Critiques

Où il est prouvé, pour contredire Monsieur Boileau, que la Critique n’est point aisée, et qu’hors les méchantes gens, promptes à rabaisser le métier des Compositeurs et gens de Musique, le Commentateur avisé, défenseur du Beau, avec un esprit pur et exempt de préjugés, et ayant eu à connoître tant d’exemples en tous lieux des Merveilles de la Nature, se trouve toutefois fort embarrassé à devoir s’exprimer sur le génie des Artistes & Musiciens.

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Venez, venez, Haine implacable (Lully/Francoeur, Armide 1778, Le Concert Spirituel, Hervé Niquet – Alpha)

Il faut savoir être fidèle à soi-même. En dépit du livre-disque soigné et des excellents textes de présentation, cette version reliftée 1778 de Louis-Joseph Francœur, qui ne nous avait guère convaincu en concert au TCE ne nous a pas davantage touché au disque.

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Combiner les plaisirs (Bach, Telemann, Amarillis, Héloïse Gaillard et Violaine Cochard – Evidence)

Doit-on réviser ses classiques ou forcement succomber aux charmes souvent faussement enivrants de la nouveauté ? Faut-il revenir une fois encore à la subtile Barbara ou découvrir Aya Nakamura ? Laissons quelques parlementaires trancher cette dernière et épineuse question et rejoignons l’Ensemble Amarillis qui semble avoir tranché le nœud gordien.

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Le duel des versions : Les Nations de François Couperin (Leonhardt, Savall, les Ombres, Reyne, Rousset)

Nous continuons avec nos tournois discographiques, cette fois-ci avec Les Nations de François Couperin. Le recueil en fut publié en 1726, mais les Sonades introductives autonomes étaient plus anciennes et sa Françoise n’est autre que La Pucelle de jeunesse composée trente ans plus tôt soi-disant dans un style corellien et alors présentée sous un nom d’emprunt !

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Pétulances obsolètes (Polyphonies chorales à Venise, Tölzer Knabenchor, H-M. Linde – EMI)

On goûte l’incroyable kaléidoscope de couleurs, de textures, l’exotisme général des atmosphères : le cornet à bouquin pincé et acide d’Edward H. Tarr himself (le fondateur du rutilant Edward Tarr Brass Ensemble) s’essoufflent avec panache, les flûtes à bec médiévalisent à qui mieux mieux, de la bombarde, du trombone bedonnant, du dulcian rigolo, la battue, saccadée et peu subtile, ultra convaincue et jouissive, et les chœurs spatialisés du Tolzer qui s’époumonent parfois à la limite du cri.

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Douceurs (Charpentier, Messe de Mr Mauroy, Le Concert Spirituel, Niquet – Glossa)

La réalisation est absolument splendide, et l’on y retrouve le Concert Spirituel et Hervé Niquet des grands jours. Inspiré, souple, intense et fluide, le chef sait imprimer grandeur et naturel aux masses chorales, sculpte les textures, joue sur les couleurs des timbres instrumentaux, fait jaillir les échappées solistes ça et là.

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Vénitiennes variations (Echoes of the Grand Canal, Enemble Diderot, Pramsohler, Haller, Grisvard – Audax)

Il y a beaucoup de bien à dire de cet enregistrement et en premier lieu de la qualité de ses interprètes, d’un ensemble Diderot qui ne cesse disque après disque de nous ravir par la pertinence de ses choix interprétatifs et d’une Diana Haller qui confirme un peu plus avec ce disque qu’elle est l’une des plus elles voix contemporaines.

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Qui ne serait attristé ? (Pergolesi, Stabat Mater, Röschmann, Daniels, Biondi – Erato)

qui aime bien châtie bien. Et nous espérons que le grand Maestro ne va pas jouer aux fléchettes sur notre portrait. Eh bien, c’est un beau jour pour mourir, alors lançons-nous. Voici un enregistrement qu’il vaut mieux discrètement radier de la discographie du Maestro.

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Crépuscule racé sur la lagune (Tartini, Vertigo, Plantier, Luis – Muso)

Pour le 250ème anniversaire de son trépas, le Duo Tartini – récidiviste du compositeur auquel on doit un splendide et très recommandé Continuo Addio! (Muso) d’une souple poésie et un Cantabile a suonabile très inspiré (AgOgique), a soigneusement sélectionné cinq sonates d’un manuscrit conservé à Paris à la BnF, dont quatre furent composées dans les années 1765-66 et qui lorgnent encore vers le style de composition très libre des Biber, Schmelzer, Bonporti et autres Figures du violon…

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De Rameau ramant, germa subtil ramage (Rameau, Pygmalion, Rousset – Aparté)

Voilà un disque très attrayant, au plateau de première classe, un peu trop pressé dans son enthousiasme, et qui remet en lumières la période tardive du compositeur dijonnais, dont le talent sait une fois de plus se renouveler pour briller de son intact éclat.

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Telemann formidable ! (Suites & concertos, La Simphonie du Marais, Hugo Reyne)

Ce n’est pas le moindre des mérites de Hugo Reyne et de la Simphonie du Marais que d’avoir su composer un programme élégant, avant tout plaisant, tout en invitant le mélomane curieux à (re)découvrir que Telemann puise aux racines de la musique traditionnelle, au folklore régional entendu dans toute la noblesse du terme, pour en magnifier les accents et les rythmes et les insuffler dans compositions pleines de rythme, d’allant et de fraîcheur.

