Une heureuse résurrection de la Reine de Naples
En janvier 1729, Haendel entreprit un voyage de cinq mois en Italie, séjournant à Florence, Venise, Milan et Rome. Il avait pour but d’engager de nouveaux chanteurs pour sa troupe d’opéra londonienne, à la suite du départ du fameux castrat Senesino. Sur place, il découvrit les nouvelles tendances de l’opéra italien évoluant vers une simplification de l’écriture orchestrale…
Quintessence de la guitare baroque
Avec l’Italien Francesco Corbetta nous avons véritablement affaire avec un Maître de musique tel qu’en produisit le XVIIème siècle. Musicien virtuose, il parcourut l’Europe se produisant dans toutes les cours importantes. Compositeur prolixe, il légua à la postérité cinq livres de musique (1639, 1643, 1648, 1671, 1674) traçant la voie d’un répertoire destiné à la guitare baroque…
Janine ou l’archet qui brille
Il y a quelque chose de lumineux et de gai dans l’archet (moderne) et le violon de Janine Jensen. Une clarté et une précision paradoxalement mêlées de laisser-aller, comme si l’artiste s’apercevait avec surprise que sa lecture était conforme à ses pensées. Le timbre est transparent sans être totalement lisse, les articulations bien choisies.
Dynamique et débordant d’énergie
Originaire de Bohème, Jan Dismas Zelenka arriva à la cour de Dresde au début du XVIIIe siècle pour servir le roi de Pologne Auguste II. Il fut accueilli comme joueur de violone puis devint directeur de la célèbre Hofkapelle en 1729. Essentiellement sacrées, ses œuvres furent plus ou moins florissantes, selon que le compositeur polonais fut souffrant ou non. Il connut en effet de longues périodes de maladie qui influèrent sur son travail.
Un peu, beaucoup, à la folie !
Voici la première captation au DVD d’Orlando, l’un des opéras les plus originaux d’Haendel dans sa trilogie de l’Arioste qui comprend aussi Alcina et Ariodante. En effet, cette plongée dans la folie malmène totalement les conventions structurelles de l’opera seria par “de nombreux da capo peu catholiques…
In vino veritas
A côté des tragédies lyriques, des opéras-ballets, des sonates italiennes qui firent postérité, le règne de Louis XIV vit fleurir tout un répertoire d’airs populaires contant, si l’on peut dire, les boires et déboires des gens de la société de l’époque.
Magnifico !
Créé une première fois à Vienne dans les années 1980 par le chef d’orchestre Joan Grimalt, Exaudi Nos connaît depuis 2000 une seconde vie en Catalogne, en coopération avec Musiques de l’Esperit.
Le luth dans la fosse (Lully, Thésée, Crook, Pudwell, Boston Early Music Festival, O’Dette & Stubbs – CPO)
On pourrait dire enfin : enfin voici ce Thésée qui manquait à la discographie lullienne ; car s’il y avait le travail effectué par Christie avec l’Académie d’Ambronay, aucune publication n’avait suivi. Maintenant que les illustres personnages de cette tragédie en musique – illustres Égée, Thésée et Médée elle-même, que dire encore ? – ont été portés au disque…
Lui clouer Lübeck
Ton Koopman aime les fioritures, la pompe et les ors. On lui a d’ailleurs souvent reproché son toucher immensément léger, les appogiatures dont il se délecte, la joyeuse rutilance de ses cantates de Bach qui manquent souvent de spiritualité. Koopman, c’est un peu l’anti-Suzuki, pourtant son élève.
Un virginal « moeder & kind » d’une aimable douceur
Ce petit manuscrit de 1599 a donné bien du fil à retordre aux musicologues et aux chercheurs. Si même Alan Curtis n’est pas parvenu à éclaircir l’épais mystère Susanne van Soldt, il semblerait que cette hollandaise ait vécu à Londres, qu’elle se piquait de jouer les pièces à la mode de son temps…
Un vent de fraîcheur
Alors que Danielle de Niese retrouve en ce moment même (jusqu’au 7 février 2008) son rôle fétiche de Cléopâtre à la Monnaie de Bruxelles, Decca nous gratifie d’un joli récital consacré uniquement à des airs italiens et anglais de Haendel. On y retrouve d’emblée ce qui a charmé des milliers d’auditeurs depuis ce Giulio Cesare de Glyndebourne (DVD Opus Arte)…
Des exercices bien virtuoses
Un rayon de soleil traverse l’azur du petit matin et réchauffe le cœur d’une douce caresse… Dès le premier mouvement (largo) du Trio en la Majeur, Sébastien Marq expose son jeu doux et velouté, léger et transcendant. Et l’on s’émerveille, béat, devant la beauté du son, la justesse des sentiments, et ce toucher si délicat qui vous berce et vous emmène dans un jardin d’Eden.
Un "coup d’archet démoniaque"
Marais fut l’élève de Lully (voyez son Alcyone) et de Sainte-Colombe. De ce dernier, il acquit une maîtrise du jeu et de la composition de la basse de viole époustouflante. Titon du Tillet affirme d’ailleurs qu’au bout de six mois l’élève avait surpassé le maître… L’oeuvre de viole de Marais fut publiée en cinq livres entre 1686 et 1725.
Ah, le baroque autrichien !
Biber, quasi-inconnu voici 30 ans, est devenu en peu de temps un best-seller de la musique baroque, malgré un nom particulièrement alambiqué. Entre ses messes monumentales (Missa Bruxelensis, Missa Salisburgensis, Missa Sancti Henrici) et ses œuvres violinistiques virtuoses (Sonates du Rosaires, Sonates pour violon), l’élève de Schmelzer se caractérise dans ses œuvres instrumentales par une grande liberté formelle…
Le Crépuscule des Dieux
Oh là là ! A la première écoute, on se demande si c’est bien Monica Huggett qui joue : elle que l’on a connu si légère avec Ton Koopman, radieuse avec Manfredo Kraemer… La violoniste traverserait-elle une crise de déprime ?
Les "Gouldberg" : sorte de miroir changeant et insaisissable. 1955, 1959, 1981.
Que font donc ces enregistrements au milieu d’une sélection dont les instruments modernes étaient exclus ? Gustav Leonhardt (qui a enregistré l’œuvre 3 fois) qualifia le style de Gould de “totalement anti-musical”. En effet, les interprétations quasi-légendaires de Glenn Gould peut en troubler plus d’un. Autopsions donc de plus près le corps du délit.
Dans l’intimité des Bach
Elle est à la fenêtre, devant son instrument. Bach rentre, épuisé, de l’église Saint-Thomas où il a encore tempêté contre la poignée d’instrumentistes boiteux à sa disposition. Il dégrafe son épée à garde d’argent (que l’on trouve mentionnée dans son inventaire de décès), se verse un verre de vin.
Un archet bondissant
Oui, on les a entendu mille fois, ces concertos pour violons de Bach. 1043, le concerto pour 2 violons, 1041 et 1042, les deux autres concertos pour violon seul. Ah, 1060 ? Il s’agit de la reconstitution hasardeuse d’une œuvre disparue que l’on connaît par sa transcription pour clavecin. De quoi remplir décemment le timing du disque.
