Époustouflant violon (Corelli et al., Sonates pour violons, Pramsohler – Audax Records)
Pramsohler, pour interpréter ces œuvres, s’appuie sur une solide technique violonistique, un doigté précis, des coups d’archet nets et francs, une quête incessante des effets. L’écoute de ce CD apporte une richesse stylistique et une mine d’informations, notamment celle de la diversité des mouvements permettant ainsi une identification aisée de ceux-ci.
Plaisirs galants (Rameau, Cantates et pièces de clavecin en concert, Amarillis – Naïve)
Honneur aux dames : l’ensemble Amarillis a fait choix de réserver ses instruments baroques à des interprètes féminines. Des esprits chagrins contemporains y verront peut-être une discrimination… Musicalement le résultat ne soufffre aucune contestation, tant les sonorités des instruments (en particulier le clavecin) sont moëlleuses, et la ligne mélodique fluide.
Un chef-d’œuvre en devenir (Hasse, Siroe, Re di Persia, Armonia Atenea, Petrou – Decca)
Après le succès de la tournée Rokoko aboutie par l’enregistrement du même nom, Max Emanuel Cencic se tourne à nouveau vers le maître incontesté de l’opera seria Johann Adolf Hasse (1699-1783), le Cher Saxon. Ce compositeur plus que prolifique, puisqu’il n’écrit pas moins de 56 opéras interprétés par les plus grands chanteurs de l’époque, de Farinelli à Faustina Bordoni, qu’il épousa.
Un baroque dépaysant … (Patricia Petibon, “Nouveau Monde” – Deutsche Grammophon)
Après le concert donné en mai dernier à l’Opéra National de Lorraine (NANCY) par l’orchestre baroque de Mexico La Partenope, ce disque se révèle à son écoute tout autant dépaysant, exotique.
Patricia Petibon nous invite à un voyage riche en couleurs mêlant les chants traditionnels aux airs de compositeurs connus tels Rameau, Haendel, Purcell, et de moins connus tels De Nebra ou Le Bailly.
La magie de la technique …(Cantate Deo, Marco Beasley, Guido Morini, Accordone – Alpha)
Marco Beasley et Guido Morini marquent ici un événement « atypique », particulier sur le plan musical. Grâce à la technique dite du réenregistrement, le ténor Marco Beasley interprète seul les parties vocales, en principe chantées à deux voix distinctes. Cette technique a été notamment utilisée en musique classique par Aldo Ciccolini dans sa première intégrale des œuvres pour piano à 4 mains d’Erik Satie.
Le tunnel du temps (Le service funèbre de Jean-Philippe Rameau – Capriccio Stravagante, Sempé – Paradizo)
La date est inscrite sur la pochette du disque : 27 septembre 1764. Skip Sempé nous transporte littéralement vers ce jour sombre pour rendre hommage à Jean-Philippe Rameau. Quinze jours auparavant, le Dijonnais s’éteignait d’une fièvre putride à Paris.
Sautes d’humeur et originalité sonore (CPE Bach, Zylberajch, Piérot – L’Encelade)
En ce trois-centième anniversaire de la naissance du second fils de Johann Sebastian, la Muse se devait de revenir sur la généreuse parution du label l’Encelade. Plus qu’un aperçu, son riche programme convie le mélomane curieux à se muer en véritable explorateur.
Phaéton solaire jusqu’à la chute (Lully, Phaéton, Les Talens lyriques, Aparté)
De nos jours, Phaéton, de même que les opéras de Lully, figure hélas trop rarement à l’affiche des scènes lyriques françaises. La version de concert donnée en 2012 salle Pleyel sous la conduite de Christophe Rousset avait suscité forces louanges. Aussi il est heureux que, trente ans après le premier enregistrement intégral réalisé par Marc Minkowski (nous y reviendrons plus loin), la captation de cette soirée permette à tous de juger de ses qualités, et à quelques privilégiées de s’en souvenir.
« Par Dieu ! Dame ! bien peu nous jouissons d’amour !…» (Trobar et Joglar, Alla Francesca, AgOgique)
Alors que notre société tend à faire que chaque personne soit spécialisée dans un domaine de pointe, celle du Moyen-âge encourageait la polyvalence. Loin de notre système cartésien et normatif, et bien avant l’âge d’or de l’Humanisme, les poètes pouvaient aussi être compositeurs, parfois même chanteurs et instrumentistes ; ils étaient à la fois artistes et artisans.
