De Chambonnières à Rameau
Skip Sempé n’arrivait pas en terrain conquis : il remplaçait Bertrand Cuiller. Grâces lui soient rendues d’avoir accepté et d’avoir proposé un programme riche et varié où se croisent encore les Couperin et Rameau, mais aussi Chambonnières, Forqueray, d’Anglebert et même Luigi Rossi.
“Quand on joue, on ne pense pas : on a pensé.”
Pierre Hantaï a composé un programme couvrant, chronologiquement, la majeure partie de l’école française de clavecin : de Louis Couperin (vers 1626–1661) à Jacques Duphly (1715–1789) en passant, bien sûr, par François Couperin et Jean-Philippe Rameau.
Un Berger fidèle
Le Ricercar Consort proposait un programme majoritairement ramiste, augmenté de quelques pièces chambristes de François Couperin — La Française des Nations et la Passacaille du Deuxième Ordre des Nations. Évoquant plus complètement le talent de Rameau, le programme allait d’extraits de deux cantates, Le Berger fidèle et L’Impatience aux célèbres Sauvages extraits des Indes galantes, en passant par la musique de chambre…
Les violons chantent
Commençons donc par Stradivaria. L’ensemble baroque nantais a choisi pour programme les Concerts en sextuor, arrangement dû à la plume d’un anonyme, daté du milieu des années 1760, des Pièces de clavecin en concert de Jean-Philippe Rameau. Choix d’autant plus judicieux que cet arrangement a connu une certaine fortune dès la fin du XIXe siècle…
“J’ai perdu ce que j’aime. Seigneur, pour moi tout est perdu”, Charpentier, David & Jonathas, Arts Florissants, Christie – Opéra Comique, 24/01/2013
Que voici une année faste pour Charpentier, avec la recréation, avec mise en scène s’il vous plaît, de plusieurs de ses principales œuvres, à savoir ses deux seuls opéras la tragédie biblique David & Jonathas mise en scène par Andreas Homocki que nous avions chroniquée lors des représentations aixoises et que nous redécouvrons à l’Opéra Comique…
Sous les ors et décors de la IIIe République
Avant la mise en place de grands rideaux de soie rouge qui parachèveront de donner toute sa majesté au lieu, l’Opéra comique dévoilait au public son Foyer restauré à l’occasion de la première de David et Jonathas, le 14 janvier dernier.
Le cuisinier de Haendel
On cite souvent, dans la légende haendélienne la phrase malheureuse qu’il aurait prononcée contre le jeune Gluck : Mon cuisinier connaît plus le contrepoint que ce Gluck. Si non è vero e ben trovato. Mais n’en déplaise au grand Berlioz qui épingla le Caro Sassone pour cette affirmation, il se peut qu’au lieu d’une perfidie ce soit une sorte d’hommage.
Le roi s’amuse
Les visiteurs du Musée du Louvre sont souvent des flâneurs impénitents ou des consommateurs pressés. Entre les hordes célères qui défaillent pour le sourire de Joconde et qui repartent aussitôt en tournant le dos à tant de merveilles pour le prix d’un tour des Champs Elysées ou d’un café au Starbucks, et ces autres qui se perdent dans les couloirs en quête du nouveau…
“Le Sicilien, sans Alain Delon” (dixit H. Reyne)
Ce spectacle est loin de nous être inconnu, puisque nous l’avions chroniqué lors de sa création en 2011 à l’occasion du Festival de La Chabotterie, qui avait donné lieu à un remarquable enregistrement (Musique à la Chabotterie) et nous ne nous attarderons donc guère sur les péripéties de la rivalité entre Lully et Molière, et sur l’incursion de Charpentier dans la musique de scène.
Idly digging his toes in the sand
It did so indeed, and much sooner than she had expected. Granser babbled on unnoticed.
