Les Passions brillent avec Eclats
Eclairé par le chœur de François Terrieux, l’orchestre Les Passions dirigé Jean-Marc Andrieu présente pour son premier enregistrement un programme riche et intéressant, mêlant concertos du Prêtre Roux et motets d’un grand compositeur injustement méconnu. Nicola Porpora ne s’est en effet pas limité à enseigner aux grands castrats tels que Farinelli et Caffarelli, ou encore – ce que l’on sait moins – à Haydn…
Un peu, beaucoup, à la folie !
Voici la première captation au DVD d’Orlando, l’un des opéras les plus originaux d’Haendel dans sa trilogie de l’Arioste qui comprend aussi Alcina et Ariodante. En effet, cette plongée dans la folie malmène totalement les conventions structurelles de l’opera seria par “de nombreux da capo peu catholiques…
Une soirée avec Barbara
L’initiative est généreuse. Sur les pas de Radiohead, la soprano propose aux internautes de télécharger légalement son disque et de fixer eux-mêmes le prix qu’ils désirent payer. Le programme est généreux, alternant savamment de touchants airs anglais de Purcell, et les grands tubes de Haendel.
“Je suis grand partisan de musique française, je l’avoue” Telemann, 1717
Nous le savons bien à présent, Georg Philip Telemann fut un des compositeurs les plus appréciés de son temps et surtout, celui dont la plume fut particulièrement généreuse et inspirée ; on ne lui doit pas moins de 3600 œuvres répertoriées dont une centaine d’Ouvertures-suites fortement influencées par les compositions d’un certain Jean-Baptiste Lully dont Telemann demeura un grand admirateur et imitateur.
Un long fleuve tranquille
Jean-Sébastien BACH (1685-1750) Le Clavier bien tempéré Livre 2 (Das Wohltemperierte Klavier) Zhu Xiao-Mei (piano) 2 Cds ,...
Raphaël : quatre consonnes, et trois voyelles
Hum… oui… bon… m’enfin. Tels sont les mots qui viennent à la bouche du critique bredouillant et perplexe face à ce disque à la jaquette sublime, où un homme en bonnet (ressemblant à un vieux mandarin en chignon) passe devant un paysage de nuages ocres.
In vino veritas
A côté des tragédies lyriques, des opéras-ballets, des sonates italiennes qui firent postérité, le règne de Louis XIV vit fleurir tout un répertoire d’airs populaires contant, si l’on peut dire, les boires et déboires des gens de la société de l’époque.
Pyrame et Thisbé
Voilà un livre qui mériterait d’être bien lu par tous les amateurs d’opéra baroque français – et aussi par ses détracteurs, d’ailleurs… Voyez un peu la quatrième de couverture :
Au XVIIIe siècle, à peine un opéra a-t-il été représenté à l’Académie royale … qu’il est parodié …. Après avoir pleuré à la tragédie en musique, le public s’empresse de rire lors de sa reprise burlesque avec Arlequin ou Polichinelle. …
Michel Vershaeve, Traité de chant et de mise en scène baroques
Ah, cela fait longtemps que l’on attendait cette 2nde édition du grand classique de Michel Verschaeve ! Il ne paie pourtant pas de mine, ce modeste in-8 thermocollé, à la couverture très zen, et dont les illustrations en noir et blanc souffrent d’une reproduction de basse qualité avec des effets de quadrillages ou de tramés…
Magnifico !
Créé une première fois à Vienne dans les années 1980 par le chef d’orchestre Joan Grimalt, Exaudi Nos connaît depuis 2000 une seconde vie en Catalogne, en coopération avec Musiques de l’Esperit.
Le luth dans la fosse (Lully, Thésée, Crook, Pudwell, Boston Early Music Festival, O’Dette & Stubbs – CPO)
On pourrait dire enfin : enfin voici ce Thésée qui manquait à la discographie lullienne ; car s’il y avait le travail effectué par Christie avec l’Académie d’Ambronay, aucune publication n’avait suivi. Maintenant que les illustres personnages de cette tragédie en musique – illustres Égée, Thésée et Médée elle-même, que dire encore ? – ont été portés au disque…
Philiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiipe !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
D’abord, protestons contre le marketing conquérant de Virgin qui n’hésite pas à affubler le chanteur des tenues les plus exotiques pour attirer le client. Après la collection d’été débraillée du récital vivaldien, voici le contre-ténor arborant un masque vénitien en forme de papillon…
Lui clouer Lübeck
Ton Koopman aime les fioritures, la pompe et les ors. On lui a d’ailleurs souvent reproché son toucher immensément léger, les appogiatures dont il se délecte, la joyeuse rutilance de ses cantates de Bach qui manquent souvent de spiritualité. Koopman, c’est un peu l’anti-Suzuki, pourtant son élève.
Noir, c’est noir
A l’écoute de cet Amadigi d’une indicible noirceur, on songe à Brian de Palma ou à La Reine Margot de Patrice Chéreau. Dès l’ouverture les cordes sont puissantes, écrasantes, d’une lourdeur claustrophobique. L’on sent que la main du destin n’est pas gantée de velours, et que les protagonistes vont vivre un destin tragique duquel il ne pourront s’affranchir.
Le second visage de Domenico Scarlatti
Qui l’eut cru ? L’on connaissait Domenico Scarlatti, le virtuose du clavier, célèbre pour son écriture audacieuse et novatrice, précurseur du style galant dans ses cantates. On le comparait souvent à son père Alessandro, grand maître de l’oratorio dans une querelle filiale des Anciens et des Modernes.
Ferdinand et Christine
Eclaircissons d’abord le titre de ce bel objet (un double digipack sous fourreau très stendhalien dans ses tons rouge et noir) : Intermedii 1589. Qu’est-ce à dire ? 1589, souvenez-vous… Peut-être étiez-vous encore jeune, à l’époque. 1589, ce sont les festivités grandioses en l’honneur des noces de Ferdinand Ier de Médicis, Grand Duc de toscane avec Christine de Lorraine.
Un virginal « moeder & kind » d’une aimable douceur
Ce petit manuscrit de 1599 a donné bien du fil à retordre aux musicologues et aux chercheurs. Si même Alan Curtis n’est pas parvenu à éclaircir l’épais mystère Susanne van Soldt, il semblerait que cette hollandaise ait vécu à Londres, qu’elle se piquait de jouer les pièces à la mode de son temps…
« Plus vous les tournez en boucle, mentalement ou en soufflant, plus vous avez le sentiment de vous perdre, de vous abîmer en elles, de n’être qu’un médium littéralement “enchanté” » – Pierre Hamon
Nous ne nous adonnerons pas ici à une description verbeuse, pas plus que nous n’essaierons d’analyser de manière rigoureuse les différents morceaux présents sur ce disque, tout cela serait futile. L’enregistrement que nous propose Pierre Hamon est de ceux qui s’écoutent seul dans une pièce silencieuse…
Sacré Erlebach !
Voici une addition bienvenue à cette période trop peu connue de la musique baroque allemande de l’avant-Bach. Comme si l’imposante stature du Cantor avait éclipsé tous ses prédécesseurs, reléguant Buxtehude, Schelle, ou ce brave Erlebach à un coin sombre de postérité.