Un canevas de drames et de douleurs…(Michi dell’Arpa, E che vuoi più, La Gioannina & Françoise Masset – AgOgique)
Les fils d’amour, de joie, de tristesse, de douleur constituent bien là, la trame du CD. La Gioannina, ensemble fondé en 2012 par Nanja Breedijk (Harpe triple) et Rémi Cassaigne (Luth, Théorbe et Guitare), explore avec brio ce répertoire baroque de «l’amour souffrant » d’un illustre inconnu : Orazio Michi dell’Arpa (v. 1595-1641).
La poésie de la Musique (Bach, Clavier bien tempéré – Weiss – Satirino)
Cette nouvelle édition sous forme de coffret-livret de Das Wohltemperierte Klavier –Le Clavier bien tempéré de Johann Sebastian Bach, interprétée par Kenneth Weiss mérite de loin une écoute attentive. Les deux livres du Clavier bien tempéré, élaborés entre 1722 et 1744, contiennent chacun 24 préludes et fugues écrits dans les 12 demi-tons de la gamme chromatique soit 24 modes majeurs et mineurs.
« O mon âme… » (Certon, Requiem – Vox Cantoris, Candeau – Psalmus)
Pour la seconde fois, les chantres de Jean-Christophe Candeau s’intéressent au compositeur Pierre Certon qui fut maître de chœur puis chapelain perpétuel à la Sainte Chapelle, sous le règne de Louis XII. Probablement élève de Clément Janequin, on lui doit de nombreuses et fameuses chansons polyphoniques, publiées à partir de 1533, ainsi qu’une vaste production d’œuvres sacrées.
15 mois ! (Bach, Intégrale des Cantates sacrées – Holland Boys’ Choir, Leusink – Brilliant Classics)
Muse Baroque, ce ne sont pas seulement que des nouveautés, et nous ne céderons pas au caprice du last newcomer en permanence, tweetant et retweetant en avant-première la critique de l’inédit non encore parvenu chez votre disquaire. Et pour illustrer notre discophilie rampante, quoi de mieux que de chroniquer cet achèvement – car c’en est un – à l’époque copieusement villipendé, d’un Bach de supermarché.
Monteverdi aux anges ! (Monteverdi, Vespro della Beata Vergine, Cappella Mediterranea, Ambronay ed.)
Il est des œuvres qui demeurent des monuments, hiératiques, sublimes et dont le mystère ne se transperce qu’à travers le génie ou la ruse. Mais il est aussi des interprètes, des équipes d’exception qui peuvent aborder ces monuments par la délicatesse et l’humilité.
Flamboyant (Vivaldi – Opera arias – Hammarström, Concerto de’ Cavalieri, Di Lisa – DHM)
C’est un enregistrement en forme de concert que nous propose le Concerto de’ Cavalieri dans son dernier enregistrement, dans lequel des pièces orchestrales encadrent des airs regroupés en deux parties. Ces derniers puisent à la fois dans de grands classiques du Prêtre Roux (les deux airs d’Orlando Furioso), d’autres moins connus (en particulier ceux du rare Teuzzone)…
Tamerlan à la cour du roi Guillaume (Haendel, Tamerlano – Cencic, Xabata, Pomo d’Oro – Naïve)
La rivalité des deux conquérants Tamerlan et Bajazet avait inspiré les auteurs de théâtre européens dès le XVIIème siècle. Après le Bajazet de Racine (1672, centré sur un personnage portant ce nom, mais dans une aventure contemporaine sans Tamerlan), l’auteur dramatique français Jacques Pradon écrivit en 1675 un Tamerlan ou la Mort de Bajazet.
Plaisir à l’état pur ! (Fontana, Sonates – Daniel Cuiller – Mirare)
Récréer en interprétant, montrer plus que démontrer, laisser parler la musique, le sujet de cet enregistrement est bien là. Daniel Cuiller à la tête de son ensemble Stradivaria, conduit avec maestria les Sonates a violino ed altri strumenti… de Giovanni Battista Fontana.
The musical Priest (Feileacan, Toss the Feathers)
Toss the feathers, c’est avant tout le nom d’un vieil air de cette verte Erin, de celle immortelle ou recréée, rêvée et fantasmée dans sa difficile lutte contre la domination anglaise qui débuta un beau jour de 1066 lorsqu’un certain Strongbow mit le pied sur l’île.
