Danse avec les fous
Peu de témoignages de musique instrumentale médiévale d’avant l’apparition de la polyphonie nous sont parvenus. En outre, le système de notation de l’époque, qui ne mentionne souvent que les hauteurs de sons mais non leur durée, laisse une très grande marge d’interprétation.
Splendide et insaisissable Blandine Rannou
Attention, chef-d’œuvre sacrilège ! Les pièces de viole d’Antoine Forqueray publiées, remaniées et complétées par son fils Jean-Baptiste Antoine sont bien connues des mélomanes. Paolo Pandolfo en a d’ailleurs livré une lecture aussi belle que rude, hélas épuisée, chez Glossa.
Imprononçable !
Saluons d’abord l’audace du label Etcetera, relativement peu connu en France, et qui a osé l’improbable parution d’un double CD avec fourreau, à la facture soignée et sobre, qu’orne le nom totalement imprononçable d’ Hieronymus Lauweryn van Watervliet (ca. 1505) (sic).
Le non divin Mozart
Les disques de pianoforte font rarement beaucoup de bruit, peut-être à l’instar de l’instrument qu’on y entend. Peut-être aussi parce que beaucoup d’interprètes n’ont pas choisi le pianoforte, mais ont seulement choisi l’instrument d’époque en une démarche louable, mais qui ne s’avère pas toujours musicalement intéressante.
Le miel de l'Abbaye…
Jamais autant une époque n’aura célébré l’art choral avec autant de flamboyance que le XVIIIe siècle. Il devient l’aboutissement ultime, d’un baroque cherchant toujours à s’élever en un mouvement perpétuel, là où la courbe se fait couleurs, nuances, pourpres et or. Les deux œuvres retenues dans cet enregistrement par Arsys Bourgogne en sont la démonstration.
Mozart brisé, Mozart martyrisé mais Mozart libéré !
Les concertos pour violon de Mozart… Cinq œuvres célébrées jusqu’à la trame, jouées, rejouées, rebattues jusqu’à la banalité et à l’indifférence. Et, en dépit de la jaquette du disque qui prétend que cette nouvelle interprétation sur instruments d’époque apporterait une nouvelle énergie et vitalité aux concertos…
Où Kirsten Flagstad sauve un enregistrement d’un naufrage certain…
En pleine époque baroque, le chevalier Glück accomplit la révolution musicale qui allait signer l’acte de mort de l’opéra traditionnel, bâti sur des arias da capo entrecoupées de récitatifs soutenus au clavecin, pour y substituer un continuo orchestral où alternent des airs solo et des ensembles.
Gouttes d’eau sur pierre glacée
Il y a d’abord la mirifique prise de son. Un son large, évocateur, fenêtre sur la lagune laissant s’engouffrer l’air frais d’un matin blême. Même en étant habitué aux excellentes captations de chez Alpha ou Alia Vox, on reste ébahi et admiratif par le savoir faire de Franck Jaffres et Alban Moraud qui concilie une vision globale naturelle et l’impression de se tenir à quelques mètres des musiciens.
“Jerusalem, Jerusalem convertere ad Dominum deum tuum”
Datant de 586 avant Jésus Christ, les Lamentations du Prophète Jérémie témoignent du désespoir d’Israël et de la désolation de la Ville Sainte après sa première destruction ; intégrées à l’Ancien Testament, elles constituent un élément essentiel de l’Office des Ténèbres célébré au cours du triduum sacrum de la Semaine Sainte.
La luxuriance du chœur
Grand oublié de l’histoire, Pierre Robert fut pourtant avec Henry du Mont celui qui porta durant la période la plus prospère du Règne de Louis XIV, le genre du grand motet à son accomplissement. Tout deux devinrent par semestre Sous-maîtres de la Chapelle Royale en 1663 et quittèrent leurs fonctions en raison de leurs réticences aux demandes d’évolution du Roi, en 1682 lors de l’installation officielle de la cour à Versailles.
Plaisante conversation
Après la superbe intégrale de Monsieur de Sainte-Colombe précédemment chroniquées sur ces pages, les Voix humaines se sont alliées à d’autres artistes pour nous permettre en cette fin d’année 2008 de découvrir et d’apprécier un instrument trop méconnu dans un répertoire particulièrement valorisant.
