Voyage sur un archet
Les pièces de viole d’Antoine Forqueray publiées, remaniées et complétées par son fils Jean-Baptiste Antoine sont bien connues des mélomanes. C’est d’abord un bel objet que ce luxueux disque sous fourreau doté d’un livret riche en extraits de traités d’époque…
Petits motets
En dépit de ses ascendances vénitiennes, Fiocco naquit à Bruxelles en 1703 et connut une carrière fructueuse. Membre de la chapelle ducale de Bruxelles (dirigée par son demi-frère) dès 1726, vite promu sous-maître de cette institution en 1729 ou 30, nommé maître de chapelle de la cathédrale d’Anvers en 1731…
Profond Carmin (Lully, Armide, d’Oustrac, Les Arts Florissants, Christie – DVD FraMusica)
Les dernières pages du monumental Ulysse de James Joyce s’achèvent par l’éternel féminin, le monologue extraordinaire de Molly Bloom. Si la femme concupiscente du peu reluisant Leopold Bloom n’a rien d’une enchanteresse mythique, Joyce, en quelques pages, nous fait pénétrer au coeur même du subconscient…
Vertiges du sublime
Voici un enregistrement qui fleure bon son Empfindsamkeit avec son lyrisme exacerbé, ses sentiments intenses, sa mélodie naturelle et humaine, et l’on se laisse prendre aisément à la joliesse nacrée de l’Allegro du concerto Wq 172 d’autant plus que Truls Mørk sait à merveille faire chanter son violoncelle avec chaleur et conviction aux côtés des Violons du Roy
Le langage des papillons
En 1708 le armées du déclinant Louis XIV sont battues à Oudenaarde; depuis le début de ce que l’histoire moderne appelle la Guerre de Succession d’Espagne, les prétentions royales de l’archiduc Charles de Habsbourg recueillit les suffrages d’une Catalogne avide d’autonomie. Ce prince est un personnage incontournable pour la vie musicale de son époque et surtout pour l’engouement de sa ville natale, Vienne, pour la musique.
Des tuyaux sur l’opéra ramiste
UGAB. Eh non, il ne s’agit pas du DVD de l’Union Générale Arménienne de Bienfaisance mais bien du nom biblique de ce drôle d’instrument, magnifique, tonitruant, haut perché et mal aimé qu’est l’orgue d’église.
L’excellence discrète
Il est des compositeurs si discrets que leur œuvre complet tient sur un CD pour deux. De ceux-ci sont Martin Peerson et John Milton. Encore faut-il noter que le partage de l’espace disponible sur la petite galette n’est pas égal : sur les vingt-cinq pistes du disque, seules six sont dévolues à Milton, les dix-neuf autres revenant donc à Peerson.
“L’ayant fait passer dans plusieurs cours, il a passé icy en revenant de Londres, & il a eu l’honneur de jouer du violon devant le Roy, & devant toute la Cour…” (Le Mercure Galant, décembre 1682)
Gunar Letzbor est l’un de ces musiciens à l’exigence musicale et intellectuelle intransigeante, Chevalier de l’archet, Défenseur du violon seul et orphelin, le Paladin errant poursuit sa quête sinueuse des Sonates et Partitas de Bach, épreuve ultime selon lui, après avoir passé par les rudes et mystiques des Sonates du Rosaire et l’Artificiosus Concentus pro Camera de Vilsmayrs (tous deux chez Arcana).
“Les Voix humaines”
Que de chemin parcouru tout au long de cette intégrale d’abord parue chez Pierre Verany puis chez Ligia Digital depuis 1992. Voilà une œuvre colossale que celle d’enregistrer les 584 pièces de violes de Marin Marais, éditées entre 1686 et 1725 dans ses 5 Livres dont on retient trop souvent uniquement le Second (1701) pour ses fameuses Folies d’Espagne.
Une caresse énergique
Etre co-titulaire des orgues de Saint-Louis-en-l’île, ça se mérite, comme nous l’avions déjà démontré dans nos pages vertes à l’occasion du précédent disque de Benjamin Alard, consacré aux Sonates en trio pour orgue von das große Kantor von Leipzig (Alpha).
Les ors vivaldiens de Vicence
Ottone in villa, créé le 17 mai 1713 à Vicence, est le premier opéra officiellement composé par le Prete Rosso, à l’âge de 35 ans. En réalité, Vivaldi avait approché l’univers de l’opéra en tant que retoucheur de partition, et probablement déjà composé pour le compte d’autres compositeurs lyriques…
Les surprises de l’amour
C’est en termes discourtois mais néanmoins réalistes que le roi du Portugal Dom Joao V (1706-1750) désigna sa fille Donha Maria Barbara quand elle s’en allait convoler avec le Prince des Asturies Don Fernando. Si bien des chocs physiques étaient de coutume à l’époque baroque du fait des mariages arrangés par procuration, ce fut sans doute le caractère, les talents et l’érudition de la princesse portugaise qui conquirent le cœur de son époux et le regard de l’Histoire…
Desmazures digne d’un palais
Voici un enregistrement qui remplira d’aise les amateurs de musique du Grand Siècle. Comme l’explique avec une érudition fluide Josep Dolcet dans les notes accompagnatrices, la présence de Philippe V sur le trône de Madrid n’entraîna pas l’importation et la vogue du style français dans la Péninsule, du fait notamment des goûts personnels du monarque.
“J’aimerais mieux avoir peint la chapelle Sixtine que gagné bien des batailles même celle de Marengo ” (Gustave Flaubert)
Et bien la voici cette Chapelle Sixtine colorée, avec ses corps virils et musclés, son mouvement, l’effroi de son Jugement dernier, ses corps contorsionnés en apesanteur ! Nos confrères semblent unanimes, et comme un chevalier banneret à l’appel de son suzerain, nous nous alignerons avec eux cette fois-ci en bataille…
“Armide enfin lève les yeux…”
Il est intéressant parfois, quand on aime le répertoire baroque, de s’arrêter un peu sur le merveilleux et la magie dans cet art qui nous passionne. Si la présence des scènes de démons, des destructions massives de cités entières, les tempêtes et la magie sont des poncifs de l’opéra de l’âge moderne, le personnage de l’enchanteresse plus que sorcière est essentiel au monde musical baroque.
Danse thérapeutique
Chaque année Alpha réédite un CD phare accompagnant son catalogue qui devient de plus en plus époustouflant tant il allie audace et beautés visuelle et auditive. Le choix de cette année met en pleine lumière un enregistrement de 2001 (déjà !) qui est devenu culte et qu’il fait bon de réécouter.
Une mezzo au royaume du baroque français au XVIIIème siècle
Quel plus improbable équipage pour explorer le répertoire français du XVIIIème siècle qu’un chef anglais (certes, assurément le plus français de tous !) et une mezzo suédoise formée à Londres ? Car la tragédie lyrique française exige à peu près la même maîtrise de la diction de la langue que le théâtre de Racine ou de Corneille.
