Editos

Où l’Editeur par d’éclairantes Remarques & Digressions fait valoir au Lecteur qu’il ne perd point son temps à le lire, et lui découvre, par mille Principes & Règles, qu’on ne peut lire chez les autres commentateurs, la plupart des aspects des Arts et de la Musique de l’honnête homme. On y joint une Dissertation sur l’art de bien vivre & de bien manger, ainsi que toute sorte d’Analyse, suivant la pratique et les règles des Anciens, avec des notes politiques, critiques et historiques aussi édifiantes que rares.

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Le Turlusiphon a t-il existé ?

Il n’a pas échappé à nos lecteurs que la Scientific Review of Albanian Musicology a publié le mois dernier – dans son numéro-spécial n°321 commémorant le XXe anniversaire des élections de la Kuvendi Popullor de mars 1992 qui ont vu la victoire du Parti démocratique d’Albanie (PDA) – un article controversé démontrant scientifiquement l’existence du turlisiphon du Moyen-Age au XVIIIe siècle dû à la plume rigoureuse du Pr. Adem Zadeja. Il nous a donc paru essentiel d’en résumer la teneur.

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Au coin d’un virginal

Alors que le film Bruegel, le Moulin et la Croix nous transporte sur le chemin du Calvaire, imaginons-nous un instant, en ce début d’année, au coin d’un virginal. L’expression est incorrecte, et l’on ne peut se lover contre l’instrument comme près d’une cheminée ou d’un poêle. Mais elle transmet ce sentiment de chaleureuse intimité, de relâchement serein, d’abandon heureux que nous vous souhaitons pour cette année bissextile, la 2765ème du calendrier julien…

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Le chant de la terre

Ce chant naît de la contemplation d’un monde surexposé, irradié d’une lumière paillée renonçant à la douceur mordorée du soir. Il laisse paraître son émerveillement et sa déception au sein du crin des archets, du laiton des pavillons des cuivres, de la douceur du palais ou de l’anche des hautbois. Alors qu’en dehors du confort velouté du canapé bourgeois et de l’installation audiophile, ou à l’extérieur des rideaux cramoisis damassés des opulentes salles de concert, le monde s’égare, que les rebelles luttent, que les gouvernements s’interrogent sur leur pérennité, que les égos s’entrechoquent pour les candidatures, nous voici, intangibles amateurs du beau et de l’émotion, confinés dans la pétillance de notre bulle de champagne et de ses plaisirs.

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Lettres de Grignan

Tandis que notre rédaction, assoupie, se disperse par monts et par vaux en vue d’endurer les affres d’un repos bien mérité, que certains pratiquent une cure de silence cembalistique, que d’autres se livrent derrière des portes closes et dans de lointaines contrées à l’écoute de compositeurs maudits post-1759, que certains, enfin, dédaignent majestueusement l’invitations de festivals pour l’appel d’une chaise-longue ou d’un hamac (et nous serions le premier à ne point leur jeter la pierre), la Muse, frappée d’une pilosité palmaire que nos lecteurs vilipenderont à juste titre, prend ses quartiers d’été. Aussi, pour cet éditorial qui sent bon la lavande et le soleil, plutôt que de dresser comme à l’accoutumée une litanie suggestive de friandises festivalières baroques, nous exhumerons quelques écrits inédits et à l’attribution controversée, qui feront le lien avec notre Tribune vous invitant à découvrir les charmes de Grignan, en vantant la sévère antiquité de sa collégiale et la théâtralité des façades Renaissance de son castel.

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Travaux en cours

Chers Amis et lecteurs, Vous êtes de plus en plus nombreux sur ces pages, et nous dépassons désormais les 45 000 visiteurs mensuels. Cette volumétrie, largement supérieure à la force de projection actuelle de notre glorieuse armée au Moyen-Orient, de même que les vœux formulés par les lecteurs fidèles nous conduisent à mettre en œuvre des réformes structurantes, tournées vers l’avenir sans renier le passé dont il est l’héritier. Car en effet, pourquoi une revue devrait-elle se limiter à la musique et aux arts baroques ? N’est-ce pas faire preuve de sectarisme austère, d’œillères d’acier, de confinement transi voire d’une malsaine nostalgie ?

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L’Opéra au cinoche ?

Tout comme le Palais alexandrin assiégé par les troupes de Ptolémée, les guichets de l’Opéra Garnier n’ont pas résisté au déferlement du public. Il ne reste plus rien des légions triomphantes balayées par le souffle du vent alors que s’élève une âcre odeur d’incendie au-dessus de l’Opéra Garnier. Et, afin de n’être pas reconnu, nous abandonnons notre manteau écarlate de général dans les flots, en conservant précieusement notre sésame vers l’ovale doré.

