Jubilate (Julia Lezhneva, Il Giardino Armonico – Decca)
Mea culpa Julia. Nous avons laissé de côté cette parution, sur un coin d’étagère, après une première écoute très partielle qui ne nous avait pas convaincus, en particulier l’ouverture du disque, avec les rodomontades nerveuses et excitantes mais bien vaines du “In Furore”, dévalant les doubles croches avec boulimie. Ca remue, ça secoue, mais une certaine fatuité superficielle nous a rebutés.
En tête de gondole
Pour ce concert de clôture de la 28ème édition du Festival, nous nous retrouvons à l’Eglise Notre-Dame dont la façade en arc de triomphe rénovée au XVIIIème abrite un vaisseau à la remarquable acoustique. Le programme de ce voyage en Italie nous était connu, puisqu’il correspond exactement à celui du disque publié récemment chez Alpha et dont nous avions fait paraître la critique.
Bien sûr, ce n’est pas la Seine
Dans le cadre de son cycle consacré aux fleuves, la Cité de la Musique offrait l’autre soir un programme consacré à la Seine, vue de France et d’Italie, à travers des œuvres du rare Colin de Blamont, et du plus illustre Vivaldi (mais dont la sérénade La Senna festeggiante ne figure pas au palmarès des morceaux les plus connus du Prêtre Roux…).
Tito Manlio
Faisant montre de cette curiosité qui caractérise le Festival d’Ambronay, Alain Brunet invite pour cette édition le brillant orchestre Concerto de’ Cavalieri de Rome pour une recréation unique, celle du Tito Manlio de 1720, signé de trois noms : Giovanni Giorgi, Gaetano Boni et Antonio Vivaldi…
De derrière les fagotto
En 2009, l’ensemble Zefiro nous avait gratifié d’un superbe enregistrement, coloré et précieux, des concertos vivaldiens pour hautbois (Naïve) doté d’un casting de rêve parmi lequel on retrouvait Manfredo Kraemer, Pablo Valetti, Lorenz Duftschmid, Rolf Lislevand ou Pierre Hantaï.
Etre ou ne pas être harmonique
L’Estro armonico… Une énigme et un mythe. Pourquoi le bien établi éditeur Estienne Roger d’Amsterdam accepta t-il d’éditer à sa charge des concertos pour violon d’un jeune compositeur italien inconnu, 200 pages de superbe musique gravée, en 1711, répartie en 12 concertos, au nombre de solistes décroissant de 4 à un seul…
L’art de faire briller les cuivres
Le Prete Rosso est à l’honneur pour ce premier volume consacré à l’orchestre de Dresde, formation fameuse à l’époque, l’ensemble le plus parfait selon Rousseau dans son Dictionnaire de Musique, célèbre notamment pour la rutilance de ses cuivres et la présence de ses bois, doté d’une personnalité fortement affirmée, à la fois de par son instrumentarium et ses effectifs.
Beaucoup de bruit pour rien (Venezia, Cencic, Il Pomo d’Oro – Virgin)
La production de Max Emanuel Cencic est particulièrement abondante ces derniers mois, avec les enregistrements des intégrales d’Artaserse (Virgin Classics) et d’Alessandro (Decca) sortis fin 2012, accompagnés de nombreuses représentations, et alors que résonnait encore le succès de ses Duetti avec Philippe Jaroussky parus en début d’année
Fantasmi
Alors que nous déballons ce digipack à l’allure doucement orangée qui fera pendant avec le remarquable enregistrement précédent consacrée aux concertos pour flûte à bec de Haendel (Musiques à la Chabotterie), nous voyons déjà les détracteurs de toute sorte s’esclaffer devant une énième mouture des tubes que constituent la Tempesta di Mare, Il Giardellino ou encore la Notte…
Vivaldi le Viennois
Cherchant à relancer sa carrière sous de nouveaux cieux, Antonio Vivaldi quittait en mai 1740 la Lagune pour Vienne, où il comptait de nombreux protecteurs, et pouvait s’enorgueillir de la faveur de l’Empereur Charles VI. Il emportait avec lui ses dernières partitions, dont celle de l’Oracolo in Messenia, créé en 1738 au Teatro s. Angelo.
Une exploration magistrale des opéras du Prêtre Roux
Après un récital fort réussi d’airs d’opéras du Prêtre Roux des mezzos Magdalena Kožená (Archiv) ou Vivica Genaux (Virgin), sans compter la controversée Sonia Prina (Naïve) il y a quelques temps, voici un nouveau pendant dans le registre de soprano par Roberta Invernizzi.
La joie même
Amandine Beyer nous l’avait promis, ces concerti sont la joie même. La merveilleuse violoniste qui dans l’ascèse la plus haute sait dialoguer avec les âmes à travers celle de son violon (sonates et partitas de Bach pour l’éternité), celle qui a réunit des musiciens de la même sensibilité musicale (Gli Incogniti) et a su recréer avec eux les Quatre saisons de Vivaldi (ZZT) que tant nous avaient gâchées, ne pouvait pas nous mentir.
Festival pour deux contre-ténors
A côté des prestigieuses (mais coûteuses !) créations d’opéras, l’Italie baroque connut un foisonnement de cantates profanes et duos de chambre, émanant souvent des mêmes compositeurs. Qu’on en juge : plus de trois cents cantates de chambre pour le seul Bononcini, et plus de sept cents à l’actif du maestro Scarlatti !
“Je cherche l’or du temps” (André Breton)
Nous avions passé sous silence le premier volume de ce diptyque, paru en 2010. Cette discrétion coupable est désormais réparée avec les louanges relatives à ce second volet, d’autant plus que les concertos baroques pour basson ne sont guère légion si l’on exclut Boismortier.
L’or du temps (Vivaldi, Concertos pour basson, Azzolini – Naïve)
Si cet enregistrement se démarque nettement d’une grande partie de la production vivaldienne, ce n’est guère par son écriture, poétique, énergique, d’un optimisme virtuose et d’une rêverie élégiaque, éclairs de doubles croches, arpèges, cantilène lyrique… le cru vivaldien des années 1720-30 possède ses fondamentaux. Mais le basson de Sergio Azzolini est là, transcendant le matériau, orchestre à lui seul, incroyable conteur.
Entretien avec Max Emanuel Cencic, contre-ténor
Entretien avec Max Emanuel Cencic, contre-ténor. Quelques moments avant son entrée sur la scène néo-classique de l’opéra de Nancy – qui bien qu’inauguré en 1919 n’en respecte pas moins le style baroque de la Place Stanislas – Max Emanuel Cencic – que nos lecteurs ont l’habitude de trouver sur nos pages au gré de nos recensions – Max Emanuel Cencic, donc, a accepté avec naturel de répondre à quelques questions, lors d’un face à face aussi agréable que frustrant, tant nous aurions aimé approfondir la discussion. Partie remise ?
