Autour du Concert Baroque (IV)
C’était une bien mauvaise idée que celle-là. Transporter un orchestre baroque vieillissant sur les rives verdoyantes et nourricières du Nil, revivre la magie des années 30 et des meurtres en nœud papillon, porter haut l’étendard de la culture hexagonale à l’invitation de l’Ambassade cairote avait de quoi séduire – de prime abord. William Nikehrewki n’avait pas hésité un seul battement d’ailes de papillon, répondant comme le seul homme qu’il était que les Musiciens de la Fontaine rugissante feraient le déplacement. ..
Autour du Concert Baroque (III)
Vous aussi, vous cherchiez à comprendre le mécanisme du monologue intérieur cher à James Joyce. Voici venu le moment. Celui de rentrer de l’ombre à la lumière, de traverser cette frontière symbolique des coulisses à la scène, ce gouffre entre l’anonyme et le public. La salle semble immense et s’agrandit au fur et à mesure que vous avancez, au botte-à-botte avec vos confrères choristes. Vous vous dites que ce n’est pas grave, que vous êtes noyé dans la masse, que personne ne vous voit, que si l’on vous aperçoit, ce ne sera que sous la forme d’un point noir parmi d’autres points noirs,…
Des bosquets très lullystes
Les transats alanguis se sont rangés à regret dans leurs remises, et les tenues légères vont peu à peu laisser place à l’habit d’automne. Avant que la nature ne se dépouille en jetant bas les arbres et les ornements dans un tourbillon virevoltant, nous nous sommes rendus à dix-huit lieues de Paris, dans ce qui n’était qu’une terre marécageuse dotée de noms comme “l’étang puant” qui font tout le charme de la science de la toponymie. En bref, notre Muse se rendit à la cour, et se présenta à la suite du royal cortège pour l’habituelle promenade postprandiale des jardins.
Autour du Concert baroque (II)
Mon cher cousin, J’ai découvert hier ce que les Parisiens nomment le Ballet et, qui, comme vous vous en doutez, représente pour l’étranger oriental que je suis une expérience aussi inédite qu’aventureuse. Il y a, à Paris une grosse bâtisse dont la toiture ressemble à une meringue vert-de-gris écrasée contre un fronton. Trônant au bout d’une longue et large voie dont elle bloque le cours, cet Œuvre – qu’on appelle opera sans doute en raison de l’étymologie latine – se pare de lumière le soir afin d’accueillir un public distingué.
Autour du Concert Baroque. Ep. 1 : La Tête
Cette agaçante tête qui ne semblera pas inconnue aux mélomanes constituera, en cas de succès, le premier volet d’une série de réflexions caustiques et légères issues de l’expérience répétée des concerts baroques…
Grandeur et magnificence
C’est à la tête de deux grands ensembles baroques saxons que Hans-Christophe Rademann nous propose de découvrir deux chefs-d’œuvre dont les auteurs participèrent grandement à l’édification du rayonnement culturel qu’avait Dresde sous le règne d’Auguste II (1733-1763) et qui reste aujourd’hui encore une référence de grandeur et de magnificence.
LA BAROQ’ BOX
Cher baroqueux, assez des sorties retardées, des concerts non diffusés et des billets épuisés. Profitez ces fêtes de Noël pour vous évader dans le monde unique de la musique baroque. Fonctionnant comme une boîte cadeau classique, la Baroq’box vous permet des séjours et de concerts de rêve pour assouvir votre passion musicale. Comme première offre, deux parcours sont disponibles :
Un peu, beaucoup, passionnément
Juillet-Août 2009. 12 cycles de cantates, 46 passions… Pourtant, la postérité n’aura retenu de Telemann que laTafelmusik d’une joliesse décorative un peu versaillaise, comme si l’on réduisait Bach à ses Ouvertures. Et alors que s’amoncellent pour notre plus grand bonheur les intégrales de cantates de Bach, l’énorme leg des quelques 1400 cantates télémaniennes (TVWV 02:01 à TVWV 15:27 en comptant les sérénades et cantates profanes) reste encore à (re)découvrir.
L’avarice fait de bien beaux tableaux
Il avait deux passions dominantes, l’avarice et les tableaux, mais seulement ceux qu’il pouvait obtenir sans payer. Sa garde robe était défraîchie, il allait toujours à pied, et donnait les prétextes les plus étranges pour expliquer à ses amis pourquoi il n’avait pas ce jour-là pris de voiture. Tel est le portrait peu laudatif que dresse Haendel de Corelli.
Cosmologie opératique dans Castor & Pollux de Rameau
Au moment où une tradition reconnaît qu’elle est sur le point de disparaître et s’effacer devant une autre civilisation, sous le couvert d’allégories, elle peut laisser son message sous une forme voilée en sachant que seuls les initiés parviendront à décrypter dans les symboles le message qui restera incompris de la plupart.