La destinée tragique de Louis-Gabriel Guillemain (1705-1770) par Thomas Vernet
Voici à peine quelques mois, l’Ensemble Aliquando nous livrait un remarquable enregistrement (Muso) qui remettait au goût du jour un compositeur caméléon et prolifique. Le destin tragique de l’homme, le caractère varié et insaisissable de sa production ont éveillé notre curiosité, et Thomas Vernet a bien voulu partager avec nous cet article qui constitue la version développée de la notice du disque.
L’art de la veduta, du souvenir de voyage aux cimaises des musées (Canaletto-Guardi – Musée Jacquemart-André, Paris)
De nos jours, quelques clichés pris sur le vif et aussitôt postés sur les réseaux sociaux suffisent à informer nos amis des villes visitées et des payasages rencontrés. Pour les adeptes des traditions, les lieux touristiques regorgent encore des ces bonnes vieilles cartes postales, qui firent le bonheur des collectionneurs et des préposés des Postes. Au XVIIIème siècle déjà les voyageurs anglais fortunés qui entreprenaient le Grand Tour (entendez : celui de l’Italie et du bassin méditerranéen) aimaient rapporter avec eux des témoignages visuels des villes traversées.
« La modernité, c’est le transitoire, le fugitif, le contingent, la moitié de l’art, dont l’autre moitié est l’éternel et l’immuable. » Charles Baudelaire
Elle sera bientôt là. Car même les statues de pierre se débarrassent le moment venu de leurs antiques oripeaux, en dépit des efforts de l’Académie et des gardiens du Temple, ceux-là même qui vénèrent la tradition, abhorrent le changement, questionnent la notion même de progrès.
Correspondances
Rares sont les claviéristes aujourd’hui qui s’aventurent avec bonheur à jouer la musique de Carl Philipp Emanuel Bach au clavicorde. Parmi les réalisations marquantes, signalons celle de Mathieu Dupouy (Hérisson Productions), signalons celle de Marcia Hadjimarkos (Pièces de caractère, Zig Zag Territoires), et signalons encore celle de Jocelyne Cuiller…
Une merveille d’équilibre
On ne peut pas dire qu’André Campra soit méconnu ; les mélomanes le connaissent. Pour autant, connaît-on vraiment sa musique ? Rares sont les œuvres lyriques enregistrées — son Europe galante n’est pour beaucoup qu’un titre, et on attend toujours une parution discographique pour pallier à la faible version Leonhardt
J.S Bach ou le raffinement
C’est avant tout la sublime musique de J.S. Bach qui est mise en valeur dans ce disque, enregistré en 1991. On ressent très bien à quel point Bach se met au service de son texte en illustrant au mieux et de façon variée des mots qui sont chacun porteurs de sens. Ainsi, le dernier air de la cantate BWV 82 se caractérise par un balancement très dansant et qui sert à merveille le texte explicite…
Le changement dans la continuité
Jamais deux sans trois. Après un enregistrement un peu vert chez Virgin (1989) et la magnifique version de référence de 1996 (Harmonia Mundi), Philippe Herreweghe récidive avec cette nouvelle parution lumineuse, fervente et contemplative. Rondeur des courbes, hédonisme sonore permanent, prise de son superlative, malgré les nombreux attraits de cet opus, force est d’avouer que le meilleur rival d’Herreweghe n’est autre que lui-même…
“L’arrogance d’Adonis trouva la vengeance de Vénus”, Don Pedro Calderon de la Barca, La Purpura de la Rosa, 1680.
Le mystère d’Adonis, qui est au sources même de la régénération de la nature dans toutes les nuances de son printemps. Si l’amour poursuit jusqu’à la fleur l’indifférent et le cruel, c’est dans ces amours infidèles que la plus sensuelle des Déesses épanche toute sa volupté.
Largo sur la lagune
L’œuvre instrumental d’Albinoni est paradoxalement aussi célèbre que mal compris. La faute à cet Adagio sirupeux qu’on lui prête et qui est en réalité issu de la plume du musicologue Remo Giazotto s’inspirant d’un fragment de basse continue dudit Albinoni.
