“Boire de l’eau de framboise avec vous me comble”
C’est dans le cadre intime et flottant de la Péniche Adélaïde (un nom qui plairait à Nattier) que nous avons assisté à la reprise de La Veuve et le Grillon de Daniel Soulier, comédie baroque autour des airs de cours français, joute imaginaire entre une morganatique Madame de Sévigné et un Monsieur de la Fontaine on ne peut plus bon vivant.
L'Arbre de Mai
Sous la Rome antique si chère à nos librettistes pour célébrer les vertus guerrières et morales, le calendrier de Romulus de ce mois, chéri de nos lecteurs pour les jours de repos qui leur donnent l’occasion de parcourir – encore plus assidûment – nos pages, indiquait Maius, le mois dédié à la très ancienne divinité Maia. Immédiatement, nos érudits songent à la fille d’Atlas et mère d’Hermès, nymphe gambadant en Arcadie jusqu’à ce que Zeus le trouve à son goût, nourrice d’Arcas après la transformation de Callisto en ours. Et nos visiteurs se disent à raison que ces intéressants développement sont bien éloignés de l’illustration multicolore de ce champ hexagonal qu’un Hollandais génial coucha sur toile. Et bien non, car cette Maia-ci, homonyme, est en réalité une très ancienne déesse romaine, parèdre (déesse associée et souvent un peu inférieure) de Vulcain, comme on peut le retrouver chez Ovide.
Entretien avec Arnaud Marzorati, chanteur et directeur artistique de l’ensemble Lunaisiens
Entretien avec Arnaud Marzorati, chanteur et directeur artistique de l’ensemble Lunaisiens. En mars dernier, nous avions pu assister, au milieu de cette florissante année Grétry, à la représentation de Zémire & Azor à l’Opéra Comique. Co-fondateur de l’ensemble Lunaisiens, le baryton au timbre chaleureux s’était illustré chez Boismortier ou Dornel, Lully, Desmarest ou Delalande.
Entretien avec Mélanie Flahaut, bassoniste
Entretien avec Mélanie Flahaut, bassoniste. Après l’interview d’Arnaud Marzorati, directeur musical des Lunaisiens, nous nous sommes aventurés dans la fosse, qui n’est jamais commune même chez Mozart (qu’on nous pardonne nos écarts drolatiques), à la recherche de quelques confidences de musiciens autour de l’écriture de Grétry, autour du projet de Zémire et Azor représenté en mars dernier à l’Opéra Comique. Mélanie Flahaut, bassoniste, a dévoilé avec grâce les mystères de son basson.
« La musique militaire est à la musique (…) »
Qui n’a jamais entendu la fameuse marche des Gonzague, que ce soit dans la martiale Toccata introductive de l’Orfeo de Monteverdi, ou son adaptation dans le premier chœur de ses Vêpres à la Vierge ? Cette Toccata de l’Orfeo, qui s’apparente à une fanfare militaire, est remarquable à double titre.
La voix chez Monteverdi
Cet article a fait l’objet d’une parution dans Monteverdi, L’Orfeo, L’Avant-Scène – Opéra, Sept-octobre 1976, pp. 78-82. Il est reproduit ici avec l’aimable autorisation de M. Mauro Uberti. Seul le titre général La voix chez Monteverdi a été ajouté par nos soins.
“On doit tout redouter d’un peuple furieux” (II, 2)
Avril 2010. Voici un disque comme on les aime. Un digipack-livre soigné portant sur une œuvre rare, avec une documentation abondante et bien illustrée, où les 2 disques sont accompagnés d’un DVD reprenant une captation de concert de l’œuvre dans une version légèrement abrégée. Mais cela ne serait rien si l’ivresse ne répondait au flacon…
“Entrer votre numéro de carte bancaire ici”
Après une journée de travail éreintante au Cosmopole international de Roissy, l’homme rentra dans sa bulle d’habitation épurée, avec vue sur les toits immaculées et transparents de Paris. Seuls quelques bâtiments historiques laissaient poindre encore des couverture en tôle, en plomb ou en tuiles, brisant la monotonie des reflets nacrés et transparents des autres “living bubbles” qui avaient depuis quelques décennies révolutionné l’urbanisme de la capitale…
Entretien avec Vincent Tavernier, metteur en scène
Entretien avec Vincent TAVERNIER, metteur en scène, autour de La Fausse Magie de Gretry. On ne revient plus sur le prédilection de Vincent Tavernier pour le théâtre baroque… Le metteur en scène a ainsi monté dix comédies et comédies-ballets de Molière. Après les productions de l’Amour médecin de Molière et Lully avec Le Concert Spirituel et la Compagnie de danse baroque l’Eventail, le Ballet des Arts avec La Simphonie du Marais et toujours l’Eventail, voici son incursion chez Gretry, dans La Fausse Magie récemment donnée à Metz, Reims et Rennes.