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Rentrée des classes

Voyez ce Metsu. La Rentrée contemple la liste des concerts de la prochaine saison qui s’annonce belle. Cédant à un instinct parisiano-centré, réflexe sans doute issu de quelques siècles de centralisation monarchiste, jacobine puis républicaine, Elle feuillète les programmes qui jonchent, épars, la pièce. Un soupir d’aise lui échappe à la vue des nombreux opéras baroques qui seront représentés – avec mise en scène s’il vous plaît – qu’il s’agisse de créations ou de reprises. Rarement une telle concentration aura été observable, et cette année baroque, à la manière des nuits des étoiles, est de celle qui pousse les âmes les plus timides à s’aventurer sous les cieux nocturnes, à la recherche de quelque comète…

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Moreschi, qui ?

Voici venir l’été, et le moment de choix éditoriaux cornéliens : d’un Faut-il de votre éclat voir triompher le Comte ? Et mourir sans vengeance, ou vivre dans la honte ?, l’on passera plus prosaïquement à des questions existentielles sur la platitude de la Terre, et sur le renouvellement du sommaire pour un numéro estival plus original et festif, où l’on renouera avec des clins d’oeil décalés et jubilatoires dignes de la fusion d’un magazine de tourisme et d’une rubrique spécialisée de décoration-jardinage-maillots de bain. Les quatre membres du comité éditorial méditent en silence, écartent d’un revers de main engourdie un projet d’ horoscope baroque jugé trop racoleur, votent à l’unanimité le quizz informatif et ludique…

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L’Appel baroque du 18 Juin

Avertissement aux lecteurs occasionnels : dans la lignée de nos éditoriaux qui tiennent plus du billet que de l’exégèse, ce texte n’a absolument pas vocation à fustiger des chefs ou groupes particuliers, mais à rendre un hommage fantaisiste et affectueux aux acteurs qui font vivre la musique baroque, et encourager les efforts accomplis dans un contexte économique difficile. L’exercice de style de cet appel gaullien veut que certains passages dressent le constat d’une défaite – soyez assurés qu’il ne s’agit là que d’une crainte et d’un effet de plume – qui nous l’espérons restera infondée. Enfin, si une telle précision est nécessaire, nous assurons les post-mozartiens de notre profond respect et amitié en les priant d’excuser par avance un propos apparemment belliqueux…

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L'Arbre de Mai

Sous la Rome antique si chère à nos librettistes pour célébrer les vertus guerrières et morales, le calendrier de Romulus de ce mois, chéri de nos lecteurs pour les jours de repos qui leur donnent l’occasion de parcourir – encore plus assidûment – nos pages, indiquait Maius, le mois dédié à la très ancienne divinité Maia. Immédiatement, nos érudits songent à la fille d’Atlas et mère d’Hermès, nymphe gambadant en Arcadie jusqu’à ce que Zeus le trouve à son goût, nourrice d’Arcas après la transformation de Callisto en ours. Et nos visiteurs se disent à raison que ces intéressants développement sont bien éloignés de l’illustration multicolore de ce champ hexagonal qu’un Hollandais génial coucha sur toile. Et bien non, car cette Maia-ci, homonyme, est en réalité une très ancienne déesse romaine, parèdre (déesse associée et souvent un peu inférieure) de Vulcain, comme on peut le retrouver chez Ovide.

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“Entrer votre numéro de carte bancaire ici”

Après une journée de travail éreintante au Cosmopole international de Roissy, l’homme rentra dans sa bulle d’habitation épurée, avec vue sur les toits immaculées et transparents de Paris. Seuls quelques bâtiments historiques laissaient poindre encore des couverture en tôle, en plomb ou en tuiles, brisant la monotonie des reflets nacrés et transparents des autres “living bubbles” qui avaient depuis quelques décennies révolutionné l’urbanisme de la capitale…

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“Scélérat de Casca”

15 mars 44. L’homme, dictateur à vie depuis février, a hésité. Hésité à venir. Un amoncellement de signes avant-coureurs annonçait le drame et le rendait presque inéluctable, si l’on en croit les contemporains. “Quand on aura découvert les ossements de Capys, un descendant d’Iule tombera sous les coups de ses proches et bientôt l’Italie expiera sa mort par de terribles désastres” était inscrit, rapporte Suétone, sur une tablette de bronze dans le Sépulcre de Capys lors de la démolition d’anciens tombeaux.