Tous les visages de l’amour
Patricia Petibon a choisi les airs chez trois compositeurs phares de l’ère classique– Haydn, Mozart et Gluck- esquissant douze personnages dont le fil commun, l’amour, s’exprime en une palette de sentiments et d’émotions, qui appellent un traitement vocal fin et nuancé.
Une ébouriffante latinité
Noël 2008. Le premier récital de Verónica Cangemi a su se hisser d’emblée loin au-dessus de la compilation virtuoses de tubes opératiques grâce à une sélection toute personnelle, qui regroupe nombres d’airs baroques italiens et de manière plus surprenante de la musique d’Amérique latine.
Concerts à deux violes inégalables
Voici une critique bien tardive et que nous avions prévu pour l’été. Mais l’écoute de ce monument discographique de près de huit heures méritait bien qu’on prenne le temps nécessaire, et il eut été malhonnête de chroniquer cette intégrale unique des Concerts à deux violes esgales de Sainte-Colombe (sans doute le Parisien Jean de Sainte-Colombe comme les recherches de Jonathan Dunford tendent à le prouver) sans en avoir admirer toutes les facettes.
30 glorieuses peuvent-elles se résumer à si peu !
Les Arts Florissants, ensemble créé par William Christie, fêtent cette année leurs 30 ans. Durant ces belles années, ils ont enregistré des versions de référence sur tout leur répertoire du XVIIe et du XVIIIe siècle. Alors que d’autres éditent des coffrets pour fêter dignement leur anniversaire, les Arts florissants en cours d’existence ne peuvent le faire qu’en partie. Alors autour du Jardin des Voix créé en 2002 pour favoriser la formation des jeunes interprètes, un programme nous est ici offert de bien trop courts extraits des enregistrements réalisés sous le label Virgin Classics…
Vous avez du feu ?
Voici un enregistrement léger comme une bulle de champagne, et à la lisière du baroque et du classique. La basse continue est encore là, mais la simplicité mélodique, les crescendos, le côté galant et dépourvu de toute pompe nous rappelle que les perruques in-folio sont remisées au placard, que les femmes reçoivent en déshabillé, que les longues traînes des robes à la françaises se font encombrantes.
Je le veux (Lully, Cadmus & Hermione, Morsch, Lefilliâtre, Marzorati, Le Poème Harmonique, Dumestre, Lazar – Alpha)
Voici presque un an que nous attendions cette parution après l’émerveillement des représentations de l’Opéra Comique. Nous ne reviendrons pas ici sur le contexte et les caractéristiques de l’œuvre elle-même qui sont étudiés dans un article dédié, mais uniquement sur la captation de ces instants de magie, que le souvenir et les mois passés ont sublimés.
L’oratorio sepolchro, ou la liturgie luthérienne à l’heure de l’opéra baroque
Ayant épousé en 1719 le dauphin du Prince électeur (futur Frédéric-Auguste II de Saxe), l’archiduchesse Marie-Josèphe de Habsbourg apporta avec elle la tradition musicale italienne à Dresde. Or, si la famille des Princes électeurs s’était convertie au catholicisme depuis peu, la Saxe demeurait un bastion luthérien.
Le jeu n’en vaut pas la chandelle…
Une distribution honorable, me direz-vous. Certes, néanmoins… on est toujours condamné, avec ce DVD, à rester sur sa faim. Si Stéphanie d’Oustrac est une excellente Didon, que Sophie Daneman est agaçante ! De même, si les deux Sorcières sont géniales de ridicule, l’Enchanteresse est à peine supportable !
Ah, la délicieuse saveur des compotes maison…
On avait découvert il y a quelques mois de cela le confort tendre de l’interprétation au virginal des pièces extraites du Manuscrit Susanne van Soldt. Pour mémoire, ce recueil comporte 33 arrangements de chansons profanes, de danses et de psaumes qui constituent l’une des sources les plus précieuses de la musique quotidienne néerlandaise de cette époque.