Détours de mélomane
Voici venir l’été avec ses festivals pour certains, ses cures baroques pour d’autres… De notes échappées des voûtes d’une petite église oubliée aux palais alanguis abritant quelques accords le temps d’une canicule, nous vous souhaitons une belle saison riche en découvertes musicales, où tous les chemins mènent au tempérament inégal, aux cordes en boyau et aux luths théorbés. Et pour vous accompagner dans le repos estival, Muse Baroque poursuivra inlassablement ses coups de cœurs attendris, ses coups de gueules excessifs et ses divagations musicologiques tout au long d’un numéro double, actualisé en permanence, entre un deux cocktails servis au bord de notre luxueuse résidence aimablement sponsorisée par les artistes et leurs maisons de production afin de garantir notre impartialité…
Se perdre dans un Dédale
Crénom ! s’écrie le critique à l’écoute de cet enregistrement protéiforme, d’une vitalité multicolore qui dégage le parfum d’un ailleurs troublant. A partir de la trame de la célébration d’un passé antique mythique et glorieux par les artistes de la Renaissance, Roberto Festa a assemblé un périple dont le maître-mot est la surprise du dépaysement…
Rameau : le peintre, le poète
Dans toute l’œuvre de Rameau, les Pièces de clavecin en concerts appartiennent à la caste des privilégiés. Enregistrées à de nombreuses reprises, elles ont fait objet d’un arrangement apocryphe en sextuor dès la fin du XVIIIe siècle, et semblent attirer toujours l’attention des mélomanes comme des musiciens.
Fluctuat nec mergitur
Pour la douzième édition d’Eclats de voix, Patrick de Chirée convie encore une fois les mélomanes en terre gasconne. La promenade musicale d’un éclectisme assumé labourera la carte gersoise, traçant ses sillons d’Auch à l’abbaye cistercienne de Flaran en passant par le minuscule village de Lagraulet-du-Gers paisiblement égaré dans sa campagne verdoyante…
Le débarquement de Suède
6 Juin. 290 ans avant que les navires alliés ne pointent leur proue vers les côtes de Normandie, bien plus au Nord, à Uppsala, elle débarque. Ou plus précisément elle abdique. Puisque l’heure est aux commémorations, plaçons-nous un instant devant le monument que nous ont laissé Carlo Giuseppe Fontana & Jean-Baptiste Théodon dans la Basilique Saint-Pierre, ce sarcophage surmonté de ce médaillon de bronze et de cette couronne gigantesque, difficilement soutenue par 2 angelots à bout de force, et souvenons nous…
Douceur de vivre…
Entre Haendel et Mozart, le public de l’opéra avait oublié tout ce qui s’était composé. Nul ou presque ne se souvenait de Grétry ou du dernier fils de Bach si ce n’est pour le premier d’avoir été l’auteur de mignardises pour Marie – Antoinette et pour l’autre d’avoir été le fils préféré du maître absolu et d’avoir eu une réputation de séducteur.
Entretien avec Sigiswald Kuijken, violoniste baroque
Entretien avec Sigiswald Kuijken, violoniste baroque et directeur musical de La Petite Bande. Le pionnier de la restitution musicale baroque était à Nantes pour le 25ème anniversaire du Printemps des Arts de Nantes. C’est en sortant de sa remarquable prestation des Quatuors opus 76 de Haydn avec le Quatuor Kuijken qu’il nous a accordé un entretien dans la librairie du Musée des Beaux-Arts. Nous avons été touchés par la sincérité et la spontanéité de ses propos qui ressemblent à l’approche de la musique que Sigiswald Kuijken nous a permis de redécouvrir…
Dis-moi, pourquoi…
Cet enregistrement exact contemporain de celui de Marc Minkowski (tous deux enregistrés en 1988) semble en être un frère (faux) jumeau. La même qualité d’équipe et une vraie complicité des artistes s’y retrouvent. Aucune faiblesse à noter, aucune réserve ne peut être faite, et seule des choix artistiques d’égales valeurs peuvent les départager.
Entretien avec Julien Chauvin, violoniste
Entretien avec Julien Chauvin, premier violon du Cercle de l’Harmonie. Le Cercle de l’Harmonie est dirigé en binôme, et pour ce dernier né des ensembles baroques l’avenir est fulgurant. Quelques minutes après avoir goûté sa fastueuse prestation dans le Concerto pour violon et cordes de Haydn lors du concert d’ouverture du Printemps des Arts Julien Chauvin, le premier complice de Jeremie Rhorer, nous accorde un court entretien après le récital L’art des Castrats du Baroque au Classicisme qui ouvrit l’édition 2009 du Printemps des Arts de Nantes…
