Classico-baroque ?
Scheibe vécu à Leipzig, Hamburg et Holstein avant de partir vivre au Danemark en 1740. Pour l’anecdote, il perdit un œil à l’âge de six ans dans l’atelier de facture d’orgues de son père. Le compositeur est connu pour être le partisan avant l’heure d’un style plus épuré, plus simple et plus mélodique, dont il a développé les thèses dans le périodique musical Der critische Musicus, fondé par lui en 1737.
Les fruits de la Passion
Georg-Philipp Telemann, contemporain de Bach, a été un compositeur des plus prolifiques de son temps. On lui doit pas moins d’une quarantaine d’opéras (peu enregistrés mis à part l’Orpheus sous la baguette de René Jacobs), 46 passions pour les offices de Hambourg, 12 cycles annuels de cantates, de nombreux oratorios, et une pléthore d’œuvres instrumentales.
“On se demande même si on s’en lassera jamais”
Ce sont là les mots de Roger North dans ses Notes of Comparison between the elder and Later Musick and Somewhat historicall of Both (Notes de comparaison entre la musique ancienne et moderne avec un peu d’histoire des deux) publiées dans la seconde moitié du Siècle des Lumières.
Plus doux que les roses…
Vous aurez bien du mal à trouver ce disque, au minutage d’ailleurs assez chiche (33-tours oblige), mais c’est une petite merveille de musicalité et de délicatesse. Si Paul Esswood n’a jamais pu maîtriser ce vibratello constant qui le caractérise, il a réussi à transformer ce handicap en grand art.
Une élégance virtuose
Ah, quel séducteur que ce Fabio Biondi, malgré une photo de jeunesse peu réussie dans le livret ! D’accord, le violon sonne un peu maigrelet dans les aigus, mais la douceur du phrasé, la facilité dans les ornements, le caractère spontané et volontaire du jeu du violoniste forcent toujours l’admiration.
Trouver sa voix
Certes, l’orchestre de Pal Nemeth n’est ni le plus élégant, ni le plus précis. La basse continue est pesante, l’orgue positif rébarbatif. Les cordes, bien que suffisamment dynamiques, demeurent pâteuses et parfois d’une justesse approximative.
Oui…non… m’enfin…
Parfois, le sort est cruel avec Vivaldi, et on se prend à imiter les accents d’un John Hawkins acerbe dès 1776 sur les talents de compositeur du Prêtre Roux. Parfois le sort est cruel avec le Jardin Harmonique, et on se prend à imiter les accents d’un C. H. du temps de sa splendeur à Répertoire, lorsqu’il parachutait d’infâmes critiques réduisant des carrières en cendres avec plus ou moins d’à-propos mais sans se départir de sa verve inimitable.
“Come dolci, Signor, come soavi…
…riuscirono a te, la notte andata, di questa bocca i bacci, murmure Poppée l’intrigante, c’est-à-dire As-tu trouvé assez doux et suaves, la nuit dernière, les baisers de ma bouche, seigneur, et voilà Néron ferré, éperdu d’amour, prêt à sacrifier son maître Sénèque, sa femme Octavie et l’Empire.
A pleins tubes
Vous cherchez la version de référence de ces deux œuvres archi-connues ? Inutile de porter vos oreilles plus loin, car depuis 20 ans, personne n’a réussi à égaler le naturel de cette interprétation. On a vu des Gloria plus endiablés, des Stabat plus starlette, des voix plus puissantes, des orchestres plus rythmés.
De la dentelle…
Cet enregistrement rare possède 2 atouts irremplaçables : les duos de chambre interprétés ensemble par Carolyn Watkinson et Paul Esswood. Lorsque la contralto la plus androgyne avant Ewa Poddles et Marijana Mijanovic mêle sa voix à celle du sensible Paul Esswood, l’auditeur est décontenancé, se demande presque où est l’homme et où est la femme.
Domine salvum fac regem ! (Dieu sauve le Roi !)