Si c’est pour lui faire de beaux enfants…
Mars 2010. Voici un CD qui aurait pu passer aussi inaperçu qu’un garde suisse fermant une grille versaillaise, qu’un courtisan cherchant une chaise d’affaire, qu’un solliciteur faisant les cent pas devant l’Aile des Ministres. Un digipack élégant mais neutre, un label peu connu et difficilement trouvable en grandes enseignes, une œuvre très, trop fameuse.
“Scélérat de Casca”
15 mars 44. L’homme, dictateur à vie depuis février, a hésité. Hésité à venir. Un amoncellement de signes avant-coureurs annonçait le drame et le rendait presque inéluctable, si l’on en croit les contemporains. “Quand on aura découvert les ossements de Capys, un descendant d’Iule tombera sous les coups de ses proches et bientôt l’Italie expiera sa mort par de terribles désastres” était inscrit, rapporte Suétone, sur une tablette de bronze dans le Sépulcre de Capys lors de la démolition d’anciens tombeaux.
La Missa Salisburgensis de Biber
Cette messe monumentale va nous permettre de comprendre comment les compositeurs créaient leurs œuvres en tenant compte de l’acoustique particulière du lieu où elles allaient être jouées. En effet, la Missa Salisburgensis sert avant tout de marque de puissance du prince, rythmant la vie publique.
L’orgue : le roi des instruments ?
Cette brève synthèse, d’une extrême clarté, permettra aux lecteurs de se familiariser avec la facture – ô combien complexe – de l’orgue. Elle est extraite du Lexique musical raisonné de L’Histoire de la Musique Occidentale sous la direction de Jean et Brigitte Massin (Fayard, 2007).
Le Claviorganum
Un superbe récital de Gustav Leonhardt consacré aux compositeurs anglais (Byrd, Bull, Gibbons) et germaniques (Pachelbel, Bach, Ritter, J. C. Bach) vient de paraître chez Alpha. Pour la première fois, le pape du baroque accepte de jouer sur un claviorganum.
La Pochette : le cadet de la famille des cordes
La pochette est l’instrument des maîtres à danser dont Monsieur Jourdain est si friand. Goethe relate dans son ouvrage Dichtung und Wahrheit qu’alors qu’il était étudiant à Strasbourg il apprit le menuet à l’aide de ce Tanzmeistergeige (violon de maître de danse littéralement).
Le oboe da caccia
Cet instrument étrange apparaît dans l’instrumentation de la Passion selon Saint-Jean de Bach BWV 244 pour la première fois. Il figure également dans diverses cantates datant de la période de Leipzig, à partir de 1723.
Le cor baroque et la trompette naturelle sont-ils condamnés à jouer faux ?
Une petite controverse émergea lors des représentations de Giulio Cesare au Théâtre des Champs-Elysées à l’automne dernier. Les cornistes de Christophe Rousset jouaient en effet le plus affreusement faux du monde, à peine au quart de ton près, défigurant totalement le si célèbre Va tacito e nascosto…
Le cornet à bouquin, “un truc d’intello” ?
Le cornet à bouquin est le lointain cousin des cornes d’animaux percées de trous qui apparaissent sur nombres de miniatures du Moyen-Age. L’instrument proprement dit est employé du XV au XVIIIème siècle mais connaît un important déclin vers 1640…
L’Aria da Capo : un éternel recommencement ?
Découvrons ensemble l’ABA du Da capo, son A-B-A. En effet, sans rapport aucun avec le groupe disco suédois, l’air da capo est une forme cyclique, rigoureusement codifiée.
