregistrement exact contemporain de celui de Marc Minkowski (tous deux enregistrés en 1988) semble en être un frère (faux) jumeau. La même qualité d’équipe et une vraie complicité des artistes s’y retrouvent. Aucune faiblesse à noter, aucune réserve ne peut être faite, et seule des choix artistiques d’égales valeurs peuvent les départager.
Monteverdi, cheek to cheek
Avril 2009. Voilà un enregistrement qu’on aime ou qu’on quitte. Un enregistrement qui flirte allégrement avec le jazz, qui use et abuse des syncopes et d’une attitude nonchalante et détendue. Où l’Italie du XVIIème siècle s’oublie dans les cabarets d’outre-Atlantique. Cette vision, qui nous avait seulement partiellement convaincus en concert, réussit étonnamment son passage au disque, sur un théâtre d’amour d’une rare finesse, où la poésie affleure, et où il fait bon skater.
Enchantement et plénitude nordiques (Buxtehude / Reincken, Sonates, La Rêveuse – Mirare)
Pour sa troisième parution discographique, l’ensemble La Rêveuse a choisi de s’orienter, après deux disques remarqués consacrés au XVIIe siècle anglais dont l’un consacré à des airs de Purcell (Mirare), vers leurs contemporains allemands. On y découvre en effet des sonates en quatuor de deux grands maîtres du Nord : Buxtehude de Lübeck et Reincken d’Hambourg.
“La Raison vous dit : Trois c’est trois et la Foi déclare que : Trois c’est un” (Flaubert)
Mars 2009. Bruno Cocset possède l’archet agile, assuré, infiniment conteur. Après des sonates de Barrière, Geminiani ou Vivaldi, après les 6 Suites pour violoncelle tous parus chez Alpha, revoilà l’artiste pour un enregistrement programmatique très personnel, cheminement intellectuel que Bruno Cocset décrit avec naturel et candeur dans le livret, autour de la Guerre de Trois.
L’Art de la fugue, un coup de Maître
L’Art de la fugue passe pour une œuvre difficile, réservée aux spécialistes, et même ennuyeuse, voire rébarbative. « Encore, aux instruments, pourquoi pas ? cela introduira du moins quelque variation, mais au seul clavier, Seigneur non ! » Moi-même, quand j’ai ouvert le paquet-surprise contenant ce disque, j’ai eu comme un mouvement de recul… et pourtant…
“Entends-tu déjà le son des plectres et des cithares qui chantent les louanges du vainqueur”
D’accord, le livret consiste en une propagande indigeste dédiée à Charles VI, saint empereur romain totalement oublié. D’accord, l’Ensemble baroque de Nice est plus célèbre pour sa maniaque fidélité à la partition et son application attentive que pour sa fougue dramatique.
Un “Come Bach” réussi (Bach, Messe en si, Les Musiciens du Louvre, Minkowski – Naïve)
Février 2009. Le facile jeu de mot orne fièrement le fronton de l’interview accordée par le chef à Rémy Louis parmi les notes de programme de ce joli livre-disque sur papier vergé. Il est cependant inexact, puisqu’il s’agit non d’un retour mais d’une première rencontre au disque entre Bach et Marc Minkowski.