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"Monsieur le rédacteur en chef, chère Muse…"

Ce mois-ci, l’inspiration du Rédacteur en chef étant aussi gelée que la pièce d’eau des Suisse à Versailles, nous vous livrons pour guise d’éditorial une lettre de lecteur suspecte, adressé par courrier interne, et dont le style parfaitement pastiché pourrait faire croire à quelque supercherie, ce qui est cependant aussi offensant qu’improbable quand on connaît la probité intellectuelle et morale dudit rédacteur en chef…

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Voici venir 2010

Voici venir 2010, qui avance à tâtons, de ses croches encore enveloppées de froid, frissonnante dans ses tremolos, déjà un brin rieuse comme le soprano léger d’une suivante, dramatique dans ses sons tenus de tragédienne. Elle entrouvre la porte à double-battants, glisse un arpège, aperçoit un violone un peu balourd, se faufile entre les illustres commémorations…

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Le sort de Phaéton se découvre à mes yeux…

En rangeant les carnets de la Muse, nous sommes tombés sur de vieux cartons perdu dans le grenier. Quelle ne fut pas notre surprise à l’ouverture d’une oblongue capsule de découvrir cette lettre inédite et éclairante, datée de décembre 1682, au style maladroit et frisant le pastiche, qui nous conte, outre les amours du Comte de V***, l’impatience de la cour à découvrir Phaéton de Lully, dont le première représentation eu lieu dans le Manège de la Grande Ecurie le 6 janvier 1683…

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L’Hiver a beau s’armer de glace et de frimas

… Lorsqu’il vous plaît de vaincre, il ne vous retient pas écrivait ce poète courtisan qui avait à se faire pardonner ses années de Fronde qu’était Quinault (dédicace au Roy d’Alceste, 1674). Alors voici bientôt venir ce vieillard menaçant et grelotant, cette saison ingrate qui inspire à Vivaldi le clapotis de la pluie, le souffle du vent et la cheminée salvatrice, décharne les arbres, qui nous donne l’exil d’Io en terres glaciales face au célèbre chœur des Trembleurs d’Isis de Lully.

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Des Ravages de la Grippe en version de concert

Dans les années voire les siècles à venir, que retiendront les historiens de notre épidémie de Grippe A ? Se délecteront-ils à l’idée de fournir en annexe de leurs doctes ouvrages électroniques “Pandémi du siècle 21 d’après les documents contemporin” (ortho FR simplifiée d’après la réforme de 2022) des extraits de nos carnets de mélomanes de l’automne 2009 ? On y trouverait par exemple cette “relation de l’excellent Opéra ***** de Monsieur Haendel, donné à ***** le 2 d’octobre (extraits) par MDLMB”. Toute ressemblance avec des personnages, lieux ou situations existants ne serait naturellement que pure et fortuite et malicieuse coïncidence…

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Des bosquets très lullystes

Les transats alanguis se sont rangés à regret dans leurs remises, et les tenues légères vont peu à peu laisser place à l’habit d’automne. Avant que la nature ne se dépouille en jetant bas les arbres et les ornements dans un tourbillon virevoltant, nous nous sommes rendus à dix-huit lieues de Paris, dans ce qui n’était qu’une terre marécageuse dotée de noms comme “l’étang puant” qui font tout le charme de la science de la toponymie. En bref, notre Muse se rendit à la cour, et se présenta à la suite du royal cortège pour l’habituelle promenade postprandiale des jardins.

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Détours de mélomane

Voici venir l’été avec ses festivals pour certains, ses cures baroques pour d’autres… De notes échappées des voûtes d’une petite église oubliée aux palais alanguis abritant quelques accords le temps d’une canicule, nous vous souhaitons une belle saison riche en découvertes musicales, où tous les chemins mènent au tempérament inégal, aux cordes en boyau et aux luths théorbés. Et pour vous accompagner dans le repos estival, Muse Baroque poursuivra inlassablement ses coups de cœurs attendris, ses coups de gueules excessifs et ses divagations musicologiques tout au long d’un numéro double, actualisé en permanence, entre un deux cocktails servis au bord de notre luxueuse résidence aimablement sponsorisée par les artistes et leurs maisons de production afin de garantir notre impartialité…

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Le débarquement de Suède

6 Juin. 290 ans avant que les navires alliés ne pointent leur proue vers les côtes de Normandie, bien plus au Nord, à Uppsala, elle débarque. Ou plus précisément elle abdique. Puisque l’heure est aux commémorations, plaçons-nous un instant devant le monument que nous ont laissé Carlo Giuseppe Fontana & Jean-Baptiste Théodon dans la Basilique Saint-Pierre, ce sarcophage surmonté de ce médaillon de bronze et de cette couronne gigantesque, difficilement soutenue par 2 angelots à bout de force, et souvenons nous…

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