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Une victoire oubliée (Henri Madin, Te Deum, Stradivaria , Cuiller – Alpha)

Voici une œuvre à succès, qui apparaît comme la plus longue composition de ce style sous l’Ancien-Régime et dont le brio correspond parfaitement aux goûts du temps. L’ouverture, toute en pompe et en majesté, en sons de cuivres rutilants rehaussés de hautbois pourra sembler d’une grandiloquence un peu désuète et manquant de relief, aspérités que nous retrouvons dans les deux chants finaux (In te domine, speravi et Domine, salvum fac regem).

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Déferlement pyrothnique (Fagioli, Arias for Caffarelli, Il Pomo d’Oro – Naïve)

Les onze Arias ici présentés recouvrent des œuvres créées entre 1726 et 1751 sur les principales scènes de la péninsule italienne, dont bien entendu les prestigieux San Bartolomeo et San Carlo de Naples, épicentre de la musique italienne de cette époque. Franco Fagioli a ainsi avec à propos convoqué des compositeurs de premier plan (Porpora, Pergolesi, Léo, Hasse…) et leurs confrères moins connus (Genaro Manna, Pasquale Cafaro…)…

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Concerts, Critiques

Voir Naples et mourir (Festival Marais Baroque, La Simphonie du Marais – 30 août 2020)

Les jardins à la française du superbe Hôtel de Sully servaient en ce dernier week-end du mois d’août de cadre intimiste à la troisième édition du festival du Marais Baroque, occasion d’assister aux derniers concerts parisiens de la Simphonie du Marais, la formation devant donner son ultime concert au logis de la Chabotterie (Montréverd, Vendée) le 19 septembre prochain

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Pur et profond (Bach & Entourage, Pramsohler, Grisvard – Audax)

Bach et Entourage : un disque que nous recommandons chaudement, qui saura ravir les oreilles avides des sonorités du violon baroque et dont nous prendrons un réel plaisir à suivre la carrière, encore jeune, mais prometteuse, des deux interprètes.

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L’Or de Naples (Max-Emmanuel Cencic, Arie Napoletane – Decca)

L’Or de Naples ! Le titre du film de De Sica aurait si bien convenu à ce récital de Max Emanuel Cencic, tellement le programme proposé est habile à nous émerveiller d’airs souvent enregistrés pour la première fois, pour neuf des onze de ce disque. Après la fougue du Quel vasto, quel fiero, tiré du Polifemo (1735) de Porpora qui ouvre en majesté ce programme et permet de souligner d’emblée la qualité de l’orchestre Il pomo d’oro et la maîtrise habile de la direction de Maxim Emelyanychev, prompte à rendre cuivres et violons aussi aériens que légers à l’unisson, tout en respectant un relief avec la voix qui ne sera jamais pris en défaut, Max Emanuel Cencic déroule un programme aussi séduisant qu’intimiste.

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CDs & DVDs, Critiques

Sublimement daté (Monteverdi, Selva Morale & Spirituale – Corboz, Erato)

Parfois, en faisant son ménage de printemps, l’on tombe sur de vieilles galettes, de grosses galettes, des LP édités entre 1967 et 1969 chez Erato, énormes coffrets reprenant la quasi intégrale – sans les messes – du recueil de la Selva Morale et Spirituale de Monteverdi (imposant recueil de 40 œuvres édité par Monteverdi en 1641). Y sont aussi adjoints des œuvres du recueil ultérieur de 1650.

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Concerts, Critiques

Percé jusques au fond du cœur (Armide, Francoeur/Lully, TCE, 01/04/2019)

Il arrive parfois que l’importance musicologique de certaines résurrections dépasse l’intérêt musical, et il faut bien avouer qu’en dépit du talent d’Hervé Niquet et de Véronique Gens qui s’évertuent à défendre cette partition, l’expérience demeure très mitigée, en raison du matériau de base. Quel est-il ?Hervé Niquet a souhaité non pas s’aventurer sur les magnifiques rivages de l’Armide de 1683, mais sur ceux, inconnus et plus tardifs, de 1778. D’autant plus inconnus que… cette version ne fut pas même représentée à l’époque sur la scène de l’Académie Royale de Musique. 

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CDs & DVDs, Critiques

Ulysse, le retour (Rebel, La Simphonie du Marais, Hugo Reyne – Musiques à la Chabotterie)

Jean-Féry REBEL (1666-1747) Ulysse (1703) Guillemette Laurens (Circé) ; Stéphanie Révidat (Pénélope) ; Bertrand Chuberre...

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Critiques, Expositions & Sorties

Hubert Robert, un peintre visionnaire (Louvre, mars-mai 2016)

C’est l’histoire d’une société qui se regarde et qui doute ! Tel est en effet le trait d’union qui lie entre elles la quasi totalité des cent quarante œuvres de Hubert Robert (1733-1808) qui composèrent cette exposition, la première consacrée au peintre par le Louvre depuis 1933, année du bicentenaire de sa naissance et, mais pouvait on le savoir, celle du début d’un engrenage qui verra vaciller l’Europe. Il n’est sans doute pas non plus un hasard que ce regain d’intérêt pour l’un des peintres majeurs de la seconde moitié du XVIIIème siècle arrive alors que la civilisation occidentale est contestée, violemment remise en cause dans ses fondements idéologiques et son socle de valeurs.

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Concerts, Critiques

Un sacré défi (Monteverdi, Vêpres, Les Traversées Baroques, Festival de Sarrebourg – 12 juillet 2015)

S’il est des fois des projets fous à réaliser, quelques personnes ont quant à elles aucune crainte à les relever et ce avec brio. Alain Pacquier, Etienne Meyer et Judith Pacquier se sont pris à rêver de doter pour la première fois le Festival international de Musique de Sarrebourg d’une académie d’été, chose faite en ce mois de juillet. Dans le cadre du 28ème festival de Sarrebourg, ces trois « compères », ont porté à bras le corps un magnifique et audacieux projet…

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