Des nocturnes qui feraient oublier Chopin
Voilà hélas le fruit d’une moyenne arithmétique qui perd dès lors tout son sens. Comment juger un programme disparate qui alterne les trois sublimes Nocturnes pour les Défunts de Porpora avec des concertos de type vivaldiens somme toute assez convenus, importuns qui ôtent la magie du chant, et choquent par leur caractère entièrement profane ?
Belle marquise, vos yeux me font mourir d’amour…
Cet enregistrement figure ici avant tout pour sa valeur historique : il s’agit en effet du premier disque du Concentus Musicus Wien, enregistré en 1963. Pourtant, les qualités musicales n’y font pas défaut.
Mélancolie contre fraîcheur
Savall contre Goebel. Un choc frontal entre l’Espagne alanguie et la froidure germanique, sur fond de musique française. Mais français, le sont-ils vraiment ces 4 ordres composés de suites de danses, chacune précédée d’une sonate ?
Un mysticisme brûlant (Monteverdi, Vespro della Beate Vergine, Hanns-Martin Schneidt – Archiv)
Les Vêpres à la Vierge de Monteverdi furent rarement enregistrées avec de seules voix masculines, et les circonstances de leur exécution, sans doute à Saint-Marc de Venise avec ses doubles tribunes, relativement peu documentées. Suivant la règle mulier tacet in ecclesia (les femmes se taisent dans l’église, pardonnez mesdames la traduction un peu rustre), Hanns-Martin Schneidt proposa voici plus de 20 ans cette interprétation d’une ferveur mystique, avec chœur d’enfants, et dont l’impact émotionnel est toujours aussi présent.
Un violon haute couture
La Cetra (La Cène) est un recueil de concertos pour violon moins célèbre que l’opus précédent Il Cimento dell’armoni e dell’invenzione (celui qui contient Les Quatre Saisons), et moins audacieux que l’Estro Armonico opus 3.
Les "Gouldberg" : sorte de miroir changeant et insaisissable. 1955, 1959, 1981.
Que font donc ces enregistrements au milieu d’une sélection dont les instruments modernes étaient exclus ? Gustav Leonhardt (qui a enregistré l’œuvre 3 fois) qualifia le style de Gould de “totalement anti-musical”. En effet, les interprétations quasi-légendaires de Glenn Gould peut en troubler plus d’un. Autopsions donc de plus près le corps du délit.
Un galant contrepoint
Sans Bernardo Garcia-Bernalt, que saurions-nous de Juan de Aragues, harpiste et organiste puis maître de chapelle de l’Université de Salamanque ? Et ce serait dommage car cet obscur compositeur nous a laissé un corpus très pergolésien si l’on en juge par le programme de ce CD.
Plongeons dans le bain de Cléopâtre…
Voici une captation vidéo de l’opéra le plus fameux de Haendel injustement oubliée. Certes, si elle évite heureusement les laideurs actualisées de Peter Sellars (DVD Decca, enr. 1990), cette ancienne lecture de Francisco Negrin ne peut prétendre à la quasi-perfection de la récente version de William Christie (DVD Opus Arte, enr. 2005) qui s’en inspire clairement sur certains points.
Que serait un Roi sans divertissements ?
Après l’album de Virginio Fadda, Luth et guitare baroque dans les cours européennes, en 2004, voici un album compilatoire et jubilatoire du même acabit.
“Una notte, sognai che avevo fatto un patto con il diavolo…”
Il règne autour de la Sonate du Diable un souffle de mystère sulfureux. Tartini écrivit : J’ai rêvé une nuit que j’avais scellé un pacte avec le Diable pour le prix de mon âme. Alors me vint l’idée de lui confier mon violon et d’attendre ce qu’il en tirerait. (…) La pièce que j’ai alors écrite est certainement une des plus belles que j’aie jamais composée.
Requiem… et tralala
Composé quelque part entre 1697 et 1704 (les musicologues ont encore du pain sur la planche !), le Requiem de Jean Gilles, maître de musique de la Cathédrale Saint-Etienne de Toulouse, demeure son œuvre la plus célèbre, très à la mode tout au long du XVIIIème siècle, notamment lors des concerts parisiens du Concert Spirituel des Tuileries.
Il y a du Glenn Gould dans cet homme-là
J’ai toujours eu la vision de Bill, élégant et calme, atteint légèrement de calvitie. Un chef très “tragédie lyrique”, amateur de jolies danses, petites voix claires et sans vibrato, cuisine du Sud et jardinage. Mes amies me disent que je suis restée très 80’s, que les Arts Flo ont bien changé, que le temps des Atys, David et Jonathas et autres Idoménée nobles et froids est révolu. Que le DVD des Indes Galantes décoiffe par rapport à l’enregistrement plus ancien d’Aix.
Un Tombeau bien joyeux
Dès la réception du beau digipack orné d’un détail de Watts, nous nous sommes demandé ce qu’était ce Tombeau de Sa Majesté la Reine de Pologne de Bach. Nous nous apprêtions à compulser frénétiquement notre catalogue BWV, quand la réponse tomba du ciel, ou plutôt du détail des plages.
L’hésitation contre la vigueur
1988. On retrouvera dans ces deux enregistrements du regretté Scott Ross la même modestie et le même talent : nulle part le claveciniste canadien ne se met en avant, même lorsque la virtuosité technique est requise.
Mangeons en musique…
Et non, l’œuvre de Delalande ne se résume pas à ses fanfares pour trompettes martiales et éculées, surjouées par les Jean-François Paillard et autres Paul Kuentz. D’une part, ses grands motets sont magnifiques, et d’autre part même les Symphonies pour les Soupers du Roi sont bien plus fines qu’on ne l’imagine.
L’opéra des Musiciens
La parution d’un opéra de Lully au disque est toujours, pour les amoureux du baroque français, un événement attendu avec impatience et crainte; crainte de voir l’œuvre amputée de son prologue, nouvelle mode liée à des considérations aussi éloignées de l’art que le soleil de la planète Terre…
Un dimanche à Versailles
Le vieux Roi est vieillissant. Son organiste n’est plus de prime jeunesse non plus. Et leurs ombres planent sur ces quatre concerts royaux que Louis XIV aimait à entendre le dimanche, publiés longtemps après la mort du Roi-Soleil. Art de Cour, superficiel, mignard et vain diront certains, stigmatisant les mélodies simplistes et l’abondance d’ornements.
Contemplatif et ciselé
Publié en 1647, l’opus 10 est le deuxième volume des Symphonies sacrées de Schütz, recueil de concerts sacrés pour petits effectifs. Les ravages de la Guerre de Trente Ans ne sont d’ailleurs pas étrangers à l’abandon de projets trop ambitieux impliquant une polyphonie chorale avec des effectifs fournis.
Classico-baroque ?
Scheibe vécu à Leipzig, Hamburg et Holstein avant de partir vivre au Danemark en 1740. Pour l’anecdote, il perdit un œil à l’âge de six ans dans l’atelier de facture d’orgues de son père. Le compositeur est connu pour être le partisan avant l’heure d’un style plus épuré, plus simple et plus mélodique, dont il a développé les thèses dans le périodique musical Der critische Musicus, fondé par lui en 1737.
Trouver sa voix
Certes, l’orchestre de Pal Nemeth n’est ni le plus élégant, ni le plus précis. La basse continue est pesante, l’orgue positif rébarbatif. Les cordes, bien que suffisamment dynamiques, demeurent pâteuses et parfois d’une justesse approximative.