On a trop souvent considéré le Grand Motet versaillais comme un genre lourd et pompeux, où les trompettes le disputaient aux timbales pour la plus grande joie des courtisans blasés. Rien ne saurait être plus réducteur, comme Hervé Niquet le démontre dans cette quasi-intégrale des Grands Motets du Florentin (il y manque malheureusement le Jubilate Deo).
“Toi aussi, Minkowski ?”
Après la révolution Ariodante et l’excellent Hercules (Archiv), on attendait beaucoup de le sortie de Giulio Cesare par le maître grenoblois. Ce long opéra possède un livret peu conventionnel puisqu’il relate sous forme d’épopée héroïque les aventures égyptiennes de César chez le fourbe Ptolémée XIV et la douce Cléopâtre.
Un oratorio politique
Pour un oratorio, Sedecia a tout de l’opéra. L’absence de choeur, les innombrables airs de bravoure, l’ambiance martiale puis pathétique de l’oeuvre confirment ce que laissait pressentir une partition aux timbales et trompettes rutilantes. Gérard Lesne est au mieux de sa forme et se taille la part du lion avec son incarnation magnifique du rôle-titre. A ses côtés, les autres solistes se surpassent. On remarque notamment les débuts prometteurs du très jeune Philippe Jaroussky, sans citer les belles performances de Peter Harvey et Mark Padmore, habitués de ce répertoire et toujours aussi excellents.
Hautes terres, morne plaine
Suffit-il d’une poignée de très excellents solistes, d’instruments on ne peut plus authentiques (la plupart des originaux dont le pedigree est soigneusement noté dans le livret) et d’un célèbre compositeur pour faire un bon disque ?
Sublime !
Enfin, aurait-on eu envie de dire, car l’Orfeo n’est pas une œuvre facile d’accès au public non italianisant : comme pour tout opéra inscrit dans le drame et dans la parole, il faut en comprendre le texte ; or comprendre le texte dit avoir les yeux rivés sur le livret pendant l’écoute, ce qui est loin d’être idéal. Le DVD est souvent un moyen adéquat d’avoir la musique et le livret sous les yeux sans effort, avec en prime, quand tout va bien, le drame qui se déroule réellement sous nos yeux, comme si on y était.
Réservé aux passionnés de flûte à bec.
Elève de Lully, compositeur renommé pour ses tragédies lyriques (surtout Alcyone) et ses pièces de violes de gambe, Marais fit également paraître un recueil de Pièces en trio pour les flûtes, violons et dessus de viole avec la basse continue en 1692. Très proches du modèle des Concerts Royaux de Couperin, ces courts morceaux , regroupés sous forme de suites de danse, furent sans doute composés pour les mêmes occasions…
God save the King’s Consort !!!
Amateur de grosses fanfares, de foule en liesse s’époumonant à crier God save the King ! Long live the King ! May He lives forever !, passionnés de cloches, possesseurs de grosses enceintes, cet enregistrement unique est fait pour vous !
Pas de marée sur la Tamise
Les instrumentistes sont remarquables de justesse, cuivres y compris. Les tempi fluides et bien choisis. Mais que manque t-il donc à ces deux enregistrements pour véritablement emporter l’adhésion ? De la spontanéité, de la rugosité, quelques couacs de la part des cornistes (pas autant que chez Harnoncourt, Malgoire ou Niquet mais un peu quand même), plus de mouvement ?
Corelli est devenu galant
A l’écoute de cet enregistrement peu connu, l’auditeur pense immédiatement au modèle corellien des sonates d’églises : alternance lent-vif-lent-vif, polyphonie simple et mélancolique, passages en imitation, structure en trio. Pourtant, ce n’est certainement pas du Corelli.
Une flûte de champagne pétillante à souhait
Les sonates pour flûtes de Händel sont parmi les œuvres instrumentales les plus populaires du compositeur, aux côtés de sa Water Music ou de ses concertos pour orgue. On ne reviendra donc pas sur l’originalité des morceaux, l’habileté mélodique digne des grands tubes opératiques genre cara sposa ou lascia la spina.
